Jubilé de l’église Saint-Géry de Villers-la-Tour

Jubilé de l’église Saint-Géry de Villers-la-Tour

À l’occasion du cinquantième anniversaire de la construction de l’église de Villers-la-Tour (UP de Chimay-Momignies), des festivités ont été organisées dans la paroisse.

Le vendredi 7 août 2026 à 16h a été organisée, au cimetière de Salles, une cérémonie de bénédiction des tombes des abbés Jules Delcroix et Victor Taecke en présence des autorités communales et d’un bon nombre de fidèles. Après cet hommage, présidé par l’abbé Apollinaire Bounkazi, curé de l’unité pastorale de Chimay-Momignies, des gerbes de fleurs ont été déposées sur les tombes.

Le dimanche 9 Août, c’est visiblement avec beaucoup de joie et de bonheur, dans une ambiance à la fois solennelle et festive que les paroissiens et les amis de l’église Saint-Géry se sont rassemblés pour célébrer, au cours d’une eucharistie, le jubilé des cinquante ans de de l’église du village. Notre curé, l’abbé Apollinaire Bounkazi, notre évêque, Mgr Frédéric Rossignol, et notre bourgmestre Tanguy Dardenne se sont adressés successivement à l’assemblée.

L’abbé Apollinaire a souhaité la bienvenue à Mgr Frédéric Rossignol, évêque de Tournai, à M. Tanguy Dardenne, bourgmestre de Chimay, à Mme Corinne Hansez, échevine du culte de Momignies, aux échevins de Chimay et Momignies, aux présidentes des CPAS des deux communes, Mesdames Genova et Brousmiche, aux paroissiens et paroissiennes, aux jeunes en particulier, et aux bienfaiteurs et bienfaitrices. Il a salué M. Jean-Marc Monin, bourgmestre de Momignies, empêché pour la circonstance.

Plein de gratitude, il s’est réjoui de la présence de notre évêque, signe visible de notre communion avec l’Église universelle et de celles des autorités civiles qui sont au service du bien commun et de la cohésion de nos villages. Des liens très forts sont ainsi établis entre les communautés civiles et religieuses.

Cœur battant de la communauté

Ses pensées se sont tournées vers la mémoire de l’abbé Taecke qui fut réellement un visionnaire et la cheville ouvrière de la construction de cette église bâtie il y a cinquante ans avec l’aide de nombreux bénévoles. Il a rendu un hommage appuyé à tous ceux qui l’ont soutenu à l’époque ainsi qu’au comité des fêtes actuel qui a fait preuve d’une disponibilité exceptionnelle.

En ce jour du cinquantenaire de la dédicace de cette belle église, il s’est réjoui qu’elle soit  devenue le cœur battant de la communauté, un havre de paix, un lieu de rassemblement, un lieu où la communauté célèbre ses joies, ses douleurs, ses espérances, ses mariages, ses baptêmes, ses moments d’unité.

Il remercié les jeunes qui sont l’avenir de  cette communauté, les paroissiens qui, jour après jour, par leur présence et leur fraternité, permettent à cette église d’ouvrir ses portes à tous, sans distinction, et d’y faire rayonner une belle liturgie.

Il a souhaité que ce jubilé ne soit pas seulement un regard vers le passé mais un élan vers l’avenir que cette église continue d’être un lieu d’accueil et d’espérance.

Prendre du recul

C’est Mgr Rossignol qui, au cours de l’eucharistie, commenta l’Évangile. Il commença par souligner combien il est original d’entrer dans une église où sont mises en évidence et en valeur, les paroles de l’évangile. Il nous révèle à l’occasion sa devise « mirabilia fecit. ».

Cette expression biblique nous invite ainsi à regarder le passé avec émerveillement et à reconnaitre la présence de Dieu dans notre vie personnelle, familiale et même sociétale. Nous ne pouvons pas être chrétiens en maudissant notre époque et nos contemporains, comme si tout était parfait dans les temps anciens. D’ailleurs, Jésus lui-même dans l’évangile de ce jour, apprend une nouvelle réellement horrible, la mort par décapitation de son cousin, le premier qui l’a reconnu comme l’Agneau de Dieu. Jésus nourrit la foule, puis très vite, a besoin de se retirer pour être seul avec son père.

C’est aussi une marque de la vie du chrétien que de pratiquer cette discipline pour prendre du recul, se mettre à l’écart. Quand il nous arrive quelque chose de difficile, nous avons besoin de retrouver du sens à ce que nous avons vécu. Nous prenons d’abord conscience de notre fragilité. Sans cela, nous ne pouvons pas percevoir la présence de Dieu à nos côtés. Il nous faut passer par l’ouragan, le tremblement de terre, la tempête. Puis, dans le murmure d’une brise légère, nous saisissons que Dieu est là et qu’il nous parle.

Une église, plus qu’un lieu de culte

C’est finalement au tour de M. Tanguy Dardenne, bourgmestre et habitant de Villers-la-Tour de prendre la parole. Une église, dit-il, est avant tout un lieu de culte, mais pas seulement. Elle est aussi lieu de prière, de recueillement, où on prend du recul pour retrouver, ce qui manque tellement aujourd’hui dans notre monde, le calme et la sérénité. Elle jalonne les événements heureux de notre vie et quelques autres qui font pourtant aussi partie de la vie. C’est aussi un lieu de rassemblement et un élément de notre patrimoine.

Beaucoup se rappellent certainement combien l’ancien édifice néogothique était impressionnant. C’était vraiment, en haut de ses escaliers, l’église au milieu du village, malheureusement dans un état de délabrement important. Celle-ci est différente, plus discrète mais, comme la précédente, elle est dédiée à Saint-Géry. Et voici que tout à coup, nous découvrons, avec surprise et grâce à notre bourgmestre, ce personnage, né vers 550, entre Sedan et Orval, qui embrassa la vie religieuse jusqu’à devenir missionnaire et évêque du diocèse de Cambrai, diocèse dans lequel étaient aussi insérés les villages de notre commune, situés au nord ou sur la rive gauche de l’Eau blanche. Il aimait répandre la bonne nouvelle dans nos régions qui n’étaient pas encore entièrement évangélisées. C’était un homme de terrain qui s’investit beaucoup pour défendre et libérer les prisonniers de guerre et les victimes de rapts comme on en pratiquait beaucoup lors de fréquentes razzias.

Notre mayeur nous fait alors revenir dans le monde d’aujourd’hui où sévit la guerre en pas moins de 65 foyers dont 13, très violents. Ces conflits engendrent leur lot innombrable de victimes et de prisonniers. Elles mettent à mal cette valeur que nous chérissons : la liberté.

Ici même, quand nous luttons contre les idées toutes faites, les idées reçues, les idées simplistes, quand nous expliquons la complexité de notre monde dans un but positif, c’est la liberté que nous défendons, comme… saint Géry.

La messe fut présidée par Mgr Rossignol, entouré des abbés Apollinaire Bounkazi et Milenge de RDC, avec la participation du diacre Jean-Pol Lanoit. À l’issue de la cérémonie, l’Unité pastorale a voulu honorer notre évêque d’un petit présent. C’est Madame Séverine Vaisière, animatrice en pastorale, qui fut chargée de lui remettre un panier de produits locaux.

La journée s’est poursuivie par un dîner servi dans la cour de l’école du village, par la visite d’une exposition consacrée aux cinquante ans de l’église et par une projection, sous forme de diapositives, de documents anciens, proposée et animée par Jean-Claude Toubon, coordonnateur de l’ensemble de  ce bel événement et grand connaisseur de l’histoire de cette église dédiée à Saint-Géry, avec une dévotion particulière pour ND de Mont-Carmel.

Texte : Bernadette Masereel, Catéchiste
Photos offertes par Tanguy Dardenne, bourgmestre

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