Directions du fondamental: une rentrée après la rentrée
Quelques jours après la reprise des cours dans les écoles de l’enseignement catholique de notre diocèse, les directions du fondamental ont pris une matinée pour s’ancrer dans les valeurs essentielles à transmettre aux élèves, s’informer et se projeter vers l’avenir.
Si les enfants de la Fédération Wallonie-Bruxelles ressortent désormais leurs cartables des armoires dès la fin du mois d’août, c’est le 8 septembre 2026 que directeurs et directrices se sont retrouvés à Mons, dans les bâtiments de l’UCLouvain Mons, juste en face de la Maison diocésaine de l’enseignement. Après une année scolaire 2025-2026 pleine de colère et d’inquiétudes suite aux nombreuses réformes lancées dans l’enseignement, ces quelques heures passées ensemble étaient bien nécessaires pour faire le plein d’énergie et de motivation dans un secteur qui reste sous haute tension. Et le nombre particulièrement élevé de participants témoignait sans doute de la nécessité pour les directions d’écoles de faire front.
Après un mot d’accueil par Pascal Kiesecoms, directeur du SeDEF (Services diocésains de l’Enseignement Fondamental), les directeurs et directrices ont été plongés en musique dans le thème pastoral choisi pour cette nouvelle année scolaire: la paix. Il peut sembler un peu illusoire ou naïf de parler de paix dans un monde bousculé, en proie aux conflits armés ou à l’urgence climatique. Et pourtant, n’est-ce pas justement plus essentiel que jamais, face à la violence d’une époque, de résister à la peur, à l’indifférence, à la tentation de croire que nous ne pouvons rien y faire?
Des graines de paix, comme une promesse…
Ce message, porté par les voix de représentants de chaque service de la maison diocésaine, se voulait gage d’espérance. Certes, aucun d’entre nous ne rétablira la paix sur toute la surface de la terre. Mais la paix est un chemin, «un chemin qui commence dans notre zone d’influence: nos équipes, nos classes, nos relations quotidiennes, là où un geste, une parole, une manière d’être peuvent ouvrir un espace respirable». Apprendre aux élèves à apaiser plutôt qu’envenimer, à écouter plutôt que réagir, à coopérer plutôt qu’à s’opposer.
«En tant qu’écoles catholiques, nous portons une responsabilité particulière: être des lieux où la paix se vit avant de se dire. (…) Par une confiance obstinée dans la dignité de toute personne. (…) Une graine de paix, même minuscule, peut devenir un repère, une force, une promesse.» Après avoir distribué à chacun et chacune un pin’s en forme de colombe, pour l’arborer tout au long de l’année et se déclarer ainsi ouvertement artisan de paix, l’équipe de la maison diocésaine de l’enseignement a encore invité les directions a relayer chaque geste posé en faveur de la paix pour qu’il puisse être ajouté à une carte des diocèses francophones de Belgique. «Peu à peu, cette carte fera apparaître quelque chose d’essentiel: ensemble, nos initiatives cessent d’être anecdotiques. Elles deviennent un mouvement, une force capable de transformer le monde.»
Le leadership… ça ne s’improvise pas!
Cette rentrée académique a aussi été l’occasion de faire un petit tour de l’actualité politique du secteur avec Laetitia Bergers, directrice de la DEF (Direction de l’Enseignement Fondamental): mesures d’économie, augmentation du nombre de périodes face classe pour les enseignants du secondaire supérieur, augmentation du minerval, diminution de la gratuité, cours de religion, une longue liste de dossiers brûlants pour les profs et les écoles. Divers intervenants se sont succédé pour évoquer également des thèmes aussi variés et complexes que l’exclusion d’élèves, les flexi jobs, l’impact de la dénatalité sur l’avenir des écoles –et particulièrement des petites implantations–, mais aussi pour lancer des pistes de réflexion et d’action. En s’unissant, parfois en fusionnant certaines asbl, pour toujours défendre un réseau fier de ses spécificités et de ses valeurs.
La matinée s’est terminée sur une touche de légèreté avec ImproCarolo, un groupe de théâtre d’improvisation de Charleroi, qui avait reçu pour mission d’encourager les directions à s’inscrire à des séminaires, et notamment sur le leadership. Piochant les thèmes tour à tour sérieux, improbables ou loufoques déposés dans un bocal par certains membres de l’assemblée, les trois comédiens s’en sont donné à cœur joie pour évoquer les directives administratives, la gestion des parents mécontents ou des élèves pas toujours très studieux. Applaudissements, fous rires, tranches de vie scolaire plus vraies que nature: pendant une bonne heure, les directeurs et les directrices ont (un peu) oublié leurs soucis et leurs responsabilités. Un bon coup de peps avant de reprendre les rênes de leur établissement, dont ils souhaitent faire des oasis d’apprentissage, de vivre ensemble et de paix pour chacun de leurs élèves.
Agnès MICHEL
















































