En prison, bénévolement…
Au terme d’une carrière d’enseignant et de permanent syndical, Marc Mansis exerce une mission d’aumônier bénévole en prison.
Comment t’est venue l’idée d’être aumônier de prison ?
Ce n’est pas vraiment une idée qui germe au hasard de la vie mais cela répond à un véritable appel que j’ai mis du temps à percevoir. J’avais débuté en tant que visiteur à la prison de Mons. J’ai aussi fait partie d’une commission de surveillance pénitentiaire mais cela ne répondait pas à cette aspiration plus profonde : « J’étais en prison et tu m’as visité ». Les circonstances de la vie m’ont permis de rencontrer une religieuse aumônière à la prison de Haren, laquelle m’a mis en contact avec l’aumônerie générale des prisons francophones et, de fil en aiguille, après un entretien avec le responsable et un stage de six mois, j’ai pu rejoindre les collègues de Leuze-en-Hainaut et de Mons.
Comment se passe ta journée en prison ?
Une bonne partie de la journée est consacrée à des entretiens individuels avec les personnes détenues. Il y a les personnes que l’on suit tout au long de leur séjour, d’autres que l’on voit de manière plus ponctuelle. Notre présence répond toujours à une demande. Et puis, il y a l’organisation du culte (les célébrations hebdomadaires qui sont toujours des temps forts, tout particulièrement à Noël et Pâques). Occasionnellement, il peut arriver que l’on accompagne une personne détenue lors d’une sortie autorisée pour une formalité administrative, un rendez-vous médical ou autre.
En quoi la mission d’un aumônier est-elle importante ?
La mission de l’aumônier est une mission d’Eglise. C’est l’évêque du lieu qui nous envoie. On garde à l’esprit que l’on n’est pas là en son nom propre et il nous tient à cœur de témoigner de notre foi, de la miséricorde infinie du Christ pour chaque être humain, qui qu’il soit et quoi qu’il ait pu faire. Il nous est donné d’ailleurs d’assister à de belles conversions. Les personnes détenues sont nos sœurs et frères en Christ. On se fait souvent d’elles une idée très caricaturale. Etre à leurs côtés, leur permettre de découvrir la force de la Parole qui libère, remet debout et ouvre LE chemin. A chaque rencontre, il y a la personne détenue, l’aumônier et Celui qui nous a appelé !
En quoi la présence de l’Église est-elle utile dans cet univers fermé ?
Jésus a toujours été proche des exclus, des pauvres et des marginaux. « Je ne suis pas venu pour appeler à la repentance des justes mais des pécheurs » (Luc, 5). La prison est ce lieu où échouent de nombreuses misères et pauvretés, qu’elles soient familiales, affectives, économiques, sociales ou autres. On y rencontre très souvent des personnes cabossées, malmenées par l’existence, parfois victimes dès leur naissance, confrontées au rejet et à la violence de leur entourage. Leur témoigner cette Espérance absolue, cet amour inconditionnel et ce pardon infini, libérateur est source de vie.
Y a-t-il des conditions et compétences requises pour exercer cette mission ?
On parle bien d’une mission et non d’une fonction quelconque, tout noble qu’elle puisse être. On est envoyé parce que l’on a pu discerner un appel. C’est une mission qui se vit dans une profonde humilité, une écoute bienveillante et un esprit de partage. Si on est tenté de croire que l’on « donne », on se rend très vite compte que l’on reçoit bien plus. Les temps de ressourcement personnel et en équipe sont essentiels, de même que la prière. Un aumônier n’est ni un psychologue ni un assistant social. Le stage d’entrée et les formations continues que nous suivons comme aumôniers permettent de mettre en lumière les spécificités de la mission.
Proposition de bénévolat : Aumônier de prison (h/f)
Jamioulx : Offre d’emploi – Aumônier de prison à mi-temps
Leuze et Tournai : Offre d’emploi – Aumônier de prison à mi-temps
















