Saint-Christophe, lieu de culte et de mémoire
L’église Saint-Christophe de Charleroi, où a eu lieu la messe chrismale 2026, n’est pas une église comme les autres. Depuis la fin des années 50′, elle est en effet plus connue sous le vocable de «basilique», sans jamais en avoir reçu le titre par le pape. Petite explication.
L’origine du bâtiment remonte au 17e siècle. D’une église de garnison, elle devient église paroissiale en 1669. Au début du 20e siècle, l’église était dans un état de délabrement avancé. Il faut attendre l’après-guerre pour qu’un véritable projet de restauration soit lancé. Suite au massacre du 18 août 1944 à Courcelles, où 19 otages furent exécutés par des rexistes, il fut décidé de faire de l’église Saint-Christophe un lieu de mémoire en hommage aux victimes. Ainsi naissait le projet de sanctuaire commémoratif…
L’édifice fut donc reconstruit et inauguré en 1958 sous le vocable de «basilique Saint-Christophe». De nombreux détails de l’architecture et du décor font écho au massacre de Courcelles, où périt notamment le chanoine Pierre Harmignie, alors curé de Saint-Christophe et doyen de Charleroi.
Pourquoi ce titre de «basilique»?
Souvent, le visiteur s’étonne de ce titre de «basilique» donné à une église qui n’en a pas reçu le titre par le pape. Revenons sur ce qu’est une basilique. D’après le site eglise-catholique.fr, «le titre de basilique est accordé par décret par le Pape à des églises ou des sanctuaires qui jouent un rôle significatif dans la foi catholique, souvent en lien avec un lieu de pèlerinage ou une importance culturelle (reliques d’un saint)». Il existe quatre basiliques majeures, situées à Rome, et de nombreuses basiliques mineures disséminées dans le monde entier. Trois d’entre elles se trouvent dans notre diocèse: la basilique Notre-Dame de Bon-Secours, la basilique Notre-Dame de Bonne-Espérance et la basilique Notre-Dame de Tongre.
Alors pourquoi appeler ainsi l’église Saint-Christophe? Mgr Harpigny, dans l’ouvrage qui commémorait les 50 ans de la reconstruction de Saint-Christophe, expliquait ainsi ce choix: «En un sens, l’église Saint-Christophe ne peut plus être considérée comme un lieu de culte habituel; il lui faut un ‘titre’ qui évoque immédiatement que nous sommes en présence d’un lieu de vénération à la mémoire des victimes du massacre. (…) L’église Saint-Christophe ne méritait-elle pas le titre de basilique, étant donné que l’ensemble de la population de Charleroi y voit le témoin de la résistance face aux puissances du mal et le mémorial du don de la vie par amour pour la liberté et la construction de la paix? Spontanément, tout le monde a donné à cette nouvelle église le titre de ‘basilique’. On le comprend aisément.»
Marie Lebailly
Sources:
- «Qu’est-ce qu’une basilique?», site de l’Église Catholique de France, 10 janvier 2025 [Consulté le 26 mars 2026]
- COLLECTIF, La basilique Saint-Christophe de Charleroi. Le passage de la mémoire, éd. La Renaissance du Livre, coll. Incipit, Bruxelles, 2008, 179p.


















