Le service Com’ sur les chemins de Mons-Borinage !

Le service Com’ sur les chemins du diocèse!

Après le Tournaisis en 2024 et le Pays d’Ath en 2025, le service Communication du diocèse de Tournai a sillonné les routes du doyenné de Mons-Borinage, à la rencontre des acteurs de terrain. Découvrez des aspects méconnus de vos paroisses: lieux, bâtiments, groupes, personnes…

Chaque mercredi du 1er juillet au 26 août 2026, vous avez rendez-vous sur le site du diocèse et sur nos réseaux sociaux afin de découvrir un article, des photos et une vidéo sur un aspect d’une des paroisses du doyenné de Mons-Borinage. Ce projet est une façon de révéler des facettes inédites de la vie de nos paroisses ou du patrimoine qu’elles renferment.

Plusieurs projets ont été proposés par les curés ou les EAP des unités pastorales et nous en avons sélectionné un par UP.

Le service Com’ espère poursuivre le projet en faisant découvrir au fil des ans des facettes méconnues de chaque doyenné.

Sur les chemins du Diocèse (1/9) : l’église de Wasmuël (UP de Quaregnon-Wasmuël)

C’est une église doublement centenaire qui nous accueille pour notre première étape sur les routes du doyenné de Mons-Borinage ! Bienvenue à Wasmuël, à la découverte de l’église Sainte-Vierge.

Située au cœur du village de Wasmuël (commune de Quaregnon), l’église de style néoclassique a été construite en 1826. Cette époque n’était cependant pas propice à une telle construction, comme nous l’explique M. Jean-Marie Cauchies, président de la Fabrique d’église et historien : « Nous sommes dans le cadre du royaume des Pays-Bas, c’est-à-dire un État réunissant la Belgique et les Pays-Bas actuels, avec un roi calviniste, Guillaume Ier, dont les rapports avec l’Église ne sont pas forcément des meilleurs. L’Église belge, d’ailleurs, fonctionne avec les moyens du bord, puisqu’il n’y a pas d’évêque titulaire. Il n’y a que des faisant-fonction, parce que le roi refuse de les nommer. Il y a simplement un archevêque à Malines en bonne et due forme. »

Parmi les éléments présents dans le bâtiment, notre guide pointe vers les fonts baptismaux (en calcaire carbonifère, des environs de 1840) et vers l’orgue du 19e siècle. Mais ce qui est à la fois une satisfaction et un gros souci pour le Conseil de Fabrique se trouve sur le mur au fond de l’église, de chaque côté de l’autel : deux peintures représentant les quatre évangélistes. Réalisées sur toiles marouflées vers 1900, elles ont été recouvertes d’un produit pour les camoufler lors de travaux de rénovation en 1980.

« Elles datent des environs de 1900, on ne sait rien sur leur réalisation. Le souci du Conseil de Fabrique serait de pouvoir, d’une manière ou d’une autre, pas forcément les restaurer, mais les mettre en valeur par des techniques à la recherche desquelles nous sommes depuis un certain nombre d’annéesn sans trouver exactement ce qu’il nous faut. D’autant plus que nous devons, bien sûr, limiter les coûts de l’opération. Mais ce serait incontestablement des éléments patrimoniaux à mettre en valeur. »

Wasmuël, clocher de la paroisse de Quaregnon

Si l’église est bicentenaire, l’histoire de la paroisse est bien plus ancienne : « Tout d’abord, très précisément en 1382, l’évêque de Cambrai [cette section du Hainaut faisant alors partie du diocèse de Cambrai, ndla], va autoriser l’installation d’un lieu de culte à Wasmuël, mais sous la dépendance, un secours, de l’église de Wasmes, beaucoup plus importante. Wasmes est une très vieille paroisse, et on sait encore aujourd’hui la place que tient Wasmes dans la dévotion à Notre-Dame, dans le Borinage, avec le célèbre tour de Wasmes du mardi de Pentecôte, qui d’ailleurs passe par Wasmuël. Alors à ce moment-là, nous avons donc un secours, et c’est un prêtre, bien sûr, disons, une sorte de vicaire qui vient assurer le culte. Cette chapelle va un peu se développer avec le temps, mais il faut bien dire qu’on n’en sait pas grand-chose. »

Vers 1726, un prêtre résident sur place est affecté au culte à Wasmuël mais il faut attendre 1803 pour qu’elle devienne une paroisse à part entière et que soit construite, plus de 20 ans plus tard, l’église actuelle. Récemment cependant, la paroisse de Wasmuël a cessé d’être indépendante pour rejoindre l’unité pastorale de Quaregnon-Wasmuël dont elle est devenue un clocher. « Une unité pastorale qui correspond très bien à la commune. Quaregnon comporte quatre paroisses et l’actuelle commune de Quaregnon est le fruit de la fusion, le 1er janvier 1977, de Quaregnon et de Wasmuël, sans plus. Donc il y a certainement une cohésion qui a sans doute été plus facile d’obtenir que dans d’autres communes ou entre d’autres paroisses où ce fut plus difficile. En tout cas, Wasmuël conserve sa spécificité, Wasmuël conserve son originalité, mais n’oublions pas qu’une fois encore, nous sommes dans un ensemble plus grand qui est celui de Quaregnon et que Wasmuël n’est certainement pas la moindre des églises de Quaregnon », conclut notre guide.

Texte et photos : Marie Lebailly
Montage vidéo : Anaïs Marescaux

Sur les chemins du Diocèse (2/9) : la procession Saint-Roch à Angre (UP des Hauts-Pays) 

Dans l’UP des Hauts-Pays, sur la route qui relie Angre à Marchipont, se trouve une chapelle dédiée à saint Roch. Point culminant du village, la chapelle permet d’embraser en un seul coup d’œil tous les environs. Par temps clair, le visiteur peut apercevoir pas moins d’une trentaine de clochers ! C’est ici que nous nous arrêtons pour l’étape du jour.

Pour comprendre l’histoire de cette chapelle, il faut remonter aux années 1849-1850, lorsqu’une épidémie de choléra traverse le pays et touche particulièrement la région de Liège et le Hainaut. Lorsque l’épidémie disparaît, les villageois décidèrent d’ériger une chapelle à saint Roch en remerciement. Une dévotion s’en est suivie, accompagnée d’un petit pèlerinage. Celle-ci avait disparu lorsque, à l’occasion du 150e anniversaire du bâtiment, le curé des lieux relança la tradition. Après une courte interruption, la procession reprit vigueur à la sortie de la pandémie de COVID, en 2021.

Maryse Jenard, personne-relais du clocher d’Angre, se souvient : « la procession est revenue après notamment le Covid en 2021. Et justement parce que nous n’avions plus de lieu de culte. Donc c’était l’occasion de rassembler les gens dans un lieu emblématique du village qui nous permettait d’avoir encore quelque chose de personnel parce que ça nous manquait. L’organisation de la procession se fait avec une équipe de bénévoles du monde associatif. Et c’est une ASBL qui nous prête ses locaux pour faire le repas et aussi pour préparer les costumes pour que les personnes puissent s’habiller et partir en procession. »

En raison de dégradations et d’actes de vandalisme, la chapelle est vidée de son contenu en dehors du temps de la procession. La paroisse souhaite la sécuriser et pour cela a fait appel à l’école de la Cordée, qui s’occupe en partie d’enfants qui ont des difficultés au niveau scolaire, pour réaliser un nouveau portail. En remerciement, ils seront invités à processionner et le repas leur sera offert.

Une nouvelle statue

La statue qui est portée en procession n’est pas celle d’origine. Alexis Pavone, son créateur, nous explique : « [La statue d’origine] était une statue en bois polychromé qui était en très mauvais état, qui a été stockée pendant de nombreuses années aux locaux communaux dans Les Honelles. Suite à ça, on a quand même fait une demande pour récupérer cette statue. On aurait souhaité l’utiliser, mais finalement ce n’était pas possible. Donc, étant restaurateur de statues d’église, j’ai récupéré une statue d’une paroisse voisine, d’une église voisine où cette statue était dans un clocher et ne servait plus à l’usage du culte. Donc on m’a généreusement donné cette statue que j’ai restaurée, et c’est cette statue qui actuellement est processionnée le jour de la Saint-Roch. »

La procession ne pourrait évidemment avoir lieu sans toute l’équipe de bénévoles qui s’active toute l’année : paroissiens, membres de la Fabrique d’église, gens du village proches de l’ASBL mais aussi habitants de villages voisins.

« Pourquoi on vient à la procession ? » se demande Maryse Jenard. « Je ne sais pas, peut-être pour retrouver quelque chose d’avant de ce qu’on a connu parce que je pense que là aussi il y a peut-être une nostalgie mais c’est aussi pour se rencontrer parce que c’est toujours très convivial et puis comme je vous dis il y a bien sûr la procession, il y a la prière mais il y a aussi le verre de l’amitié, il y a le repas. »

Texte : Marie Lebailly
Vidéo et photos : Anaïs Marescaux

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