Les animateurs pastoraux se ressourcent à Ath
C’est à la découverte d’Ath et de ses géants que sont partis les animateurs pastoraux le temps d’une matinée de ressourcement. Dans une ambiance festive, ils ont exploré les dimensions religieuse, historique et culturelle de la ducasse d’Ath avant de vivre une messe d’action de grâce pour le chemin parcouru.
Quelques jours après la ducasse de Mons, c’est avec les géants et la ducasse d’Ath que des visiteurs un peu particuliers ont poursuivi les festivités, le 4 juin 2026. Ath est ainsi devenu, le temps d’une matinée, le nouveau lieu de ressourcement des animateurs pastoraux. Un changement qui tranche avec la Maison diocésaine de Mesvin, Ath étant une ville avec davantage d’animations, d’autant plus un jour de marché.
Cette ultime rencontre du calendrier pastoral est souvent très attendue des animateurs, car elle marque la fin d’un cycle et respire les vacances futures. Un dernier moment de rassemblement avant le repos bien mérité de ces acteurs de terrain. Traditionnellement, cet événement permet aussi à l’évêque en place de remercier ses collaborateurs pour le travail réalisé pendant l’année. Mgr Rossignol a voulu perpétuer cette tradition en se rendant disponible pour les remercier mais aussi pour être en contact et partager avec eux leurs réalités parfois difficiles.
Tout en s’amusant, les participants ont pu découvrir de nouvelles anecdotes sur la ducasse, incontournable événement athois. Dans la Maison des Géants, certains ont même pu se mesurer à Goliath en visant dans le trou d’une réplique du géant avec une balle pelote. Un moyen simple de se mettre à la place de l’enfant de 10 ans qui joue le rôle de David lors de la reconstitution du célèbre combat biblique pendant la ducasse.
Au pays des géants
Au fil du temps, les coutumes ont beaucoup évolué dans nos régions. Pour mieux les comprendre aujourd’hui, il faut faire un bond de quelques siècles en arrière. C’est cela qui a été proposé aux animateurs pastoraux. Parce que l’Église est une Église dans le monde de ce temps (cf. Gaudium et Spes), les laïcs engagés doivent être particulièrement attentifs à connaître l’environnement dans lequel ils évoluent pour pouvoir rejoindre les personnes qui frappent à la porte de l’Église. La réalité du XXIe siècle est très différente de celle du XVe siècle, avec une société qui se sécularise de plus en plus.
En passant d’une tradition religieuse à une tradition sécularisée, la ducasse d’Ath est un bon exemple de ce basculement. La découverte de la Maison des Géants et de la ducasse athoise est donc un excellent choix pour comprendre ce passage vers la société contemporaine. En effet, cette festivité où processionnent les géants a vraiment changé de visage au fil du temps. Elle a perdu petit à petit son caractère religieux, qui n’a toutefois pas totalement disparu.

À l’origine, la ducasse comprenait une procession constituée de géants mais également de tableaux vivants. Sur les chars se jouaient des scènes de la Bible comme l’Annonciation ou la Transfiguration. Plusieurs géants –comme Goliath ou Samson– sont d’ailleurs directement tirés de l’Ancien Testament. Ils sont encore présents aujourd’hui à la ducasse.
Les Athois ont aussi à cœur de mettre en lumière des personnages emblématiques de leur histoire, comme Virginie Cotel, l’épouse du directeur de l’Académie de dessin du XVIIIe siècle, qui a inspiré Madame Goliath. Mais également leur savoir-faire avec la reconstitution d’une équipe pour créer de la dentelle athoise ou encore la capacité physique des porteurs qui transportent et parfois font danser les géants sur leur dos. Une lourde charge, un géant pouvant peser jusqu’à 130 kilos!
À l’écoute
Lors de la célébration qui a suivi la visite au musée, un remerciement particulier a été adressé à tous par l’évêque, qui a reconnu être «impressionné par le dynamisme des bénévoles et des laïcs consacrés». Le vicaire général, l’abbé Olivier Fröhlich, les a également remerciés durant le temps de convivialité par quelques mots simples mais qui rassurent, reconnaissant le dévouement de chacun aux missions que porte l’Église en Hainaut.
Mgr Rossignol a ensuite fait le lien avec la visite guidée ayant eu lieu un peu plus tôt. La foi, comme la ducasse, est loin d’être une affaire personnelle. Elle n’a pas pour objectif d’être centrée sur elle-même, mais elle revêt une dimension communautaire. Dieu invite chaque membre de son Église à être généreux envers soi-même mais aussi envers les autres. «À prendre sa croix et à le suivre» (Mt 16,24), ce qui ne consiste pas en une vision doloriste mais davantage en un appel à la générosité.
Se tourner vers les autres conduit à les écouter, une posture qui n’est pas facile aujourd’hui. L’évêque de Tournai le reconnaît: «Se mettre à l’écoute, c’est difficile, ça fait appel à nos propres limites et en même temps, ça nous fait grandir.» Accueillir l’autre avec ses joies et ses difficultés demande du travail sur soi-même. Un chemin de conversion qui est souvent lent, tant pour soi-même que dans les communautés chrétiennes.
Anaïs Marescaux




























