Une foi que l’on nourrit
Avec beaucoup de simplicité et de sincérité, Mgr Rossignol leur a alors partagé sa propre expérience. S’est interrogé. «La foi est un cadeau. Pourquoi certains le reçoivent-ils et d’autres non? C’est un peu mystérieux.» Et il insiste: «Mais la foi est aussi un engagement, une responsabilité. Car si on vit sa foi de manière très personnelle, sans l’entretenir, il y a un risque de la voir disparaître. C’est important de partager ensemble comment la Parole de Dieu nous aide à vivre comme chrétiens, de nous soutenir.»
Le 101e évêque de Tournai invite tous ces futurs baptisés à trouver des lieux pour partager leur foi après leur baptême et à rester eux-mêmes. À avoir le courage de donner la priorité à Dieu, au-delà des distractions du monde. Et à être persévérants. «Ce n’est pas facile de se dire chrétien dans la société d’aujourd’hui. Il y a beaucoup de critiques contre l’Église. Il y a les abus, bien sûr… Mais aussi beaucoup de gens qui connaissent mal l’Église. Quand on la découvre, on voit aussi la gentillesse, la bienveillance. La foi n’est pas quelque chose de magique, ce n’est pas parce qu’on l’a aujourd’hui qu’on l’aura toujours, c’est comme une plante qu’on arrose. Nous sommes appelés à être témoins de la foi dans notre vie. Ne pas seulement voir ce que la foi m’apporte à moi, mais voir aussi comment on peut ‘servir’. La foi ne fait pas de nous des gens meilleurs que les autres, mais elle nous fait grandir en générosité.»
Une tradition qui se transmet
C’est ensuite à la cathédrale toute proche que s’est poursuivi l’après-midi. Catéchumènes et accompagnants ont pu prendre part aux vêpres dominicales. L’occasion pour l’évêque d’expliquer la place et le sens de la cathèdre, de parler de l’histoire de cet édifice classé au patrimoine de l’Unesco: «Une histoire de plus de 850 ans. Cela veut dire que depuis tout ce temps, des milliers, des millions de gens sont venus ici pour prier.» Une prière pouvant prendre tant de formes différentes; silencieuse, chantée, s’appuyant sur des psaumes de louange, de supplication; dans laquelle on apprend aussi à porter ce que les autres vivent.
«On n’a pas besoin d’être quelqu’un de très instruit ou avec de grandes responsabilités pour être chrétien, la foi s’adresse d’abord à notre cœur. On apprend, en communauté, à se regarder, à s’écouter. Comme on l’a vu aujourd’hui avec vous, qui venez d’horizons différents…»
Avant de se quitter et de rentrer dans leur unité pastorale, les catéchumènes se sont levés. Autour d’eux, le reste de l’assemblée a récité le Credo. Une transmission de génération en génération du symbole de la foi chrétienne. Comme un cadeau…
A. MICHEL























