Le jeûne électrique
Cette semaine, nous partons à la découverte d’une autre forme de sobriété pouvant être mise en pratique durant ce Carême : le jeûne électrique. L’électricité semble incontournable dans nos sociétés occidentales insatiables. Mais face à cette course folle à la consommation, serait-il possible de s’arrêter un instant afin de réfléchir à la lumière qui nous habite vraiment ?
Nous appuyons sur un interrupteur pour éclairer une pièce, nous mettons un plat à réchauffer au micro-ondes et nous rechargeons notre téléphone, autant de gestes nécessitant de l’électricité, auxquels nous ne pensons même plus. Mais que recouvre réellement notre consommation électrique et pourquoi se questionner à propos de celle-ci ?
« Ne nous lassons pas de faire le bien, car, le moment venu, nous récolterons, si nous ne perdons pas courage. » (Ga 6,9)
Notre consommation moyenne, qui correspond à l’énergie utilisée par nos appareils ménagers, notre chauffage mais aussi l’eau chaude, l’éclairage et les appareils en veille, est d’environ 3.500 kilowattheures (kWh) par an et par foyer en Belgique. Même si ce chiffre est inférieur à la moyenne européenne et peut varier légèrement selon les saisons, lorsqu’il est multiplié par plusieurs millions de Belges, il a une certaine incidence sur notre Terre et les êtres qui la peuplent.
Repenser sa consommation
Bien que l’on ne s’attarde pas forcément sur son empreinte écologique, ni sur ses conséquences sur les autres ou lors du choix d’un électroménager, tout est pourtant lié ! En jeûnant et en faisant donc plus attention à notre consommation, nous nous inscrivons dans une démarche non seulement écologique, mais aussi solidaire.
Dans une Europe où plus de 30 millions de ménages avaient encore un problème d’accès physique aux infrastructures énergétiques en 2020, s’ajoutant au prix inabordable de l’énergie, réduire notre consommation c’est avoir une pensée pour ces ménages et remettre en question ce que nous tenons pour acquis. Mais réduire, c’est aussi désengorger les réseaux et diminuer la demande d’électricité constante, responsable en 2022 d’environ 40 % des émissions mondiales de CO2, nuisibles à la santé des hommes comme à celle de la Planète.
« Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? » (Is 58,6)
Retrouver sa lumière intérieure
Un lave-vaisselle (192 kWh/an), un climatiseur fixe (1.050 kWh/an), un sèche-linge (301 kWh/an), et encore plus de kWh dépensés si tout ce petit monde est connecté, mais au final avons-nous vraiment besoin de tout ça ? En ce temps de Carême, prenons un instant pour faire le point sur ce qui est réellement important pour nous et pour interroger notre rapport à Dieu et à la Création.
Dans notre monde où les distractions alimentées par l’électricité rythment notre vie, pratiquer un jeûne électrique peut aussi nous permettre de retrouver silence et sérénité, propices à la méditation.
Et puisque qui dit jeûne électrique dit aussi jeûne de bruit, profitons de l’occasion pour retrouver notre silence intérieur et favoriser le cœur à cœur avec Dieu.
« Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. » (1 S 3,9)
Alors, permettons-nous de sortir de nos modes de vie régis par une technologie toujours plus gourmande en électricité et redirigeons plutôt nos existences vers Dieu et vers l’humain.
« Ta parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route. » (Ps 118,105)
Infléchir le cours de la situation par de petits gestes
Si choisir des appareils écoénergétiques et consommer en heures creuses sont deux approches opportunes, c’est la sobriété énergétique qui demeure, à notre échelle, la meilleure solution pour réduire notre consommation électrique et œuvrer à la préservation de notre maison commune.
« Tout m’est permis », dit-on, mais je dis : « Tout n’est pas bon ». « Tout m’est permis », mais moi, je ne permettrai à rien de me dominer. » (1 Co 6,12)
Afin de renouer avec la frugalité proposée par les Evangiles et de nous recentrer sur ce qui compte pour nous, notre foi et notre communauté, misons donc durant ce Carême sur des « éco-gestes », des gestes écologiques à la portée de toutes et tous, comme :
- Favoriser la lumière naturelle pendant la journée en ouvrant davantage rideaux et volets
- Limiter l’usage intensif du chauffage électrique ou des climatiseurs
- Privilégier les bougies lorsque les circonstances s’y prêtent (veillée)
- Changer ses ampoules classiques pour des ampoules à basse consommation
- Éteindre les lampes en journée dès qu’elles ne sont plus utiles
- Supprimer les veilles inutiles (débrancher chargeurs et appareils inutilisés, sources de consommation vampire) et recourir à des multiprises à interrupteur
- Baisser la température de votre chauffage électrique d’1°C, quitte à porter un vêtement supplémentaire et à fermer les portes pour conserver la chaleur
Et si vous nous disiez combien d’appareils inutilisés vous avez débranchés cette semaine ? A vos veilleuses !
Et bon jeûne électrique !
Pour en savoir plus :
- Électricité : Quels appareils consomment le plus dans votre maison ?, consulté sur le site de ADEME, Agir pour la transition écologique, 11/11/2025, consulté le 21/02/2026.
- La consommation moyenne d’un ménage et la mienne, comment me situer ?, consulté sur le site de TotalEnergies, consulté le 21/02/2026.
- Production d’électricité et émissions de CO2, consulté sur le site de Planete Energies, 04/12/2023, consulté le 22/02/2026.
- Quels appareils consomment le plus d’électricité à la maison ?, site de Ecoconso, consulté le 21/02/2026.
- Bafoil, Fodor F. et GuyetR., L’aggravation de la précarité énergétique ? Réflexion sur la crise sanitaire, site de Sciences Po, 17/01/2022, consulté le 22/02/2026.
- Bamberger Y. et Püttgen H., L’électricité, au coeur de notre futur bas-carbone,
Lausanne, Presses Polytechniques Romandes, 2022, 348 p. - Merckaert, « Laudato si’ » : accueillir nos limites, dans Revue Projet, n° 350, Saint-Denis, C.E.R.A.S, 2016, p. 28 à 37, aussi consultable en ligne sur Cairn, consulté le 21/02/2026.
- Van Lerberghe L., La consommation de gaz et d’électricité au plus bas en Belgique: les consommateurs font toujours plus attention, site de RTL Info, 05/01/2024, consulté le 21/02/2026.
Pour en savoir plus …
- La pollution plastique, une injustice environnementale pour les communautés vulnérables, site de L’ONU, 30/03/2021 (consulté le 10/02/2026)
- Reuse and return schemes could help eliminate plastic pollution in 15 years, says report, site The Guardian, 03/12/2025, (consulté le 13/02/2026)
- AFP,Le recyclage du plastique reste un « mythe », avertit Greenpeace, site de La Libre, 24/10/2022 (consulté le 16/02/2026)
- Combe M., Survivre au péril plastique. Des solutions à tous les niveaux, Paris, Rue De L’échiquier, 2019, 256 p.
- Dicastère pour le service du développement humain intégral et SEI, Notre maison commune, consulté sur le site du Stockolm Environment Institute, 14/02/2023, (consulté le 16/02/2026)
- Gontard N. et Seingier H., Plastique, le grand emballement, Clermont-Ferrand, Mon Poche, 2022, 258 p.
- Lerolle M., Recyclage du plastique, une solution contre-productive, site du CNRS Le Journal, 29/09/2025 (consulté le 15/02/2026)
- RTBF et AFP, Le plastique et ses pollutions en chiffres, consulté sur le site de la Rtbf, 05/11/2024 (consulté le 13/02/2026)
- The Conversation, Recycler les plastiques pour protéger les océans, une illusion face à la surproduction ?, consulté sur le site de la RTBF, 28/08/2025 (consulté le 15/02/2026)
Le jeûne plastique
Le Carême est un temps de partage où le jeûne occupe une place plus importante au centre de nos vies. Remise en perspective de nos pratiques de consommation, prise de recul par rapport à nos désirs et surtout retour vers nos fondements en Dieu, voilà ce que peut nous offrir le jeûne. Et si ce jeûne alimentaire classique nous permet de tourner davantage notre cœur vers le Seigneur, pourquoi ne pas l’étendre à d’autres aspects de notre vie ? Et si cette année, nous vivions un jeûne plastique afin de nous rapprocher de Dieu et de sa Création ?
Quelques constats
Des bouteilles aux jouets, en passant par les sacs et les emballages, le plastique est partout où nous posons les yeux. Bien que polluant et nocif pour la Création, le plastique – issu à 90 % d’hydrocarbures -, par son coût avantageux, sa malléabilité aisée et sa grande légèreté, est devenu incontournable dans notre société.
Mais, en 2019, 22 millions de tonnes d’éléments plastiques ont été rejetés dans l’environnement, selon l’OCDE, convergeant inexorablement vers les cours d’eau, les mers et les océans, au point que les plastiques représenteraient environ 85% du total des déchets marins. Et sur ces 22 millions de tonnes, seuls 9% seraient, dans les faits, recyclés au niveau mondial, le reste finissant incinéré, ou dans des décharges contrôlées, ou pire encore, dans des décharges sauvages. Car tous les plastiques ne sont pas identiques et ils sont donc difficiles à trier. De plus, à la différence du verre ou du métal, qui peuvent être maintes fois recyclés sans grande perte de qualité, le plastique, lui, perd de ses propriétés à chaque nouveau recyclage. Pour les entreprises consommatrices, il est souvent moins cher d’utiliser du plastique neuf usiné au départ du pétrole ou du gaz naturel que du plastique recyclé.
La surproduction de ces plastiques, le plus souvent à usage unique, ne déstabilise pas uniquement nos écosystèmes, elle est aussi à l’origine de nombreux déséquilibres sociaux. En effet, les premières victimes de cette extraction constante de pétrole et de la pollution qu’elle entraine se trouvent être les plus pauvres. Ainsi, en étant plus attentifs à notre consommation plastique, nous faisons un premier pas vers la sobriété, mais surtout vers nos prochains et les plus petits.
« Alors il leur répondra : « En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait. » » (Mt 25, 45)
Des pistes de solutions : consommer moins, recycler, réutiliser …
Décroître et recycler sont deux réponses possibles au problème, mais on peut aussi songer à la réutilisation ! Le réutilisable peut devenir en effet plus avantageux que le jetable après un certain nombre d’utilisations. Il faudra par ex. se servir d’une gourde en plastique pendant 5 mois pour compenser sa fabrication en termes d’émissions carbone, mais cela permettra au consommateur d’éviter en moyenne entre 150 et 300 bouteilles en plastique par an responsables de bien plus d’émissions. En misant sur le réemploi ou l’utilisation de plastiques plus durables (ex. tupperwares) plutôt que sur le seul recyclage, nous pourrions, comme le montre le tout récent rapport de l’Imperial College de Londres et de l’Université d’Oxford, qui compare le recyclage et la réutilisation, réduire de manière significative la pollution globale par le plastique. L’espoir étant qu’avec la réduction de la demande, les peuples les plus touchés par la crise plastique puissent entrevoir de meilleures conditions de vie.
« Je leur donnerai un cœur pour connaître que je suis le Seigneur. Ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu, car ils reviendront à moi de tout leur cœur. » (Jr 24,7)
Et si nous passions à l’action ?
En ce Carême 2026, revenons à la simplicité, honorons donc le don que Dieu nous a fait en prenant soin de notre Terre et de nos semblables via quelques actions concrètes comme :
– Passer de bouteilles en plastique jetables à une gourde réutilisable, ou à tout le moins réutiliser ses bouteilles pour d’autres usages
– Ne plus acheter de produits suremballés et considérer le vrac
– Penser aux matériaux durables (sac en tissu pour les courses et essui/toile cirée plutôt que film alimentaire pour couvrir les plats)
– Employer ces plastiques un maximum de fois et en refuser d’autres quand ils nous sont proposés (couverts, gobelets, etc.)
– Opter pour les produits consignés
Alors, prêts à compter ensemble le nombre de sacs bleus évités ces 40 prochains jours ?
Car tout est lié. Car faire un jeûne plastique, c’est penser à l’autre et choisir la Création.
« Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit :« Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! ». Ses oreilles s’ouvrirent ; » (Mc 7, 34-35)
Bon jeûne plastique !
Pour en savoir plus …
- La pollution plastique, une injustice environnementale pour les communautés vulnérables, site de L’ONU, 30/03/2021 (consulté le 10/02/2026)
- Reuse and return schemes could help eliminate plastic pollution in 15 years, says report, site The Guardian, 03/12/2025, (consulté le 13/02/2026)
- AFP,Le recyclage du plastique reste un « mythe », avertit Greenpeace, site de La Libre, 24/10/2022 (consulté le 16/02/2026)
- Combe M., Survivre au péril plastique. Des solutions à tous les niveaux, Paris, Rue De L’échiquier, 2019, 256 p.
- Dicastère pour le service du développement humain intégral et SEI, Notre maison commune, consulté sur le site du Stockolm Environment Institute, 14/02/2023, (consulté le 16/02/2026)
- Gontard N. et Seingier H., Plastique, le grand emballement, Clermont-Ferrand, Mon Poche, 2022, 258 p.
- Lerolle M., Recyclage du plastique, une solution contre-productive, site du CNRS Le Journal, 29/09/2025 (consulté le 15/02/2026)
- RTBF et AFP, Le plastique et ses pollutions en chiffres, consulté sur le site de la Rtbf, 05/11/2024 (consulté le 13/02/2026)
- The Conversation, Recycler les plastiques pour protéger les océans, une illusion face à la surproduction ?, consulté sur le site de la RTBF, 28/08/2025 (consulté le 15/02/2026)
Carême 2026 : vers une sobriété heureuse, un parcours de jeûne écologique en 7 étapes
Le mercredi 18 février débutera le Carême, un temps de conversion pour grandir en nous, repenser nos relations au monde qui nous entoure et accueillir plus intimement Dieu dans nos vies. À cette occasion, le vicariat du Développement Humain Intégral (DHI) vous proposera, durant 7 semaines, un parcours de Carême écologique, axé sur le jeûne pour suivre la voie de la sobriété tracée par le Seigneur.
Ainsi, du mercredi des Cendres jusqu’à la veille de Pâques, nous prierons et jeûnerons tous ensemble à l’image de Jésus dans le désert affrontant la tentation. Au cours des prochaines semaines, nous vous inviterons donc, par une série de 7 articles sur le jeûne, à questionner et réenvisager vos habitudes de vie…
« Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4).
Chacun de ces 7 articles, rédigés dans une optique de décroissance et non de privation, présentera un type de jeûne particulier. Dans l’ordre, vous retrouverez en semaine 1 le jeûne plastique, en semaine 2 le jeûne électrique, en semaine 3 le jeûne d’écran, en semaine 4 le jeûne alimentaire, en semaine 5 le jeûne de mobilité, en semaine 6 le jeûne papier et en semaine 7 le jeûne consommation.
Nous aborderons dans un premier temps les enjeux de ces jeûnes puis, dans un second temps, nous proposerons des actions concrètes qui pourront être mises en œuvre par tous ceux qui le souhaitent, afin de nous détacher du superflu, de nous libérer intérieurement et de nous rapprocher du Créateur et de la Création.
À la joie de faire ce petit bout de chemin avec vous !


















