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Ath : un projet immobilier, social et pastoral

La restauration du bâtiment Maison Berger David touche à sa fin. Six appartements solidaires et intergénérationnels y ont été aménagés, en collaboration très étroite avec « A toi mon toit », l'un des services de l'asbl « Compagnons ».

DSC 0775En avril 2019 a débuté au 36 de la rue de Pintamont, presque en face de l'église Saint-Julien d'Ath, un énorme chantier : la rénovation en profondeur du centre pastoral Maison Berger David, une maison détenue depuis 1938 par les Œuvres Paroissiales Bon Berger Ath. Pour sauver cette grande bâtisse située dans le centre historique de la cité des Géants, une idée originale et enthousiasmante a vu le jour : créer un habitat groupé intergénérationnel. Aujourd'hui, les travaux sont en phase de finalisation et les clés seront remises aux locataires dès que la dernière touche aura été apportée aux six appartements.

Mais comment une Unité pastorale, ici par l'entremise de ce qu'on connaissait avant comme l'asbl « Décanat d'Ath » (aujourd'hui « Œuvres paroissiales Bon Berger Ath »), décide-t-elle un jour de se lancer dans un projet d'une telle envergure ? « On n'utilisait plus que le rez-de-chaussée, les deux étages étaient devenus insalubres et la toiture était complètement pourrie », explique Xavier Nys, responsable de l'UP d'Ath. « On s'est demandé ce qu'on allait faire de ce bâtiment. Dans les paroisses, tout est dans tout. On a le patro et une école qui sont derrière et qui utilisent la cour. Vendre le bâtiment, cela entraînait une série d'effets. »

Sensibilisée au cruel problème du logement qui touche les personnes précarisées, l'asbl a finalement opté pour un projet immobilier aux dimensions sociales et pastorales essentielles.

Se rencontrer

On s'en doute, un tel projet nécessite des fonds importants (environ 1 million d'euros au total), et il a fallu faire appel à toute une série de partenaires. Le Fonds du logement de Wallonie, Action Vivre Ensemble, quelques dons, la réalisation de l'une ou l'autre vente et un solide emprunt contracté par les Œuvres paroissiales ont assuré le socle du financement, tandis que des activités devaient être mises sur pied pour récolter ce qu'il manquait : « Le but n'est pas seulement de réaliser ce projet mais de faire des activités qui permettent aux gens de se retrouver, de construire la communauté. Avec le Covid, il y a aussi un lien pastoral qui est bloqué. »

DSC 0766La mixité, la solidarité et la rencontre entre personnes font également partie des objectifs du service « A toi mon toit », dont Annick Depratere est la directrice. « A l'origine, l'association a été créée pour l'accompagnement des personnes en situation de handicap. Une des valeurs clé de l'asbl, c'est le décloisonnement, l'inclusion : on n'a jamais eu comme projet de réserver des habitats exclusivement à des personnes en situation de handicap. On s'est rendu compte un peu à la fois qu'il y avait plein d'autres profils à qui l'habitat groupé pouvait correspondre, comme les personnes âgées, les familles monoparentales, des familles nombreuses d'origine étrangère depuis peu en Belgique et qui ont envie de s'intégrer,... »

Un suivi individuel et collectif

Pour qu'un habitat groupé fonctionne harmonieusement, il faut bien entendu que les locataires aient envie de s'impliquer, de participer au développement du lieu, de connaître et d'aider leurs voisins. « A toi mon toit » ne se contente pas de gérer les aspects purement administratifs de l'habitat mais elle assure surtout le suivi des habitants. « Arriver dans ce logement, pour certains, c'est quitter une maison insalubre, une maison d'accueil, c'est récupérer la garde des enfants, c'est pouvoir enfin sortir la tête de l'eau après une grosse période de dettes, et donc il y a un accompagnement de chaque ménage et de chaque personne dans son projet de vie », détaille Annick Depratere.

A côté de ça existe tout un volet collectif : « On aide le groupe, via des réunions, à fixer un peu le canevas. Nous on impose un règlement d'ordre intérieur, une base qui n'est pas négociable. Mais ensuite, c'est le groupe qui va constituer ses propres règles de fonctionnement mais aussi ce qu'il a envie de faire en plus comme organiser des repas communs, gérer une boîte à dons, etc. Nous on est là pour accompagner le groupe dans son évolution. »

Reconstruire du lien et s'engager dans le monde

Parmi les acteurs qui gravitent depuis des mois autour de ces nouveaux logements intergénérationnels, l'Equipe sociale d'Ath. Dieter Salamon est l'un des membres extrêmement actifs de l'équipe qui a supervisé les travaux de près : « Nous garderons les bureaux du secrétariat paroissial au rez-de-chaussée ; nous aurons sans doute aussi un ou deux locaux d'accueil, nous avons également à l'arrière du bâtiment la salle Saint-Julien, à laquelle est intégrée une cuisine, qui nous permettra en temps voulu d'accueillir des opérations telles que 'Chaleur au Cœur', à destination de personnes en détresse. » Une surface de vente de vêtements de seconde main pourrait aussi y trouver sa place.

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Mais qui sont les futurs locataires de la rue de Pintamont ? Marie-Henriette, qui soufflera bientôt ses 80 bougies, sera l'aînée de cet habitat groupé et attend impatiemment les clés de son nouveau cocon : « Il y aura certainement une ambiance de famille, et je trouve que c'est important. Rien n'est plus terrible pour des gens plus âgés que d'être tout seuls. Cette proximité permet une entraide. Permettre à chacun d'être soi, le plus pleinement possible, mais en coexistence avec les autres. Pour moi c'est un cadeau... »

C'est donc un projet d'Eglise et de société qui voit le jour à Ath. « L'Eglise est un peu trop hors du monde », constate le curé Xavier Nys. « Nous sommes des gens qui avons une espérance, mais si ça se limite à aller à la messe, si ça ne passe pas dans la vie courante, je suis désolé... Nous croyons en un Dieu qui veut que les gens soient debout, là on avait une opportunité, ne pas le faire aurait été aberrant. Comme citoyens, nous sommes appelés à nous engager dans le monde tel qu'il est. Que nous soyons impliqués dans le monde et dans les questions sociales concrètes, cela me semble tout à fait évident. »

Agnès MICHEL

  • Pour écouter ces interviews dans leur intégralité, découvrez ci-dessous le podcast de notre émission « Près de chez vous en Hainaut », qui a été diffusée sur 1RCF :

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