Dieu nous met en mouvement…
Homélie du deuxième dimanche de Carême.
Nous voilà entrés depuis 10 jours dans le Carême. Vous sentez ce dynamisme de conversion de l’Église? Vous êtes partie prenante? Saint Paul nous le dit clairement dans la deuxième lecture d’aujoud’hui: prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile. Annoncer l’Évangile ne se fait pas sans souffrance… En sommes-nous conscients?
Dans notre vie de chrétiens, il y a des temps de joie et des temps d’aridité et ces temps se répondent les uns les autres. Quand vient le temps de l’épreuve, nous cherchons naturellement le temps de la consolation. Mais quand nous sommes dans la consolation, sommes-nous conscients que cela nous prépare à des temps plus difficiles? Dieu ne saurait en effet être simplement le Dieu des consolations. Il est aussi celui qui nous met en mouvement… Ce n’est pas pour rien que la transfiguration du Seigneur arrive déjà très proche du moment de la Passion et de la résurrection du Seigneur, annoncé déjà par lui au moment de la transfiguration: «Ne parlez à personne avant que le Fils de l’homme ne soit ressuscité d’entre les morts.»
Quel est le sens de la transfiguration? Celui de faire l’expérience de la divinité de Dieu et de l’effroi devant sa gloire. Dieu n’est pas seulement un ami, un maître, un homme extraordinaire, un compagnon de route. Il est le Seigneur. La crainte de Dieu nous remet à notre place. Nous ne suivons pas le Seigneur juste parce que cela nous plaît ou parce que nous y trouvons un avantage. Notre vocation, c’est d’adorer Dieu, c’est la vie éternelle où Dieu sera reconnu comme tel.
La transfiguration, c’est aussi la confirmation des ancêtres dans la foi, Moise et Elie, qui représentent la Loi et les Prophètes, la loi comme l’ensemble des enseignements, des commandements donnés par Dieu à son peuple (est-ce que nous connaissons et approfondissons les enseignements de l’Église?), les prophètes comme ceux qui nous rappellent notre chemin d’infidélité (si tout se passait bien dans notre vie personnelle et de communauté, nous n’aurions pas besoin des prophètes). Sommes-nous des prophètes à notre tour, capables d’interpeller nos frères et sœurs quand les choses ne tournent pas rond, mais capables aussi de les encourager lorsqu’ils se sentent perdus?
La transfiguration, c’est finalement le retour à la vie normale, concrète. La vie spirituelle n’est pas un refuge en soi, elle est ou devrait être le moteur de notre insertion dans la société, de notre charité concrète dans nos famille, notre vie professionnelle… Il faut redescendre pour continuer à annoncer la Bonne Nouvelle. Et le premier qui le fait, c’est le Christ et à sa suite, ses apôtres.
À nous de trouver des moments et des moyens pour contempler Dieu et pour ensuite redescendre dans notre réalité de tous les jours, il nous faut cet équilibre entre rupture du quotidien et insertion dans ce quotidien, les deux dimensions, de nouveau se répondent…
+ Frédéric Rossignol
1er mars 2026

















