La Bible, réservoir inépuisable
Pour Marie-Thérèse Hautier, si l’on veut parler de joie et d’espérance à des personnes durement touchées dans leur corps, il faut d’abord accepter d’écouter la souffrance de celui ou celle qui nous fait face. «La souffrance nous confronte à une réalité qui dérange, déroute, désorganise, on cherche une porte de sortie. Dire ‘ça va aller’ peut être inaudible. On veut vite réconforter parce que cela nous fait peur, on peut avoir un réflexe de fuite. Parfois il n’y a rien à dire, on peut juste être là.»
Et si l’on veut parler, comment «mettre des mots sur la souffrance»? Pour l’oratrice, les psaumes constituent un véritable réservoir de mots et d’images dans lequel puiser. Ils sont écrits au départ des victimes, de ceux qui souffrent, pas des conquérants. Ils nous invitent à lire nos vies et celle des autres. Avec l’espoir d’être entendu, parce qu’en face du psalmiste se trouve un Autre qui écoute. Ces prières sont habitées par l’espérance indéracinable que le mal ne sera pas le dernier mot de l’histoire et ouvrent sur la solidarité. Marie-Thérèse Hautier s’arrêtera aussi sur le livre de Job et sur le symbole de la croix, comme la petite croix en bois de noisetier et en laine confectionnée par un membre de l’équipe du DHI et remise à chaque participant en début de soirée.
Au cours de ses visites aux malades, aux fragiles, aux souffrants, la théologienne n’apporte pas de solutions, ne «sauve» pas. Mais essaie de voir et de laisser des traces et des signes d’espérance. Après avoir cité Kierkegaard ou Adolphe Gesché, elle termine avec Paul Claudel: «Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance, il n’est même pas venu l’expliquer, il est venu la remplir de sa présence.»
Agnès MICHEL
Références utilisées par Marie-Thérèse Hautier lors de son intervention





















