Migrants: départ immédiat… arrivée incertaine
Et si, le temps d’un atelier, vous découvriez une autre facette des migrants et réfugiés qui arrivent chez nous? Et si vous suiviez leur parcours? Et si vous mangiez ensemble? Voilà ce que proposait l’UP de Soignies pour sa première participation à la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié.
Depuis quelques années, la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié (JMMR) est organisée le dernier week-end de septembre. Pour cette 112e édition, plusieurs lieux de notre diocèse ont organisé des événements thématiques: ateliers, messes interculturelles, brunchs aux couleurs du monde, projections…
Dans l’unité pastorale de Soignies-Le Rœulx, qui organisait pour la première fois des activités dans le cadre de cette journée, l’EAP et les bénévoles ont mis les petits plats dans les grands. Dès le 14 septembre, une exposition intitulée «Exil» présentait dans le transept sud des photos de Sebastião Salgado, photographe et photojournaliste franco-brésilien décédé en 2025. Le visiteur y découvrait, au travers de photos en noir et blanc, ce que signifie l’exil pour des millions de personnes.
Suivre le parcours du migrant
Dans l’après-midi du samedi 26 septembre, installés dans la Collégiale Saint-Vincent de Soignies, plusieurs ateliers proposaient aux visiteurs de découvrir les migrants sous des angles différents. Ainsi, il était possible de participer à un atelier de djembé, de visionner un petit dessin animé, d’écouter des contes, de jouer à des jeux venus d’ailleurs ou encore de coiffer ses cheveux de tresses africaines.
Au centre de la nef, un atelier très intéressant invitait les participants à suivre le parcours d’un migrant. Chacun choisissait un personnage et suivait son parcours, représenté par des chaises sur lesquelles se trouvait une feuille racontant les obstacles et opportunités rencontrés, l’aide reçue et la richesse des rencontres.
Un «carrousel des gestes concrets» avait également été installé, proposant aux visiteurs d’inscrire sur une feuille de papier ce qu’ils pouvaient ou voulaient faire concrètement.
Prier pour ceux qui quittent leur foyer
Si les ateliers étaient en majorité tournés vers l’Afrique, cette première journée s’est conclue avec un hymne acathiste de la liturgie byzantine. Comme son nom l’indique –le mot venant du grec a-kathistos, «sans s’asseoir»– il s’agit d’un hymne chanté debout. Avant de chanter l’hymne, l’Acathiste à la Mère de Dieu, le Père Ihor Nakonechnyy, en a raconté l’origine. Il aurait été chanté en 626 pour remercier la Vierge de la libération de Constantinople. Il résonnait donc tout particulièrement en ces jours où les migrants étaient mis à l’honneur, car il rappelait la guerre et la prière de fidèles souhaitant rester chez eux.
Comme rappelé par le Père Ihor, les migrants et réfugiés viennent de partout et ne choisissent pas toujours d’être jetés sur les routes. Les guerres obligent de nombreuses personnes à quitter leur foyer sans savoir quand ils pourront y retourner – et s’ils pourront seulement le revoir.
Le Père Ihor, accompagné par son épouse et leur fils, s’est ensuite tourné vers l’autel, dos à la nef, pour entonner cet hymne, repris en chœur par la petite assemblée. Si les débuts furent un peu hésitants, les voix sont devenues de plus en plus assurées au fur et à mesure des strophes, chacun s’habituant au rythme. Ce beau moment de communion a fait vibrer bien des cœurs et a enchanté une bonne partie de l’assemblée.
Unis autour de la table
Après cet après-midi varié, les fidèles se sont retrouvés le lendemain pour une messe interculturelle suivie d’un brunch aux couleurs du monde. Lors de la célébration, la joie et la musique étaient au rendez-vous. La couleur également, grâce aux costumes traditionnels. Le moment était enrichi par la présence d’adolescents mais aussi d’enfants qui vivaient leur rentrée catéchétique.
La bonne humeur était aussi de la partie lors du repas, dont les bénéfices seront intégralement reversés à Caritas International. Dans le style «auberge espagnole», celles et ceux qui le souhaitaient ont pu y apporter un plat à partager. Au menu: samosas, couscous de manioc, paëlla,… Un repas fraternel partagé par environ une centaine de personnes.
Après la Table eucharistique, c’est donc autour de la table du repas que s’est clôturé ce week-end bien rempli. Une première qui ne sera certainement pas la dernière!
Marie Lebailly
Photos du 27 septembre: Stéphane Selvais











































