Le carême, un parcours à vivre dans la confiance…

Nous sommes à la mi-carême, un peu comme des coureurs qui viennent de franchir la première étape du marathon. Le rythme que nous avions voulu prendre a peut-être été plus lent que prévu ou alors nous commençons à éprouver un peu de fatigue à devoir nous convertir chaque jour. Qu’il est bon de faire l’expérience de ses limites… «Qui ne risque rien, n’a rien», dit le proverbe.

Si le carême a pour objectif de nous faire sortir de notre zone de confort, il n’est pas étonnant que cela nous démange un peu! Être exigeant avec soi-même, surtout dans les domaines où il y a du laisser-aller, ça n’a rien d’évident. Certains ont décidé de discipliner leur corps, d’autres leur esprit, d’autres encore de donner un peu plus de place à Dieu dans leur vie. Il y a ceux qui profitent du carême pour chercher à avoir une relation plus harmonieuse avec des membres de la famille, des collègues de travail, des personnes engagées à l’Église.

Mais bien des résolutions semblent s’évaporer rapidement ou lentement. Deux éléments de foi peuvent alors nous redonner du courage. La première chose, c’est de vivre nos sacrifices non pour notre avantage personnel, si noble qu’il soit, mais de les vivre comme des cadeaux pour nos frères et sœurs en souffrance. «Seigneur, je t’offre ce temps de prière ou ce gâteau non acheté pour la voisine qui a le cancer, pour le membre de la famille qui a subitement perdu son travail. Seigneur, aie pitié d’eux et accepte mon petit sacrifice comme signe que je me fais du souci pour eux…» Le carême prend alors sa mesure dans l’attention aux autres, dans la solidarité qui nous unit à tout le genre humain.

La deuxième chose, qui est complémentaire, et qui nous redonne aussi courage, c’est de ne pas nous sentir jugés par Dieu pour nos faiblesses. C’est l’amour inconditionnel de Dieu pour nous qui nous aide à nous relever. Dieu n’est pas un examinateur qui compte les points, Il est un père aimant qui nous fait confiance. C’est cette confiance sans cesse renouvelée qui nous permet de nous relever. Parce que Dieu me fait confiance malgré mes manquements, j’ai envie de Le remercier en l’aimant de tout mon cœur et en aimant mon prochain comme Lui l’aime.

Et si la culpabilité prend parfois le dessus ou tout simplement la paresse et l’incapacité de me dépasser, je peux toujours me tourner vers un prêtre et lui demander: «Père, pouvez-vous m’entendre en confession et me redire que Dieu m’aime et me pardonne?» Et de là, nous sortons joyeux et enthousiastes pour poursuivre notre carême.

Bonne route vers Pâques à tous!

Votre frère et pasteur,
+ Frédéric Rossignol

© Copyright - ASBL Evêché de Tournai