Laisser place à l’imagination au service du DHI!
Une formation à la maison diocésaine de Mesvin a rassemblé le public de la Pastorale de la santé, des solidarités et de l’écologie pour réfléchir au monde de demain.
Pour la deuxième réunion du DHI de cette année pastorale 2025-2026, après «En chemin avec Marie», un thème tout autre avait été choisi le samedi 28 février dernier: redistribuer les cartes du monde. Au programme: créer sa ville idéale. Tous les participants étaient donc transformés le temps d’une après-midi en créateurs d’une ville utopique. Réalistes ou idéalistes, tout le monde a mis la main à la pâte pour construire en équipe la vision d’une société parfaite.
Pourquoi ce choix de créer une ville et pas un village? La ville a une signification particulière dans la Bible. Elle représente l’endroit où les Hommes cherchent Dieu, chutent et se relèvent, ainsi qu’un lieu d’interaction où beaucoup de personnes sont rassemblées. Elle peut donc se transformer en un lieu de sainteté. En effet, notre environnement extérieur influence notre vie intérieure et inversement.
La boussole, repère pour trouver le nord, était l’objet symbolique prévu par l’équipe du vicariat DHI pour cet événement. Un choix autant mûrement réfléchi que celui de la ville, car le rôle de la boussole est de guider celui qui la tient dans la bonne direction. Elle représente notre vie intérieure qui pousse chaque chrétien à se mettre en marche à la suite du Christ.
Redistribuer les cartes du monde
Quand on entre dans les salles où chacun a été réparti, on est frappé par les différents fonctionnements. Certains respectent un silence religieux pour se concentrer et laisser place à un temps d’intériorité et de résonance des lectures proposées. D’autres, moins taiseux, décident de se partager la parole pour lire ensemble à voix haute les différents supports pour avancer ensuite dans la réflexion.
Après ce moment de calme et d’intériorité, place à l’agitation et aux débats. On voit les idées s’entrechoquer. Un participant sort même: «C’est quoi la différence avec le communisme si on met tout en commun?» Un autre le rassure: «Ce n’est pas le cas, mais on peut rêver d’un monde où chaque habitant prendrait soin des autres.» Les personnes se lèvent, bougent et se mettent en mouvement.
Lors de la discussion, une des participantes se pose la question: «Qu’est-ce qui compte pour moi quand je choisis d’habiter dans telle ville ou tel village? Un clocher? Un magasin? Une école?» Un bon point de départ pour savoir de quelles infrastructures le groupe aurait besoin. L’occasion aussi de mettre une pointe d’humour dans la réflexion avec la réponse d’un des membres de ce groupe: «Pour moi, s’il n’y a pas de friterie, je n’y habiterais pas.»
À la recherche de la ville idéale
On retrouve de la couleur dans certaines villes, des connexions entre les différents bâtiments, des moyens de transport plus durables (vélos, gare,…). On pense aux personnes âgées mais aussi aux plus jeunes. On veut inclure tout le monde. Les idées se frottent à certains profils de participants plus réalistes. Une question guide pourtant la discussion: «Qu’est-ce que vous avez envie au plus profond de votre cœur?»
Le partage en grand groupe a été très enrichissant. On rêve d’une société où il n’y a pas de chômage, où la mobilité est gratuite, où Dieu, la famille et l’entraide sont au centre. On revégétalise les espaces; on crée des lieux d’interaction comme les Repair Cafés. De bonnes idées qui peuvent parfois aboutir à des actions concrètes.
L’Utopie de Thomas More, plusieurs encycliques de doctrine sociale (Rerum Novarum, Caritas in Veritate,…) ou encore La Cité de Dieu de saint Augustin, tous ces textes ont parfaitement alimenté la réflexion de cette formation. La lettre apostolique «Dessiner de nouvelles cartes d’espérance» du pape Léon XIV étant elle-même à l’origine de la création de cet après-midi. Travailler au bien général, à la paix et respecter la dignité humaine sont toutes des valeurs chrétiennes que l’on a pu retrouver lors des échanges. Beaucoup de sources chrétiennes se sont penchées sur la thématique de la société idéale au fil des siècles. Il suffit de redécouvrir ces écrits et leurs auteurs tout en se laissant surprendre à rêver comme eux, avec nos réalités contemporaines.
Loin de s’arrêter à de simples échanges d’idées et d’idéaux, cette formation avait véritablement pour but de pousser à l’action pour qu’ils prennent leur place dans la cité ainsi que de leur donner des outils pour développer d’autres actions par la suite. Un défi largement accompli : les utopistes sont repartis la tête remplie d’idées. Il ne reste plus qu’à concrétiser certains discours en actes.
Anaïs Marescaux
Photos: Aurélie Boeckmans et Anaïs Marescaux








































