Des catéchumènes adultes de tous horizons autour de l’évêque

Des catéchumènes adultes de tous les horizons autour de Mgr Rossignol

Ils et elles viennent de tout le diocèse de Tournai. Parfois à peine majeurs, parfois déjà bien établis dans la vie. À quelques semaines de la célébration de l’Appel décisif, ces dizaines de catéchumènes sont venus à Tournai pour rencontrer l’évêque du diocèse dans lequel ils recevront le baptême.

Chaque année, l’Église accueille de nouveaux membres. Il y a les tout jeunes enfants, bien sûr. Mais il y a aussi toutes celles et tous ceux –de plus en plus nombreux– pour qui les parents n’ont pas souhaité demander le baptême et qui entament un parcours de foi très personnel. Certains y pensent depuis des années et ont maintenant senti que c’était le bon moment, «leur» moment, pour répondre à l’appel du Christ dans leur vie. D’autres se sont mis en route plus récemment. Parce qu’ils vont devenir parrain ou marraine, parce qu’ils vont bientôt se marier, parce que des échanges avec un prêtre, avec un ami, une compagne ou un compagnon croyant les ont touchés.

Une semaine après avoir rencontré les catéchumènes adolescents, le nouvel évêque de Tournai, Mgr Frédéric Rossignol, a pris le temps de découvrir ces adultes pleins d’enthousiasme, de questions, de joie. Rendez-vous avait été donné en début d’après-midi au Séminaire de Tournai, en ce dimanche 1er février 2026. Et il fallait bien une aussi grande et belle bâtisse pour accueillir les dizaines de catéchumènes et leurs accompagnants. Au programme, une rencontre en groupes plus restreints avec l’évêque, mais aussi des moments de partage d’Évangile, de prière à la chapelle, de découverte de l’Appel décisif ou encore de réflexion autour d’un chant.

Un cadeau que l’on reçoit

Pendant le temps de rencontre avec Mgr Rossignol, les catéchumènes se sont présentés un à un. Ils ont donné leur prénom, celui qui sera prononcé à l’Appel décisif devant la communauté rassemblée. L’exercice n’est pas toujours facile. Un peu intimidant sans doute, parce qu’il faut parler devant un groupe, devant un évêque, pour exprimer l’indicible, un appel mystérieux, un parcours de vie. Ils ont 18 ans tout juste, mais aussi 30, 50 et même 71 ans. Beaucoup disent que leurs parents n’ont pas demandé le baptême pour eux parce qu’ils voulaient laisser le choix à leur enfant.

Certains sont très émus, quelques larmes de joie font briller les yeux. Florence, issue d’une famille profondément anti-catholique, n’a pendant des années pas eu la force de parler à ses proches, de s’opposer à eux. Aujourd’hui maman d’une fille adolescente qui souhaite recevoir le baptême, elle a franchi le pas et vit son parcours aux côtés de sa fille. Alexandra, elle, s’est rendue compte qu’elle ne pouvait avancer seule dans son existence et qu’elle avait besoin de quelque chose de plus grand qu’elle. Deux jeunes étudiants en médecine, confrontés à la souffrance de leurs patients, ont aussi découvert la paix et la sérénité apportée par la foi.

Beaucoup parlent de signes reçus dans leur vie, de la bienveillance ressentie en s’approchant de l’Église, d’épreuves difficiles qui ont renforcé leur envie de se rapprocher de Dieu, de la joie de se sentir «aligné», de vivre les choses pleinement. 

Une foi que l’on nourrit

Avec beaucoup de simplicité et de sincérité, Mgr Rossignol leur a alors partagé sa propre expérience. S’est interrogé. «La foi est un cadeau. Pourquoi certains le reçoivent-ils et d’autres non? C’est un peu mystérieux.» Et il insiste: «Mais la foi est aussi un engagement, une responsabilité. Car si on vit sa foi de manière très personnelle, sans l’entretenir, il y a un risque de la voir disparaître. C’est important de partager ensemble comment la Parole de Dieu nous aide à vivre comme chrétiens, de nous soutenir.»

Le 101e évêque de Tournai invite tous ces futurs baptisés à trouver des lieux pour partager leur foi après leur baptême et à rester eux-mêmes. À avoir le courage de donner la priorité à Dieu, au-delà des distractions du monde. Et à être persévérants. «Ce n’est pas facile de se dire chrétien dans la société d’aujourd’hui. Il y a beaucoup de critiques contre l’Église. Il y a les abus, bien sûr… Mais aussi beaucoup de gens qui connaissent mal l’Église. Quand on la découvre, on voit aussi la gentillesse, la bienveillance. La foi n’est pas quelque chose de magique, ce n’est pas parce qu’on l’a aujourd’hui qu’on l’aura toujours, c’est comme une plante qu’on arrose. Nous sommes appelés à être témoins de la foi dans notre vie. Ne pas seulement voir ce que la foi m’apporte à moi, mais voir aussi comment on peut ‘servir’. La foi ne fait pas de nous des gens meilleurs que les autres, mais elle nous fait grandir en générosité.»

Une tradition qui se transmet

C’est ensuite à la cathédrale toute proche que s’est poursuivi l’après-midi. Catéchumènes et accompagnants ont pu prendre part aux vêpres dominicales. L’occasion pour l’évêque d’expliquer la place et le sens de la cathèdre, de parler de l’histoire de cet édifice classé au patrimoine de l’Unesco: «Une histoire de plus de 850 ans. Cela veut dire que depuis tout ce temps, des milliers, des millions de gens sont venus ici pour prier.» Une prière pouvant prendre tant de formes différentes; silencieuse, chantée, s’appuyant sur des psaumes de louange, de supplication; dans laquelle on apprend aussi à porter ce que les autres vivent.

«On n’a pas besoin d’être quelqu’un de très instruit ou avec de grandes responsabilités pour être chrétien, la foi s’adresse d’abord à notre cœur. On apprend, en communauté, à se regarder, à s’écouter. Comme on l’a vu aujourd’hui avec vous, qui venez d’horizons différents…»

Avant de se quitter et de rentrer dans leur unité pastorale, les catéchumènes se sont levés. Autour d’eux, le reste de l’assemblée a récité le Credo. Une transmission de génération en génération du symbole de la foi chrétienne. Comme un cadeau…

A. MICHEL  

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