Sur les chemins du Diocèse (6/9) : Tour de Wasmes (UP de Colfontaine)
Pour cette sixième étape de l’été, le service Com’ a déposé son matériel dans un calvaire de Wasmes, dans l’UP de Colfontaine. Avec Battista Erculiani, ancien président de la confrérie Notre-Dame de Wasmes, nous avons essayé d’en apprendre plus sur le Tour de Wasmes.
Depuis des siècles, lors du mardi de la Pentecôte, une procession fait chaque année le tour de Wasmes et des villages alentours. Sur le trajet de 16,5 km, la statue de Notre-Dame de Wasmes est portée en procession, s’arrêtant à chaque chapelle et calvaire qui jalonnent le parcours, identique depuis des siècles. « Il faut savoir que chaque calvaire a une petite histoire. Et les pèlerins sont toujours là autour pour prier. Alors, à chaque chapelle, chaque année, nous répétons les histoires », nous explique Battista Erculiani.
Par cette procession multiséculaire, les paroissiens commémorent le légendaire combat de Gilles de Chin contre le Dragon, durant lequel il sauva une petite fille. Notre guide nous raconte : « Le tour de Wasmes, remonte du temps des croisades. C’est-à-dire que Gilles de Chin est revenu des croisades ici. On dit sur Wasmes, mais il faut savoir qu’à l’époque, c’étaient surtout des terrains inondés. Le gouverneur de l’époque a demandé à Gilles de Chin d’essayer de faire quelque chose, parce qu’il y avait beaucoup de petits villages inondés. Et alors, il a commencé à rédiger des guides pour éviter d’avoir des inondations. Et puis, à un moment donné, il y avait une ferveur qui demandait de sauver une petite fillette. Et cette petite fillette était sous l’emprise mal. On représente ce mal par le dragon, mais en fait, c’est le mal. Et avant de libérer cette petite fillette, Gilles de Chin est allé prier à Notre-Dame de Wasmes. » L’enfant fut sauvée, et ainsi naquit la légende et la procession de Wasmes. Notre-Dame sortait également au moment des épidémies, notamment de la peste, afin de protéger la région.
Une grande ferveur
Les festivités commencent dès la messe de 3h30, suivie de la procession. Dans chaque village traversé, Notre-Dame de Wasmes est rejointe pour une partie du trajet par les paroissiens du village et, à certains endroits, la statue de la vierge locale. En revenant à l’église de Wasmes, la statue se retourne et salue les pèlerins. La procession est un grand moment de ferveur populaire : « Pour moi, le tour de Wasmes représente déjà une grande foi. Pourquoi ? Parce que je suis déjà chrétien à la base, et ça me donne du réconfort, du courage, et d’avancer », souligne notre guide. « Nous nous avons des nouveaux-nés qui viennent tout près de Notre-Dame, où nous frottons le voile sur les petits-enfants. Des personnes qui viennent frotter leur mouchoir sur Notre-Dame de Wasmes. Il y a une ferveur immense, immense ».
Une grande vénération entoure la statue de la Vierge, tenant en ses bras l’enfant Jésus. Haute de 85 centimètres, elle a été sculptée dans un seul bloc de chêne. Sur sa tête est posé un voile, offert chaque année par la famille de l’enfant, âgée de 4 à 5 ans, désignée pour représenter la petite fille de la légende (la « Pucelette de Wasmes »). Le voile de l’année précédente est coupé en minuscules morceaux pour être distribué comme reliques.
Texte : Marie Lebailly
Montage vidéo : Anaïs Marescaux
Sur les chemins du Diocèse (5/9) : Soirées de Louange (UP de Frameries-Quévy)
Pour notre cinquième étape, nous avons franchi la porte de l’église de Frameries, où se déroule, chaque vendredi soir, une soirée de louange à laquelle participent de nombreux jeunes.
L’idée des soirées de louange est née des JMJ de Lisbonne, en 2023. Les jeunes pèlerins de l’UP y ont participé avec la Communauté du Chemin Neuf et ont été particulièrement touchés par la louange et l’adoration. Leur curé, l’abbé Christophe Cossement, en a discuté avec eux et a lancé ce rendez-vous hebdomadaire. « Ils ont la chance d’avoir un curé musicien, donc c’est moi qui fais un peu la locomotive », rit l’abbé Cossement. Malgré son prochain départ à Tournai, ces rencontres ne perdront rien car de nouveaux talents se sont révélés parmi les jeunes de la communauté. « Je sens que le vide que je vais créer donnera un appel d’air », se réjouit le prêtre.
Depuis le lancement de ces rencontres, le groupe des jeunes anime, tous les vendredis soir à 20h, une soirée de louange pour tous les paroissiens qui le veulent, jeunes et vieux, de 2 à 85 ans à peu près. Au programme de ces rencontres : un repas partagé entre jeunes, un temps de louange dans l’église, un temps d’enseignement sur un thème de la vie chrétienne, une adoration…. Selon l’abbé Cossement, « C’est important que les jeunes et même les moins jeunes aient des occasions de formation qui dépassent le cadre de l’homélie où on est coincé par le cadre de la messe ».
« Et là, moi, je suis vraiment toujours bouleversé de vous voir là devant le Seigneur le laissant toucher votre cœur. Ces jours-là, je ne me dis pas que que j’ai réussi ma pastorale, mais de savoir, sentir que le Seigneur peut vous parler à son aise, ça me réjouit beaucoup. Alors on termine dans la joie avec le Notre-Père, un Chant à Marie, Ressuscito, des choses comme ça. Sans oublier un morceau de tarte offert par une généreuse paroissienne. »
Une rencontre par et pour les jeunes
« C’est un moment qu’on partage avec différents jeunes, donc c’est aussi de l’ordre du social, parce qu’on peut rencontrer des gens, discuter avec eux et partager aussi sur notre foi, ce qui n’est pas forcément possible à l’école ou dans la vie de tous les jours. Et aussi, on a toujours une bonne humeur qui nous entraîne », témoigne Jean-Louis, l’un des jeunes que nous rencontrons. Ces rencontres sont très appréciées et beaucoup espèrent qu’elles existent encore longtemps.
« Je pense que le but vraiment recherché, que ce soit pour les jeunes, que ce soit pour les adultes qui viennent, ou même les enfants, c’est que le cœur soit touché par le Seigneur, et ainsi on a envie de mieux le connaître, de s’attacher à Lui, de le servir », ajoute l’abbé Cossement.
« Pour moi, la raison principale pour venir à ces rencontres-ci, c’est qu’on rencontre d’autres personnes qui ont la même foi que nous, donc on peut partager sur notre foi, comme ce n’est pas forcément possible à l’école ou dans la vie de tous les jours. Ça fait aussi une bulle d’air dans la semaine, parce que ça reste quand même un peu plus calme que la vie où souvent ça va un peu trop vite. Donc ça nous permet vraiment d’un peu lâcher prise sur notre semaine, qui est parfois un peu compliquée. Moi je veille à ce que dans le groupe il y ait un climat d’accueil, de bienveillance, d’encouragement, et ça, ça touche aussi, on a besoin d’un lieu où on peut être en paix au niveau affectif, je dirais, parce qu’on est épaulés par les autres », conclut le prêtre.
Texte : Marie Lebailly
Montage vidéo : Anaïs Marescaux
Sur les chemins du Diocèse (4/9) : Notre-Dame du Moulineau (UP de Mons)
Pour retrouver la quatrième étape de notre périple dans le doyenné de Mons-Borinage, direction Ghlin, dans l’UP de Mons. Chaque année, à l’Assomption, une procession dédiée à Notre-Dame du Moulineau traverse ses rues.
La chapelle Notre-Dame du Moulineau actuelle a été commanditée par le duc Charles de Croÿ au 17e siècle. Elle remplace l’oratoire fondé par un ermite local, lui-même remplaçant une ancienne chapelle située dans les bois. Aujourd’hui, la chapelle et ses abords sont entretenus par l’ASBL « Les Amis de Notre-Dame du Moulineau ». « Le reste est géré par la région Wallonne et nous travaillons en collaboration avec le propriétaire, enfin les propriétaires, la famille princière de Croÿ », explique Stéphane Page, président de l’ASBL.
Dans cette chapelle se trouve une statue de Notre-Dame du Moulineau. Il s’agit de la deuxième, car la première n’a pas résisté à l’épreuve du temps. « Ça rejoint la légende de l’ermitage et surtout du fils du meunier qui a sculpté la première statuette à l’effigie de sa mère », nous explique notre guide. « Il faut bien préciser Notre-Dame du Moulineau de Ghlin d’ailleurs, parce que des Moulineau, il y en a plusieurs », ajoute-t-il.
Des festivités multicentenaires
« La première procession à Notre-Dame du Moulineau a eu lieu en 1615, suite aux affres de la peste qui régnaient dans la région. Les habitants ont pour habitude de dire que Notre-Dame du Moulineau les a sauvés », nous raconte Stéphane Page. Lors des épidémies qui suivirent, comme celle de choléra en 1866, il était fréquent de ressortir la statue pour la porter en procession.
La chapelle de Ghlin est donc un lieu de pèlerinage. Si la grande procession annuelle a lieu aujourd’hui les 14 et 15 août, il y avait davantage de processions autrefois. « Notre-Dame du Moulineau n’a pas pour coutume de se déplacer, on vient ici en pèlerinage, ce n’est pas elle qui va à l’extérieur ». Une seule exception cependant : la procession de Mons, à laquelle elle participe depuis 1715. À l’occasion du centenaire de l’épidémie de peste, les confrères du Moulineau ont pu porter l’effigie de Notre-Dame de Ghlin à Mons par la porte du parc jusqu’au château de Mons.
La procession du 15 août est très locale. Comme Notre-Dame du Moulineau quitte rarement Ghlin, peu de personnes extérieures viennent y participer. « Les festivités en elles-mêmes se déroulent en deux temps. Nous avons une procession nocturne le 14 août au soir durant laquelle Notre-Dame, à la fin d’une cérémonie, quitte sa chapelle pour se rendre au cœur du village, dans l’église Saint-Martin & Saint-Corneille de Ghlin. Et le lendemain matin, elle fait le voyage retour, de l’église en sa chapelle, et tout ça avec un défilé historico-religieux, avec des cavaliers, comme pour une procession classique, des instruments de musique et autres, les sociétés locales principalement ».
Une jumelle canadienne
« Le plus remarquable concernant cette chapelle », poursuit notre guide, « c’est qu’elle a sa sœur jumelle au Canada. Il faut savoir que la maison attenante à la chapelle est louée depuis très longtemps – c’est une maison qui date du 19e – et le couple qui habitait là, c’était un montois venu s’établir à Ghlin et son épouse qui était de Nimy. Ils travaillaient tous les deux pour la compagnie Solvay, donc ils étaient tous les deux dans la chimie. Ils se sont expatriés pour leur employeur au Canada, et leurs deux fils ont été envoyés à la guerre. Donc en guise d’ex-voto, ils ont demandé à Notre-Dame du Moulineau d’intercéder en leur faveur pour leur ramener leurs deux fils vivants. Et ils sont revenus vivants ». Voilà comment une petite sœur de la chapelle a été bâtie sur un terrain privé au Canada, plus particulièrement à Montebello au Québec.
Texte : Marie Lebailly
Montage vidéo et photos : Anaïs Marescaux
Sur les chemins du Diocèse (3/9) : entraide Saint-Vincent de Paul (UP Marie Porte du Ciel)
Pour notre troisième étape, nous avons poussé les portes de l’Entraide Saint-Vincent de Paul à Jemappes. Un lieu d’entraide où l’aide ne se limite pas à la distribution de colis alimentaires.
Comme son nom l’indique, l’association Saint-Vincent de Paul de Jemappes est une antenne de Vincent de Paul Hainaut. Dans ses locaux, les étagères sont remplies de denrées alimentaires qui attendent d’être distribuées. Deux fois par mois, un mardi, les bénévoles distribuent des colis aux démunis de la région, principalement des villages de Jemappes et Flénu.
« Les gens se présentent ainsi le matin à partir de 8h30 jusqu’à midi. Et nous faisons la distribution de colis. Alors ils rentrent ici. Ils ont un numéro. On les pointe. Et on regarde s’ils peuvent avoir un colis alimentaire. Et après ils se présentent ici dans cette pièce d’accueil. Où on distribue les colis alimentaires », nous explique M. Pierre Borzée, membre de l’association.
La majorité des produits viennent des banques alimentaires européennes. Il s’agit notamment de conserve, de farine, de pâtes… « Nous bénéficions aussi un peu de ce qu’on appelle de la ramasse. C’est-à-dire que c’est d’un surplus de magasins qu’on peut obtenir des invendus de magasins. »
Être solidaires
Pour M. Borzée, la solidarité est une chose importante : « Je crois qu’on met en pratique un peu ici l’Évangile que nous entendons tous les dimanches à la messe. C’est quelque chose qui nous apporte beaucoup. Et le contact avec les gens, les problèmes que les gens qui vous expliquent, tout ce qu’ils ont comme problèmes financiers et autres, eh bien oui c’est important d’être là et d’être à leur écoute. »
Une belle équipe de bénévoles est engagée dans ce projet : six personnes pour la distribution, une pour la comptabilité, d’autres préparent les colis… Il faut aussi réceptionner les livraisons des banques alimentaires, les produits de la ramasse mais aussi les surgelés. Dans une pièce à part, les gens sont accueillis dans un petit bureau par les bénévoles qui les écoutent et préparent les dossiers.
« Moi je suis content bien sûr de faire l’équipe ici, parce qu’on s’entend très bien. Il y a une bonne ambiance. Il y a une très bonne humeur. Les gens d’ailleurs qui viennent ici chercher leurs colis, à mon avis sont très contents. Et disons ce que je pourrais ajouter, c’est qu’on a la chance d’avoir ici les paroisses, parce que financièrement ça, on est quand même beaucoup aidé par les paroisses. Et je crois, comme je l’ai dit tantôt, pour nous bénévoles, c’est que l’Évangile vraiment est au cœur ici du problème, mais il est bien aussi de faire sensibiliser les gens de nos paroisses, que l’entrée doit être soutenue par eux. »
Texte et photos : Marie Lebailly
Montage vidéo : Anaïs Marescaux
Sur les chemins du Diocèse (2/9) : la procession Saint-Roch à Angre (UP des Hauts-Pays)
Dans l’UP des Hauts-Pays, sur la route qui relie Angre à Marchipont, se trouve une chapelle dédiée à saint Roch. Point culminant du village, la chapelle permet d’embraser en un seul coup d’œil tous les environs. Par temps clair, le visiteur peut apercevoir pas moins d’une trentaine de clochers ! C’est ici que nous nous arrêtons pour l’étape du jour.
Pour comprendre l’histoire de cette chapelle, il faut remonter aux années 1849-1850, lorsqu’une épidémie de choléra traverse le pays et touche particulièrement la région de Liège et le Hainaut. Lorsque l’épidémie disparaît, les villageois décidèrent d’ériger une chapelle à saint Roch en remerciement. Une dévotion s’en est suivie, accompagnée d’un petit pèlerinage. Celle-ci avait disparu lorsque, à l’occasion du 150e anniversaire du bâtiment, le curé des lieux relança la tradition. Après une courte interruption, la procession reprit vigueur à la sortie de la pandémie de COVID, en 2021.
Maryse Jenard, personne-relais du clocher d’Angre, se souvient : « la procession est revenue après notamment le Covid en 2021. Et justement parce que nous n’avions plus de lieu de culte. Donc c’était l’occasion de rassembler les gens dans un lieu emblématique du village qui nous permettait d’avoir encore quelque chose de personnel parce que ça nous manquait. L’organisation de la procession se fait avec une équipe de bénévoles du monde associatif. Et c’est une ASBL qui nous prête ses locaux pour faire le repas et aussi pour préparer les costumes pour que les personnes puissent s’habiller et partir en procession. »
En raison de dégradations et d’actes de vandalisme, la chapelle est vidée de son contenu en dehors du temps de la procession. La paroisse souhaite la sécuriser et pour cela a fait appel à l’école de la Cordée, qui s’occupe en partie d’enfants qui ont des difficultés au niveau scolaire, pour réaliser un nouveau portail. En remerciement, ils seront invités à processionner et le repas leur sera offert.
Une nouvelle statue
La statue qui est portée en procession n’est pas celle d’origine. Alexis Pavone, son créateur, nous explique : « [La statue d’origine] était une statue en bois polychromé qui était en très mauvais état, qui a été stockée pendant de nombreuses années aux locaux communaux dans Les Honelles. Suite à ça, on a quand même fait une demande pour récupérer cette statue. On aurait souhaité l’utiliser, mais finalement ce n’était pas possible. Donc, étant restaurateur de statues d’église, j’ai récupéré une statue d’une paroisse voisine, d’une église voisine où cette statue était dans un clocher et ne servait plus à l’usage du culte. Donc on m’a généreusement donné cette statue que j’ai restaurée, et c’est cette statue qui actuellement est processionnée le jour de la Saint-Roch. »
La procession ne pourrait évidemment avoir lieu sans toute l’équipe de bénévoles qui s’active toute l’année : paroissiens, membres de la Fabrique d’église, gens du village proches de l’ASBL mais aussi habitants de villages voisins.
« Pourquoi on vient à la procession ? » se demande Maryse Jenard. « Je ne sais pas, peut-être pour retrouver quelque chose d’avant de ce qu’on a connu parce que je pense que là aussi il y a peut-être une nostalgie mais c’est aussi pour se rencontrer parce que c’est toujours très convivial et puis comme je vous dis il y a bien sûr la procession, il y a la prière mais il y a aussi le verre de l’amitié, il y a le repas. »
Texte : Marie Lebailly
Vidéo et photos : Anaïs Marescaux
Sur les chemins du Diocèse (1/9) : l’église de Wasmuël (UP de Quaregnon-Wasmuël)
C’est une église doublement centenaire qui nous accueille pour notre première étape sur les routes du doyenné de Mons-Borinage ! Bienvenue à Wasmuël, à la découverte de l’église Sainte-Vierge.
Située au cœur du village de Wasmuël (commune de Quaregnon), l’église de style néoclassique a été construite en 1826. Cette époque n’était cependant pas propice à une telle construction, comme nous l’explique M. Jean-Marie Cauchies, président de la Fabrique d’église et historien : « Nous sommes dans le cadre du royaume des Pays-Bas, c’est-à-dire un État réunissant la Belgique et les Pays-Bas actuels, avec un roi calviniste, Guillaume Ier, dont les rapports avec l’Église ne sont pas forcément des meilleurs. L’Église belge, d’ailleurs, fonctionne avec les moyens du bord, puisqu’il n’y a pas d’évêque titulaire. Il n’y a que des faisant-fonction, parce que le roi refuse de les nommer. Il y a simplement un archevêque à Malines en bonne et due forme. »
Parmi les éléments présents dans le bâtiment, notre guide pointe vers les fonts baptismaux (en calcaire carbonifère, des environs de 1840) et vers l’orgue du 19e siècle. Mais ce qui est à la fois une satisfaction et un gros souci pour le Conseil de Fabrique se trouve sur le mur au fond de l’église, de chaque côté de l’autel : deux peintures représentant les quatre évangélistes. Réalisées sur toiles marouflées vers 1900, elles ont été recouvertes d’un produit pour les camoufler lors de travaux de rénovation en 1980.
« Elles datent des environs de 1900, on ne sait rien sur leur réalisation. Le souci du Conseil de Fabrique serait de pouvoir, d’une manière ou d’une autre, pas forcément les restaurer, mais les mettre en valeur par des techniques à la recherche desquelles nous sommes depuis un certain nombre d’annéesn sans trouver exactement ce qu’il nous faut. D’autant plus que nous devons, bien sûr, limiter les coûts de l’opération. Mais ce serait incontestablement des éléments patrimoniaux à mettre en valeur. »
Wasmuël, clocher de la paroisse de Quaregnon
Si l’église est bicentenaire, l’histoire de la paroisse est bien plus ancienne : « Tout d’abord, très précisément en 1382, l’évêque de Cambrai [cette section du Hainaut faisant alors partie du diocèse de Cambrai, ndla], va autoriser l’installation d’un lieu de culte à Wasmuël, mais sous la dépendance, un secours, de l’église de Wasmes, beaucoup plus importante. Wasmes est une très vieille paroisse, et on sait encore aujourd’hui la place que tient Wasmes dans la dévotion à Notre-Dame, dans le Borinage, avec le célèbre tour de Wasmes du mardi de Pentecôte, qui d’ailleurs passe par Wasmuël. Alors à ce moment-là, nous avons donc un secours, et c’est un prêtre, bien sûr, disons, une sorte de vicaire qui vient assurer le culte. Cette chapelle va un peu se développer avec le temps, mais il faut bien dire qu’on n’en sait pas grand-chose. »
Vers 1726, un prêtre résident sur place est affecté au culte à Wasmuël mais il faut attendre 1803 pour qu’elle devienne une paroisse à part entière et que soit construite, plus de 20 ans plus tard, l’église actuelle. Récemment cependant, la paroisse de Wasmuël a cessé d’être indépendante pour rejoindre l’unité pastorale de Quaregnon-Wasmuël dont elle est devenue un clocher. « Une unité pastorale qui correspond très bien à la commune. Quaregnon comporte quatre paroisses et l’actuelle commune de Quaregnon est le fruit de la fusion, le 1er janvier 1977, de Quaregnon et de Wasmuël, sans plus. Donc il y a certainement une cohésion qui a sans doute été plus facile d’obtenir que dans d’autres communes ou entre d’autres paroisses où ce fut plus difficile. En tout cas, Wasmuël conserve sa spécificité, Wasmuël conserve son originalité, mais n’oublions pas qu’une fois encore, nous sommes dans un ensemble plus grand qui est celui de Quaregnon et que Wasmuël n’est certainement pas la moindre des églises de Quaregnon », conclut notre guide.
Texte et photos : Marie Lebailly
Montage vidéo : Anaïs Marescaux
Le service Com’ sur les chemins du diocèse!
Après le Tournaisis en 2024 et le Pays d’Ath en 2025, le service Communication du diocèse de Tournai a sillonné les routes du doyenné de Mons-Borinage, à la rencontre des acteurs de terrain. Découvrez des aspects méconnus de vos paroisses: lieux, bâtiments, groupes, personnes…
Chaque mercredi du 1er juillet au 26 août 2026, vous avez rendez-vous sur le site du diocèse et sur nos réseaux sociaux afin de découvrir un article, des photos et une vidéo sur un aspect d’une des paroisses du doyenné de Mons-Borinage. Ce projet est une façon de révéler des facettes inédites de la vie de nos paroisses ou du patrimoine qu’elles renferment.
Plusieurs projets ont été proposés par les curés ou les EAP des unités pastorales et nous en avons sélectionné un par UP.
Le service Com’ espère poursuivre le projet en faisant découvrir au fil des ans des facettes méconnues de chaque doyenné.

































