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Thierry Bierlaire nous écrit du Brésil

Prêtre Fidei Donum du diocèse de Tournai, il est depuis fin 2010 à São Tiago do Iguape, à une centaine de kilomètres de Salvador. Deux fois par an, il donne de ses nouvelles. Voici de larges extraits de sa lettre du mois de juin.

0626 Bresil partie 1 choraleSaint Jacques est une paroisse très humble, qui se trouve dans une vallée de l´Etat de la Bahia, à São Tiago do Iguape. Localisée à 115 kilomètres de la ville de Salvador, cette paroisse est peuplée de personnes d'ascendance africaine. À l´époque coloniale, les esclaves recevaient leur liberté ou s´enfuyaient des moulins à sucre et des fermes qui produisaient l´huile de palme; ensuite, ils se regroupaient en villages.

Dans cette vallée, il s´agit surtout d´assurer une première annonce de l´Évangile. Désormais, dans tous les villages, il y a des formations bibliques et catéchétiques. Dans la plupart des villages, les jeunes générations prennent part à la vie paroissiale. Souvent, les édifices appropriés n´existent pas; alors, on se réunit dans des écoles ou sous des arbres

En ce qui concerne la vie paroissiale, on peut mentionner trois aspects. Les activités se déroulent en présence des jeunes; ceux-ci savent que l´Évangile leur indique la bonne direction à suivre. Par ailleurs, la tendance consiste à accroître le nombre des édifices; une chapelle est en cours de construction et deux chapelles supplémentaires seraient nécessaires. Enfin, les temps de confessions attirent régulièrement du monde; j´y consacre trois heures et demie par semaine.

Au Brésil, on célèbre actuellement une Année Mariale. Marie n´est pas un détour mais un raccourci pour rejoindre le Christ. À Marie, afin qu´elle les confie à son Fils, je présente les amis belges solidaires vis-à-vis des populations éprouvées de la Vallée de l´Iguape.

Afin d´accompagner la population, les œuvres paroissiales développent des projets d´entraide qui concernent surtout l´alimentation, l´éducation, la santé et les conditions de logement.

L´alimentation: dans cinq écoles de "l´enseignement fondamental" (huit années) et dans trois écoles de "l'enseignement du second degré" (trois années), les œuvres paroissiales garantissent le repas de midi et la collation du matin ou de l´après-midi.

0626 Bresil partie 1 egliseL´éducation: pour les élèves de ces écoles, les œuvres paroissiales assurent des cours de rattrapage afin que les plus faibles puissent combler leurs lacunes et préparer convenablement leur avenir. Elles organisent aussi des cours professionnels afin qu´en dehors des heures de classe, les jeunes et les adolescents puissent avoir une occupation et prendre une orientation qui leur permettra de s´insérer dans la société.

La santé: des équipes rendent visite aux malades, aux personnes âgées et remplissent les procédures nécessaires afin que les "petits patients" soient traités dans un poste de santé local et afin que les "grands patients" soient admis dans un hôpital de la région.

Les conditions de logement: des maisons délabrées reçoivent des réseaux électriques, hydrauliques ou des maisons plus dignes sont construites.

Merci de votre attention et de votre gentillesse!

thierry.bierlaire@hotmail.com 

Pour faire un don

  • Sans attestation pour exonération fiscale: CCP 000-1368070-79 (IBAN: BE58 0001 3680 7079) de Thierry Bierlaire, Route de Philippeville 485, 6010 Charleroi. Communication à indiquer nécessairement: "Don pour la paroisse de São Tiago do Iguape".

  • Avec attestation pour exonération fiscale: CCP 000-0190026-03 (IBAN: BE21 0000 1900 2603) du Fonds André Ryckmans, Avenue Maréchal Ney 38, 1410 Waterloo. Communication à indiquer nécessairement: "Projet 477 São Tiago".

Quand la population se mobilise...

0626 Bresil partie 2 routeIl y a quelques années, les pouvoirs publics ont élargi la route qui va de Cachoeira à Santo Amaro et qui traverse le district de São Tiago do Iguape, en amont de la vallée. Cette nouvelle route apporte, aux populations locales, plus de problèmes que de solutions. Poussière, fissures dans les maisons fragiles, désolation et larmes.

La nouvelle route met en question, d´abord, le droit de cultiver. Rosana s´exprime: «Nos activités agricoles ont été affectées à cause de la dégradation de l´environnement. Les autorités locales, craignant les révoltes, ont interdit que les groupes de plus de cinq personnes s´approchent de la route. Désormais, quand je vais au marché, avec ma famille, afin de vendre des céréales, je commets une activité illégale».

En outre, la nouvelle route ignore le droit de pêcher. Teodoro témoigne: «Des espaces ont été déboisés. Selon le cas, cela a tari des sources ou réduit le débit des ruisseaux. Les gens sont obligés de parcourir au moins quatre kilomètres pour pêcher de manière significative».

Enfin, la nouvelle route méconnaît le droit d´apprendre. Dans le petit village de Buriticupu, qui compte nonante-deux familles, une école primaire se situe à une trentaine de mètres de la route. Pour plaisanter avec les visiteurs, les enfants épellent: «Ba-ru-lho» («bruit» en français). L´institutrice Luiza se plaint: «Quand de gros camions passent, nous devons arrêter de travailler et attendre car le bruit est trop élevé. Moi-même, je souffre des cordes vocales car je dois toujours parler à voix haute».

Face à cette situation, quels sont les projets mis en œuvre par la Paroisse São Tiago? Un premier projet: fournir une aide juridique à la population, qui n´a pas été consultée ni suffisamment dédommagée, afin qu´elle reçoive des indemnités et que les terres soient clairement définies. Un deuxième projet: grâce aux orientations d´un géologue retraité, inviter les gens à creuser des puits et à protéger les sources, en reboisant de manière réfléchie. Un troisième projet: consolider les maisons endommagées et envisager la construction d´une nouvelle école dans la village de Buriticupu.


La "maison des trois orphelins"

0626 Bresil partie 3 maison FatimaUn jour, quand elle était enfant, Fátima s´est querellée avec une fille de son âge. Ses parents lui ont dit: «Au lieu de perdre ton temps à te disputer, tu vas aider Madame Luciana, qui répare les chaussures et les sandales dans le village de São Tiago do Iguape». C´est ainsi que Fátima a débuté sa profession de cordonnière.
Au cours de sa jeunesse, elle a connu Fernando, cordonnier à la ville. Ils se sont mariés. Ils ont compris qu'ensemble, ils allaient devenir meilleurs dans la connaissance et la pratique de la cordonnerie. Ils ont eu un fils, Jefferson.

Quelques années plus tard, Fernando est décédé dans un accident de motocyclette. Jefferson a appris la cordonnerie en accompagnant sa mère dans ses tâches. Fátima explique: «Il y a une trentaine d´années, une paire de chaussures pouvait durer quinze ans. Il y avait une volonté de préserver les choses. Aujourd´hui, l'industrie cherche à vendre toujours plus et produit des chaussures qui ne résistent pas au temps. En outre, la profession de cordonnier consiste à réparer. Fréquemment, apparaissent, sur le marché, de nouveaux types de chaussures et de matériaux. Il faut être habile et s´adapter».

La situation familiale de Fátima est précaire. Dans sa maison, vivent sa mère Almerinda et son fils Jefferson. En outre, deux cousins de Jefferson, qui ont été placés en institutions, viennent passer les week-ends: Lucas (14 ans), orphelin de mère et handicapé mental, ainsi que Gabriel (6 ans), orphelin de père et de mère. C´est «la maison des trois orphelins». Au fil du temps, l´habitation s´est complètement dégradée. L´électricité a été coupée car les factures n´ont pas été payées. La Paroisse São Tiago avait effectué quelques améliorations d'urgence. Une véritable reconstruction n´avait jamais été entreprise. Il fallait surtout ajouter une chambre, en occupant l´espace disponible derrière la maison. En Belgique, au cours de l´Année de la Miséricorde, des bienfaiteurs, notamment une association chrétienne, se sont sensibilisés et ont rendu possible la réalisation des travaux. Ceux-ci sont en voie d´achèvement. Quand on demande aux voisins leur avis à propos de cette reconstruction, ils répondent: «Cette famille se trouvait dans un besoin exceptionnel et méritait une aide exceptionnelle».


Marta: une vie consacrée à l'enseignement

0626 Bresil partie 4 Marta

Déjà grand-mère, Marta est directrice de l´école primaire du village d´Acupe. Elle ne craint pas de raconter son parcours. Quand elle était enfant, Marta rêvait de devenir institutrice dans son village. Son père l´a conduite à Salvador afin qu´elle étudie dans une école tenue par des religieuses. Le retour de Marta a eu lieu plus tôt que prévu. En effet, ses parents, devenus malades, sont décédés l´un après l´autre. À l´âge de 19 ans, Marta s´est vue dans l´obligation de prendre en charge la maison familiale. Éduquée en ville, elle a dû apprendre à planter et à récolter.

Marta, qui persistait à vouloir enseigner, s´est résolue à organiser son temps. Le jour, elle travaillait; le soir, elle donnait des cours de rattrapage. Finalement, Marta a été engagée par la municipalité, d´abord comme institutrice et ensuite comme directrice de l´école. Par ailleurs, la Paroisse São Tiago accompagne plusieurs jeunes qui ont été condamnés à vivre en maison de correction, non loin de São Tiago do Iguape. Depuis quelques mois, Marta enseigne dans cette institution. Elle décrit la réalité: «La société les a jugés. Ma mission consiste à les aider à envisager, grâce à l´éducation et à la connaissance, un retour à la vie normale». Filipe, qui a pu quitter la maison de correction et rentrer chez lui, se réjouit: «J´ai payé ce que je devais. Les activités et les travaux dans lesquels je me suis engagé à la paroisse m´aident à réfléchir et à ne plus faire des bêtises».

 

  • Créé par
    Diocèse de Tournai

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