Statues, châsses et reliquaires de sortie à Tournai

Statues, châsses et reliquaires de sortie à Tournai

Chaque année, la Grande Procession de Tournai a lieu le deuxième dimanche du mois de septembre. 2026 ne fait pas exception même si elle a eu la particularité d’accueillir en son sein le nouvel évêque de Tournai : Mgr Rossignol. Celui-ci revient à peine de Rome, où il a rencontré le pape Léon XIV, pour se plonger dans l’histoire et la tradition populaire de Tournai.

Il y a du patrimoine qu’on peut observer à toute période de l’année, comme la Cathédrale de Tournai inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO ; il y en a d’autre qu’on ne voit qu’une fois par an. C’est le cas de la Grande Procession de Tournai, classée chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une tradition que chérissent beaucoup de Tournaisiens ainsi que les membres des unités pastorales aux alentours. Durant la procession, on ne prie pas uniquement pour la ville de Tournai mais pour tout le diocèse. Une raison qui justifie la présence de Mgr Rossignol, son évêque, pour s’allier aux participants en marchant et en priant à leurs côtés.

Entre tradition et foi, peu importe les motivations, les générations se sont succédé pour porter les statues, châsses et autres reliques au fil des siècles jusqu’à nos jours. Il y a quelque chose de plus grand que soi à reproduire ce que nos ancêtres ont fait avant nous. Bien sûr, il faut l’interpréter en comprenant tout le sens qu’il y a derrière, qu’il soit historique, culturel ou religieux.

Malgré le remplacement des confréries religieuses portant les statues par des laïcs, il ne faut pas perdre de vue l’aspect spirituel de cet événement. On ne défile pas simplement dans les rues, mais on porte des saints qui ont inspiré les chrétiens au fil des siècles. Des saints qui inspirent encore à l’heure actuelle par leurs témoignages de foi et qui sortent de leurs églises, comme pour les dépoussiérer, traversant les siècles qui nous séparent d’eux.

Marie, refuge des Tournaisiens

La Vierge Marie est la première intercesseuse pour les catholiques. Elle occupe donc une place de choix lors de cet événement, vu le nombre de statues qui lui sont consacrées dans le doyenné de Tournaisis. La Cathédrale de Tournai, elle-même, lui est intégralement consacrée. Cette année, Notre-Dame Auxiliatrice a été choisie dans la continuité de cette dévotion mariale.

Depuis 2022, la Grande Procession a eu à cœur de mettre à l’honneur les vierges tournaisiennes (ou de son doyenné) :  la Vierge d’Orcq en 2025, Notre-Dame de Bonsecours en 2024,… Pour désigner la statue 2026, les organisateurs ont choisi le Faubourg Saint-Martin. La communauté paroissiale y est assez vivante, colorée de différentes générations et Notre-Dame n’y a pas eu de veillée de prière en son honneur depuis 1989.

S’ajoute à cela l’envie des organisateurs de rendre hommage à un prêtre qui a été un acteur important au sein de l’Unité Pastorale de Tournai-Centre. En juin dernier, le diocèse de Tournai a en effet annoncé sur son site internet le départ de l’Abbé Bryan Sultana de l’église Notre-Dame-Auxiliatrice et de son unité pastorale pour celle des Collines. Il n’était malheureusement pas présent dans la procession car il préparait sa messe d’installation à 15 h, le même jour dans sa nouvelle UP. Une manière particulière pour Tournai de le remercier quand même dans la célèbre procession.

Prions sous la pluie

La Grande Procession ne se vit pas uniquement le dimanche 13 septembre 2026. Elle se prépare bien en amont. Dans les semaines qui précèdent l’événement, on peut apercevoir au sein de l’Évêché de Tournai plusieurs personnes d’horizons divers essayant leurs costumes pour le jour J. Le vendredi, une veillée de prières était organisée dans l’église du même nom que sa statue : Notre-Dame Auxiliatrice. Une carte de prière a également été créée pour l’occasion afin de favoriser la dévotion à Marie. La photo de la statue y trône fièrement avec une prière au verso pour apprendre une façon différente de prier la Vierge.

Sur le programme de l’événement, le lecteur avisé aura lu qu’en cas de pluie, un office aurait dû être célébré dans la cathédrale à 10h30.  La pluie était justement annoncée dans la matinée, ce qui n’a pas empêché les statues, châsses et reliquaires de sortir en procession. Par précaution, des protections transparentes étaient prêtes pour protéger les châsses et les statues en bois en cas de pluie. Elles furent bien utiles car la pluie a fait partie de la marche. Même si sainte Claire n’était pas avec eux, cela n’a pas empêché les porteurs de chanter, de réciter le chapelet et de sourire à la vue des spectateurs, personnes familières ou simples passants.

Chacun a pu vivre cette procession à sa manière. Certains en marchant au rythme des chants et des prières, d’autres, en la regardant, d’autres encore en se réfugiant près de Jésus dans l’église Saint-Brice ou dans la cathédrale. Un temps d’adoration était en effet proposé afin de permettre à tous de s’unir dans la prière. N’est-ce pas cela au fond, l’objectif de la Grande Procession ?

Anaïs Marescaux

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La procession en blason

Mais que signifie le logo de la Grande Procession qu’on voit sur les affiches et les cartes de prière ?  Le logo, ou plutôt le blason pour rester dans l’ambiance médiévale, de la Grande Procession de Tournai a été mûrement réfléchi par Louis-Donat Casterman, membre du Conseil d’héraldique1 et de vexillologie2 de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et réalisé par le graphiste Fred Dedeycker. Le rouge et le blanc, présents également sur le drapeau de Tournai, y figurent fièrement. « Le blason se compose ici d’un champ (le fond) rouge sur lequel se détache un bras et sa main d’argent présentant une petite châsse d’or. C’est une figure concise qui résume le principe même de la procession depuis toujours : présenter à la vénération et aujourd’hui à la contemplation du public des œuvres reliquaires. Selon un des grands principes de l’héraldique, la partie (un bras et une châsse) exprime le tout (le cortège). » écrit Monsieur Casterman.

1 : Science et art qui étudient les armoiries.

2 : Science qui étudie les drapeaux, les bannières, les étendards et les pavillons.

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