Carême 2026 : vers une sobriété heureuse

Le jeûne plastique

Le Carême est un temps de partage où le jeûne occupe une place plus importante au centre de nos vies. Remise en perspective de nos pratiques de consommation, prise de recul par rapport à nos désirs et surtout retour vers nos fondements en Dieu, voilà ce que peut nous offrir le jeûne. Et si ce jeûne alimentaire classique nous permet de tourner davantage notre cœur vers le Seigneur, pourquoi ne pas l’étendre à d’autres aspects de notre vie ? Et si cette année, nous vivions un jeûne plastique afin de nous rapprocher de Dieu et de sa Création ?

Quelques constats

Des bouteilles aux jouets, en passant par les sacs et les emballages, le plastique est partout où nous posons les yeux. Bien que polluant et nocif pour la Création, le plastique – issu à 90 % d’hydrocarbures -, par son coût avantageux, sa malléabilité aisée et sa grande légèreté, est devenu incontournable dans notre société.

Mais, en 2019, 22 millions de tonnes d’éléments plastiques ont été rejetés dans l’environnement, selon l’OCDE, convergeant inexorablement vers les cours d’eau, les mers et les océans, au point que les plastiques représenteraient environ 85% du total des déchets marins. Et sur ces 22 millions de tonnes, seuls 9% seraient, dans les faits, recyclés au niveau mondial, le reste finissant incinéré, ou dans des décharges contrôlées, ou pire encore, dans des décharges sauvages. Car tous les plastiques ne sont pas identiques et ils sont donc difficiles à trier. De plus, à la différence du verre ou du métal, qui peuvent être maintes fois recyclés sans grande perte de qualité, le plastique, lui, perd de ses propriétés à chaque nouveau recyclage. Pour les entreprises consommatrices, il est souvent moins cher d’utiliser du plastique neuf usiné au départ du pétrole ou du gaz naturel que du plastique recyclé.

La surproduction de ces plastiques, le plus souvent à usage unique, ne déstabilise pas uniquement nos écosystèmes, elle est aussi à l’origine de nombreux déséquilibres sociaux. En effet, les premières victimes de cette extraction constante de pétrole et de la pollution qu’elle entraine se trouvent être les plus pauvres. Ainsi, en étant plus attentifs à notre consommation plastique, nous faisons un premier pas vers la sobriété, mais surtout vers nos prochains et les plus petits.

« Alors il leur répondra : « En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait. » » (Mt 25, 45)

Des pistes de solutions : consommer moins, recycler, réutiliser …

Décroître et recycler sont deux réponses possibles au problème, mais on peut aussi songer à la réutilisation ! Le réutilisable peut devenir en effet plus avantageux que le jetable après un certain nombre d’utilisations. Il faudra par ex. se servir d’une gourde en plastique pendant 5 mois pour compenser sa fabrication en termes d’émissions carbone, mais cela permettra au consommateur d’éviter en moyenne entre 150 et 300 bouteilles en plastique par an responsables de bien plus d’émissions. En misant sur le réemploi ou l’utilisation de plastiques plus durables (ex. tupperwares) plutôt que sur le seul recyclage, nous pourrions, comme le montre le tout récent rapport de l’Imperial College de Londres et de l’Université d’Oxford, qui compare le recyclage et la réutilisation, réduire de manière significative la pollution globale par le plastique. L’espoir étant qu’avec la réduction de la demande, les peuples les plus touchés par la crise plastique puissent entrevoir de meilleures conditions de vie.
 « Je leur donnerai un cœur pour connaître que je suis le Seigneur. Ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu, car ils reviendront à moi de tout leur cœur. » (Jr 24,7)

Et si nous passions à l’action ?

En ce Carême 2026, revenons à la simplicité, honorons donc le don que Dieu nous a fait en prenant soin de notre Terre et de nos semblables via quelques actions concrètes comme :

–        Passer de bouteilles en plastique jetables à une gourde réutilisable, ou à tout le moins réutiliser ses bouteilles pour d’autres usages

–        Ne plus acheter de produits suremballés et considérer le vrac

–        Penser aux matériaux durables (sac en tissu pour les courses et essui/toile cirée plutôt que film alimentaire pour couvrir les plats)

–        Employer ces plastiques un maximum de fois et en refuser d’autres quand ils nous sont proposés (couverts, gobelets, etc.)

–        Opter pour les produits consignés

Alors, prêts à compter ensemble le nombre de sacs bleus évités ces 40 prochains jours ?

Car tout est lié. Car faire un jeûne plastique, c’est penser à l’autre et choisir la Création.

« Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit :« Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! ». Ses oreilles s’ouvrirent ; » (Mc 7, 34-35)

Bon jeûne plastique !

Pour en savoir plus … 

 

Carême 2026 : vers une sobriété heureuse, un parcours de jeûne écologique en 7 étapes

Le mercredi 18 février débutera le Carême, un temps de conversion pour grandir en nous, repenser nos relations au monde qui nous entoure et accueillir plus intimement Dieu dans nos vies. À cette occasion, le vicariat du Développement Humain Intégral (DHI) vous proposera, durant 7 semaines, un parcours de Carême écologique, axé sur le jeûne pour suivre la voie de la sobriété tracée par le Seigneur.

Ainsi, du mercredi des Cendres jusqu’à la veille de Pâques, nous prierons et jeûnerons tous ensemble à l’image de Jésus dans le désert affrontant la tentation. Au cours des prochaines semaines, nous vous inviterons donc, par une série de 7 articles sur le jeûne, à questionner et réenvisager vos habitudes de vie…

« Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4).

Chacun de ces 7 articles, rédigés dans une optique de décroissance et non de privation, présentera un type de jeûne particulier. Dans l’ordre, vous retrouverez en semaine 1 le jeûne plastique, en semaine 2 le jeûne électrique, en semaine 3 le jeûne d’écran, en semaine 4 le jeûne alimentaire, en semaine 5 le jeûne de mobilité, en semaine 6 le jeûne papier et en semaine 7 le jeûne consommation.
Nous aborderons dans un premier temps les enjeux de ces jeûnes puis, dans un second temps, nous proposerons des actions concrètes qui pourront être mises en œuvre par tous ceux qui le souhaitent, afin de nous détacher du superflu, de nous libérer intérieurement et de nous rapprocher du Créateur et de la Création.

À la joie de faire ce petit bout de chemin avec vous !

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