Mgr Luc Van Looy face aux Visiteurs
Ce samedi 7 février 2026, en l’église Saint-Paul à Tournai, Monseigneur Luc Van Looy, évêque émérite de Gand, a accompagné les Visiteurs du Tournaisis pour un temps de ressourcement.
Le thème de sa conférence, « Chances et défi pour l’Église de notre temps », incluait non seulement les malades et les personnes âgées mais aussi toute l’assemblée. D’ailleurs dans sa présentation, le diacre Gérard Carré a bien insisté sur le fait que la compassion ne devait ni ne pouvait être un sentiment d’abstraction.
D’emblée, Monseigneur Van Looy nous a interrogés : « Êtes-vous évangélisés ? Que représente pour vous le fait de vivre selon l’Évangile ? »
Nos parents nous ont appris ce que signifie « croire en Dieu », mais maintenant les croyants qui vont à la messe savent-ils ce qu’ils font ? Le plus grand problème pour le Pape François était de constater la difficulté que les chrétiens éprouvent pour vivre en peuple de Dieu. On croit en Dieu mais de façon individuelle. Pour beaucoup, église paroissiale signifie aller à la messe. Or, si les apôtres étaient seulement allés au temple, il n’y aurait pas eu de communauté !
Être membre d’une communauté autour de Jésus, concentré sur la personne de Jésus, c’est cela être chrétien.
Le Pape François a insisté sur l’importance d’aller vers la périphérie, de « sortir de la sacristie », de sortir de notre situation aisée et de partir vers les gens qui souffrent…et Dieu sait s’il y en a ! Il faut apprendre à parler une langue que les souffrants comprennent et se mettre aussi impérativement à leur écoute car Dieu parle à travers les pauvres et les gens que l’on croise tous les jours. Le message du Pape François est donc une grande chance et nous enjoint à écouter, à chercher à comprendre l’autre, à entrer dans le cœur des personnes.

Jésus écoutait les gens qui venaient le questionner, il a d’ailleurs quitté Nazareth pour Capharnaüm où il était abordé plus facilement, il invitait les jeunes à passer du temps avec Lui, il se rendait disponible.
L’Église est une histoire, une communauté, une Parole ; c’est l’Esprit-Saint qui indique ce que l’Église doit accepter du passé.
Le grand défi : actuellement, l’Église a perdu beaucoup de sa force, elle ne se voit plus comme un peuple qui échange. Beaucoup de jeunes ne connaissent plus Dieu, y sont indifférents : il est donc nécessaire pour le prêtre de se faire comprendre. Que fait-on pour comprendre la liturgie ? Les jeunes actuels sont plus ouverts à une spiritualité qu’à la messe. Ce ne sont pas les commandements qui convainquent les jeunes mais la spiritualité. Or, le Christ est le fondement de toute spiritualité : Il est dès lors la solution à beaucoup de problèmes.
Un autre défi est celui de la confession : problème mondial et politique car on ne sait plus pardonner. Le monde est dans une mentalité qui ne veut pas voir le péché et qui accepte très difficilement d’accueillir les gens tels qu’ils sont. Or, le pardon est inscrit dans le cœur du croyant.
Monseigneur Van Looy a aussi insisté sur la catéchèse pour les sacrements, pour préparer les personnes à mourir. Rester – accompagner – écouter sont des verbes qui ont une énorme valeur. Les mourants parlent souvent avec leurs yeux, leurs gestes, d’où notamment l’importance de leur serrer la main, par exemple, de leur parler aussi avec des gestes. Tout cela est aussi à apprendre aux jeunes car on a perdu l’habitude de se saluer.
En conclusion, l’orateur a appuyé sur l’importance de la prière, essentielle pour s’ouvrir à Dieu, pour respecter Sa parole et pour La communiquer.
Texte : Claire de Ribaucourt (UP du Val de l’Escaut)
Photos : Luc Depelchin (UP de Tournai-Est)


















