L’unité: un appel qui traverse l’Écriture!
D’un bout à l’autre du monde, d’un coin à l’autre de notre diocèse, les prières se sont partagées pendant plusieurs jours entre confessions diverses pour appeler à l’unité de tous les chrétiens. Dans l’atmosphère chaleureuse et accueillante de la petite église Saint-Martin de Landelies, protestants, orthodoxes et catholiques ont parlé d’une seule voix.
La Semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens 2026 s’est tenue du 18 au 25 janvier. Pour cette édition, prières et réflexions avaient été préparées par un groupe œcuménique coordonné par le Département des relations interconfessionnelles de l’Église apostolique arménienne. C’est dans le monde entier que rassemblements, veillées et célébrations ont été suscités par les diverses confessions chrétiennes afin de fêter la fraternité et la foi qui les unissent, et de prier pour tisser des liens toujours plus solides.
Dans le diocèse de Tournai, on a ainsi pu faire corps à Boussu, Dour, Mons, Tournai, Courcelles, Charleroi, Soignies,… ou encore à Landelies. Nichée au creux d’un méandre de la Sambre, à un jet de pierre des imposantes ruines de l’abbaye d’Aulne, l’église Saint-Martin a ouvert ses portes aux fidèles de toutes les paroisses environnantes. L’édifice n’est pas bien grand. Musique douce, sourires et mots d’accueil pour chacun : dès qu’on en franchir le seuil, on s’y sent accueilli, comme dans un cocon, une parenthèse dans le bruit du monde. La chorale, venue de la paroisse voisine de Montigny-le-Tilleul, s’installe. Les chaises libres disparaissent une à une. Le père orthodoxe Nikolaos prend quelques photos avec son smartphone pour garder un souvenir de la soirée.
Un témoignage commun
En prélude à l’une des lectures du jour, l’abbé Marc Mincke, responsable de l’UP de Marchienne-au-Pont, accueille «les Éphésiens de 2026» que nous sommes. «En toute humilité et douceur, avec patience supportez-vous les uns les autres dans l’amour; appliquez-vous à garder l’unité de l’esprit par le lien de la paix», dit l’apôtre Paul. «En cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous ne sommes pas rassemblés pour célébrer une unité déjà parfaite, mais pour accueillir un appel», dit le pasteur Michel Gazon au cours de sa prédication. «Un appel qui traverse l’Écriture, un appel qui traverse l’histoire de l’Église, un appel qui traverse nos propres divisions.»
Que ce soit Isaïe, Paul ou Jean, tous nous parlent, chacun à leur manière, «d’une unité qui se vit, d’une lumière qui se reçoit, et d’une espérance qui se met en marche». Le ministre du culte protestant insiste: «L’unité avec Dieu ne peut être dissociée de la manière dont nous traitons les autres. (…) La lumière de Dieu ne brille pas seulement dans nos paroles ou nos prières, mais dans une vie réconciliée, dans des gestes concrets de libération, de partage et de solidarité. (…) L’unité des chrétiens n’est pas seulement une question de dialogues théologiques, elle est aussi un témoignage commun rendu au monde, lorsque nous choisissons ensemble de servir, de relever et de guérir. (…) Aucune tradition, aucune Église, aucune culture ne peut prétendre contenir à elle seule la plénitude du Christ.»
Partager la lumière
Avant que ne résonne l’hymne «Tous unis dans l’Esprit», les cierges distribués à l’assemblée s’allument un à un. La lumière circule, elle se donne et se reçoit, elle se partage. «Croire en la lumière, ce n’est pas seulement adhérer à une vérité, c’est choisir un chemin», avait lancé Michel Gazon. Le chemin de la confiance, de la réconciliation et de l’espérance. «Dans un monde marqué par les ténèbres de la violence, de la guerre, de la méfiance, notre unité –même fragile, même inachevée– devient déjà un signe lumineux.»
Et puisque l’unité n’est pas seulement à fabriquer mais bien à recevoir et à vivre au quotidien, c’est tout naturellement autour d’un verre que toutes et tous se sont rassemblés, au fond du petit édifice. Pour parler encore, faire connaissance, apprendre à mieux se connaître, s’accueillir les uns les autres. Ce vendredi soir sur la Terre, il y avait comme un air de paix et d’ouverture à l’Autre, dans une petite église nichée au creux d’un méandre de la Sambre…
Agnès MICHEL


















