Rencontre avec les jeunes : atteindre la maturité
Ce jeudi 5 mars 2026, toutes les classes de rhétorique de l’Institut de la Sainte-Famille (ISF) et de l’Institut technique des Ursulines (ITU) étaient rassemblées dans la Collégiale Sainte-Waudru afin d’écouter et d’échanger avec Mgr Rossignol.
L’évêque de Tournai a puisé de nombreux exemples dans sa vie personnelle pour témoigner, tout en se replongeant dans son enfance et son adolescence pour se mettre à la place de son public. La question centrale de sa prise de parole était très claire : « Comment atteindre la maturité ? » Face à des adultes en devenir, des adolescents qui sont au début de leur vie, prêts à construire leur avenir, la question de la maturité prend tout son sens.
Il a aussi donné quelques conseils aux jeunes présents pour grandir en maturité :
- Fréquenter des personnes qui sont des modèles de maturité pour que, par leur écoute et leur bienveillance, l’adolescent ou l’adulte apprenne à croire en lui et puisse prendre exemple sur eux.
- Prendre des responsabilités pour découvrir comment prendre soin de l’autre ainsi que l’humilité de devoir compter sur les autres. Assumer des responsabilités pousse aussi à s’améliorer, à respecter les autres, à gagner en confiance en soi et à comprendre les conséquences des actes que l’on pose.
- Accepter les limites et la non-perfection des autres : l’être humain est imparfait et c’est un signe de générosité d’accepter que l’autre n’est pas toujours capable d’être meilleur qu’il ne l’est.
Mgr Rossignol, avec son regard de chrétien, a par ailleurs abordé l’amour de Dieu dans son intervention. L’incarnation de Jésus sur cette terre est bien la preuve que le genre humain est digne de l’attention de Jésus et que Dieu croit en sa potentialité. C’est d’ailleurs pour cela que Jésus demande à ses disciples de devenir les témoins de son amour.
Fidélité et célibat
D’autres témoignages ont pu aussi être donnés par l’évêque : privilégier la lecture, continuer sans cesse à vous instruire, comprendre que l’argent ne fait pas le bonheur,… Il a continué sur la chasteté qu’il définit comme le respect de la personne que j’ai devant moi. Il faut donc considérer l’autre comme une fin en soi et non l’utiliser comme un moyen.
La fidélité est également une valeur chrétienne qui devrait avoir une place de choix dans chaque relation. « Nous rayonnons de ce que nous sommes », confirme Mgr Rossignol. Ce que l’on vit dans le secret finit toujours par ressurgir vers l’extérieur. Comme l’être humain est le reflet de ce qu’il vit, l’infidélité, même cachée, blesse aussi l’autre. À contrario, la fidélité construit alors que l’infidélité détruit.
Le célibat pose beaucoup de questions dans la société d’aujourd’hui. À contre-courant de l’air du temps, le célibat questionne et n’est pas du tout valorisé pour ce qu’il est de nos jours. « Pour être heureux, il faut être en couple », souffle le monde comme un slogan qui assure la clé du bonheur. Pourtant, quand on se penche sur les statistiques en Belgique, on constate que le nombre de personnes seules augmente au fur et à mesure des années. Un célibat qui peut être riche pour la société s’il obéit à une motivation particulière.
La parole aux élèves
Un temps d’échange était ensuite proposé aux élèves, un moment privilégié pour en apprendre plus sur l’évêque. « Pourquoi avez-vous choisi ce métier ? » pose innocemment un membre de l’assemblée. Mgr Rossignol y répond avec honnêteté : « J’ai rencontré beaucoup de personnes dans ma vie qui m’ont permis de connaître l’amour de Dieu. » Conscient également de la crise des vocations et du risque d’avoir par la suite moins de célébration par manque de prêtres, il a aussi répondu au besoin de la société en plus d’un appel personnel.
Curieux de l’aspect missionnaire de l’évêque qui a vécu 16 ans au Vietnam, un autre élève lui a demandé ce qu’il retenait de cette partie de sa vie. « On peut avoir du lien avec des gens de diverses origines ou statuts. », atteste l’évêque. Toute personne peut être intéressante lorsque l’on dialogue et qu’il y a de la place pour une certaine ouverture. La culture asiatique est de plus très différente de la culture occidentale. La place de la famille y est importante, on se soucie, par exemple, davantage d’être ensemble que de savoir si on a la place pour l’être.
« Je suis tombée dedans quand j’étais petit. » répond l’évêque avec beaucoup d’humour à la question d’un rhéto sur l’âge où il est devenu croyant. Une professeure en profite pour l’interroger sur l’heureux hasard qui fait commencer cette année le Carême et le Ramadan en même temps. Alors, l’évêque du diocèse de Tournai a avoué être admiratif des personnes qui pratiquent le jeûne musulman, ne mangeant pas et ne buvant pas une grande partie de la journée, tout en rappelant l’importance pour une religion de faire grandir ses membres en humanité. « Si on arrive pendant cette période de Carême à se tourner vers les autres, je pense qu’on a vraiment trouvé une bonne manière de vivre le Carême. » conclut Mgr Rossignol.
Quelques jours après cette rencontre, l’évêque de Tournai est parti à Mouscron pour rencontrer d’autres jeunes et dialoguer également avec eux. D’autres échanges avec les jeunes sont prévus ces prochains mois. Un bon moyen de faire prendre conscience aux jeunes que chaque adolescent a une vocation propre, à un âge où il se construit encore.
Anaïs Marescaux
























