Fratelli tutti: une rencontre interdiocésaine à Charleroi

Fratelli tutti: une rencontre interdiocésaine à Charleroi

Ils sont venus de Liège, Namur, Bruxelles, mais aussi de Charleroi, Roux ou Mons. Plus de 60 membres de groupes de partage de la Parole Fratelli tutti, la plupart confrontés quotidiennement à la précarité, ont convergé vers l’église Saint-Antoine de Padoue. Pour partager la joie de l’Évangile.

En général, ils se réunissent une fois par mois. Certains groupes ne comptent qu’une poignée d’habitués, d’autres sont plus fournis. Mais tous se retrouvent pour se sentir frères et sœurs sur un même chemin, pour se nourrir d’une Parole et comprendre ensemble comment elle éclaire leur vie, et pour s’entraider, dans leurs parcours de vie parfois difficiles. Pour la première fois, une initiative interdiocésaine a voulu les rassembler et c’est en Hainaut qu’ils se sont donné rendez-vous.

Pour briser la glace et faire connaissance, un jeu de Bingo a lancé cette journée du 6 juin 2026, à l’église Saint-Antoine de Padoue, dans la «ville basse», à Charleroi. Soucieux de remplir leur grille de questions, les participants circulent, se parlent, s’interrogent: qui a déjà fait du skateboard? qui aime manger épicé? qui parle espagnol? Mgr Rossignol, qui participe à la journée, se prête au jeu.

Un esprit de partage

Afin de se présenter les uns aux autres, les groupes Fratelli tutti des différents diocèses francophones ont apporté un objet symbolique. Certains se sont donné un nom, d’autres ont écrit un chant. Il y a «Les Bons Amis», de Charleroi. Les Namurois ont réalisé un gâteau de papier multicolore, où chaque bougie représente un membre. Bruxelles compte des représentants des Marolles, de Bruxelles-Nord ou de Forest. Roux a apporté une petite maison baptisée «la maison des enfants de l’Espérance». «Car on espère tous un monde meilleur, avec plus de paix, moins de faim et de guerres…»

«Que sommes-nous venus faire ici aujourd’hui?», avait demandé un peu plus tôt Anne De Smedt, responsable diocésaine de la solidarité du diocèse de Tournai… «Nous sommes venus boire du café, manger des biscuits, on va chanter et partager plein de choses sur notre vie et sur des textes de la Bible. On va se mettre en présence du Seigneur et se demander comment Il éclaire notre vie.»

Alors chacun.e se dirige vers l’un des six ou sept cercles de chaises qui ont été disposés dans l’édifice. Le texte choisi ce matin-là est tiré de l’Évangile de Marc. Il évoque les scribes, en vêtements d’apparat, qui aiment les places d’honneur. Tandis que les plus riches donnent de grosses sommes d’argent, dans la salle du trésor du Temple, une pauvre veuve ne dépose que deux petites pièces de monnaie. Mais ces deux pièces valent plus que toutes les autres oboles. Parce que la veuve a mis là tout ce qu’elle possédait… Un texte qui fait réfléchir. Suscite les échanges. Certains parlent, d’autres pas. Donner, recevoir… Dans les petits groupes, des situations de vie parfois douloureuses émergent.       

Écouter Dieu à travers l’autre

Après un temps de repas convivial pour lequel il a fallu «grimper» jusqu’à la maison Harmignie, à la «ville haute», et où les conversations se sont poursuivies avec animation, retour à Saint-Antoine de Padoue. On relit encore une fois la Parole découverte en matinée. Mgr Rossignol explique l’importance de l’écoute et du partage. «Écouter la Parole, ce n’est jamais facile. Il y a beaucoup de bruit dans nos têtes.» Et cette Parole est d’autant plus riche quand elle fait écho à notre vie personnelle: «Dieu a toujours quelque chose à me dire», insiste l’évêque de Tournai.

Cette Parole, elle se donne, pour tout le monde. Avec nos parcours de vie différents, notre état de forme du moment, les situations que l’on traverse, on ne reçoit sans doute pas cette Parole de la même façon. «Mais quand on s’écoute les uns les autres, l’autre devient Parole de Dieu pour moi. J’écoute Dieu à travers ce que l’autre me dit.»  Et cette Parole est là aussi pour encourager les chrétiens à transmettre l’amour qu’elle contient par des gestes concrets, dans la société qui les entoure.

Voir ce que d’autres ne voient pas…

Profitant du temps qui lui a été octroyé, Mgr Frédéric Rossignol revient encore sur le texte du jour. Invite les participants à se rappeler, chaque fois qu’ils entrent dans une église, que ce lieu est un lieu sacré où des générations de fidèles ont prié et continuent de prier. À être attentifs aux autres. «Ce qui fait de nous des chrétiens, c’est de voir ce que d’autres ne voient pas.» Petits gestes discrets de générosité, signes de foi, témoignages d’humanité.

Avant de se quitter et de repartir dans leurs diocèses respectifs, toutes les personnes présentes sont passées devant l’évêque de Tournai. À chacune, il a remis une petite croix, bénie par le Cardinal Pietro Parolin lors de sa venue en Belgique quelques mois plus tôt. Gravés avec soin sur le bois clair, les mots «Fratelli tutti»…

Agnès MICHEL

Toutes les photos de la journée dans notre album

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