Banneux : un pèlerinage aux accents de paix et d’amitié

Banneux: un pèlerinage aux accents de paix et d’amitié

Près de 230 pèlerins du diocèse de Tournai ont remis leurs prières, leurs fragilités et leurs inquiétudes entre les mains de la Vierge des Pauvres. Aux côtés des malades et des hospitaliers venus pour un Triduum dans le sanctuaire marial, ils ont vécu une journée de ressourcement, de bienveillance et de confiance.

Pas moins de quatre cars ont quitté le diocèse hennuyer, au petit matin du mercredi 15 avril 2026, pour rallier Banneux, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Liège. Partis de Tournai, Ath, Saint-Ghislain et Soignies, ils se sont arrêtés à plusieurs reprises sur la route pour emmener de nouveaux pèlerins. Au cours du trajet, les voyageurs ont vécu l’office des Laudes: «un office joyeux orienté vers l’action de grâce, qui rend hommage à Dieu pour le début de la nouvelle journée qui commence», explique le petit carnet de la journée, reçu un peu plus tôt.

Trois petites heures après le départ, les cars arrivent un à un au sanctuaire de Notre-Dame de Banneux. Le car qui a emmené Mgr Rossignol, le nouvel évêque de Tournai, au milieu des pèlerins les plus à l’ouest du diocèse, a été retardé par quelques embouteillages. Mais il est à peine plus de 10h quand tout le monde entame le chemin de prière, sous les arbres du domaine, faisant plusieurs haltes avant de rejoindre la source. Un chemin pour se recueillir, pour sentir le calme entrer dans son cœur, pour prier pour la paix.

«Poussez vos mains dans l’eau»

Car cette année, le sanctuaire a choisi comme thème «Conduis nos pas au chemin de la Paix». Dans un monde bousculé par les conflits, le repli sur soi et la violence, plus que jamais les chrétiens sont appelés à se faire artisans de cette paix à laquelle aspirent les populations aux quatre coins de la planète et pour laquelle le pape Léon ne cesse d’œuvrer.

Devant la source, c’est encore la paix qui est invoquée: «La seule arme de Jésus, c’est l’amour. Nous pouvons avoir l’impression que la haine est plus forte que tout (…) mais par le don de sa vie (…) il a vaincu la haine et fait triompher la vie.» Dans le recueillement, les pèlerins s’avancent vers l’eau qui coule et suivent la recommandation inscrite sur la vasque: «Poussez vos mains dans l’eau». Certains plongent les mains dans l’eau fraîche, d’autres s’en lavent le visage, d’autres encore remplissent des gourdes.

Le Hainaut et l’Alsace réunis

Pour sa première venue au sanctuaire en tant qu’évêque, c’est Mgr Frédéric Rossignol qui préside l’eucharistie dans la grande église de la Vierge des Pauvres. Les pèlerins d’un jour y rejoignent les malades et hospitaliers qui sont venus pour une semaine à Banneux. Une petite centaine de ces derniers viennent du diocèse de Tournai, mais nombreux sont celles et ceux qui sont arrivés de divers diocèses alsaciens. Le recteur des lieux, l’abbé Leo Palm, est heureux d’accueillir le nouveau pasteur du Hainaut: «Cette journée restera dans les annales du sanctuaire», lance-t-il dans un grand sourire.

L’évêque est lui aussi heureux d’être là. Les lieux de pèlerinage sont pour lui des lieux de grâce personnelle et de communauté, dans lesquels on lie des amitiés et où l’on peut surtout trouver la paix du cœur. Il en est persuadé, cette paix intérieure est essentielle pour bâtir la paix dans le monde. Et de paraphraser l’abbé Guy Gilbert, le «prêtre des loubards» bien connu pour son franc-parler: «S’il y a une guerre dans le monde, c’est parce que je me suis enguirlandé ce matin avec mon voisin de palier!» La phrase peut prêter à sourire. «Et ce matin, nous nous sommes levés très tôt, nous avons eu peu de chances de croiser nos voisins», plaisante Mgr Rossignol. Et pourtant…

Les bénévoles: un miracle quotidien

Et pourtant ce sont les jalousies et les rivalités qui attisent les conflits. L’Évangile, lui, parle d’écoute. «La Parole de Dieu nous fait entrer dans une histoire de foi qui dépasse notre vécu personnel. Se mettre à l’écoute, c’est faire silence, ne plus être au centre.» Faire taire ses envies personnelles pour accueillir d’autres points de vue, c’est la logique de Notre-Dame des Pauvres, insiste l’évêque dans son homélie. Être pauvre devant l’autre, ne pas utiliser son autorité, ne pas revendiquer, une position qui nous permet alors d’accueillir l’autre, d’accueillir l’inattendu.

Avant d’inviter tous les pèlerins au repas, le recteur retient encore un instant l’assemblée. Il veut saluer les innombrables bénévoles qui œuvrent à Banneux. «Sans eux, il n’y aurait pas de pèlerinages!» Et quand parfois on lui demande s’il a déjà assisté à un miracle, l’abbé Leo Palm répond sans hésitation: «J’en vois tous les jours au sanctuaire, avec l’action des bénévoles.» Quatre d’entre eux ont d’ailleurs été fêtés et médaillés ce mercredi pour leur présence assidue auprès des malades de Banneux.

L’après-midi, un temps d’adoration allait rassembler une nouvelle fois tous les pèlerins présents, malades en première ligne, dans la grande église. Dans les trois langues nationales, chants et prières mais aussi silence et recueillement se sont succédé. Et toutes les voix se sont mêlées dans un dernier Ave Maria à la Vierge des Pauvres.

Agnès MICHEL

   

© Copyright - ASBL Evêché de Tournai