Accompagnement des jeunes: un subtil équilibre

Accompagnement des jeunes: un subtil équilibre

Le mois de juin est le temps des mercis. La Pastorale des jeunes du diocèse a convié les animateurs –bénévoles ou permanents– qui consacrent temps et énergie à entourer la jeunesse du Hainaut pour une soirée de fête, de retour sur l’année pastorale écoulée et de réflexion sur demain.

Il y avait comme un air de vacances, ce mercredi 10 juin à la maison de Mesvin. Un moment festif concocté par RiseUp! Tournai pour dire merci à tous les accompagnateurs de jeunes au terme d’une année riche en expériences, en découvertes, mais qui on s’en doute a aussi porté son lot de fatigue, de stress et de difficultés. Une bonne trentaine d’animateurs pastoraux et de bénévoles des UP de notre diocèse étaient présents pour souffler et échanger, le temps d’une soirée.

Après que l’abbé Philippe Pardonce, redoutable allumeur de barbecues, ait commencé à enfumer une partie de la terrasse de la maison, toutes et tous se sont rassemblés dans la chapelle pour réfléchir avec Mgr Frédéric Rossignol aux défis de la pastorale des jeunes. «Aujourd’hui il y a un changement de culture», a constaté l’évêque. «La jeunesse est beaucoup moins instruite dans la foi chrétienne, mais elle a aussi moins de préjugés.» Dans un monde parfois fort binaire, l’accompagnement est d’autant plus essentiel, pour apporter approfondissement et nuance.

Intériorité, fraternité et charité

Quand on est adolescent ou jeune adulte, on a besoin de se sentir vivant, de «vibrer», de bouger. «Notre Église doit montrer un visage dynamique, mais tout le défi est aussi d’aller plus en profondeur.» Pour que la foi ne soit pas uniquement constituée d’émotions et d’une expérience spirituelle individuelle, mais de générosité et de persévérance.

Le défi de la pastorale des jeunes est donc, selon notre évêque, de trouver un équilibre entre des temps forts et une forme de continuité. Pour cela, l’évêque de Tournai identifie trois dimensions fondamentales à garder à l’esprit dans l’accompagnement des jeunes. «Il y a d’abord l’intériorité. Développer la capacité de faire silence en soi, de méditer, de se mettre à l’écoute.» Mais si la foi est une expérience très intime, elle n’en doit pas moins être largement ouverte sur les autres. Les jeunes sont sensibles à la fraternité, mais elle est toujours à travailler. «On va spontanément vers les gens qu’on apprécie. Les chrétiens vont vers tous. Ce n’est pas une évidence, ce n’est pas naturel, l’altérité est difficile, mais on peut y être éduqué.»

Dernier pilier mis en lumière par Mgr Rossignol: la charité. Parce que la foi n’est pas seulement une question de piété. En pastorale, et donc aussi en pastorale des jeunes, il faut trouver les moyens d’aller à la rencontre des plus précarisés.

Une diversité de propositions

À l’ère des réseaux sociaux, quelle est encore la place des rencontres interpersonnelles? On ne peut ignorer les premiers, car les jeunes y sont présents. «Il est de notre responsabilité de les aider à y trouver du contenu de qualité pour les nourrir. De la bonne musique, de bons films…» Pas toujours en créant soi-même du contenu, ce qui peut s’avérer très chronophage, mais aussi en référençant et partageant des contenus.

Mais également éduquer les jeunes à rencontrer, partager et écouter. En respectant leur rythme, leur sensibilité. «Et dans un esprit de synodalité, nous devons aussi demander aux jeunes ce qu’ils en pensent!»

Être jeune n’est pas facile. C’est une période pendant laquelle on se construit. Mgr Rossignol en est persuadé, la porte d’entrée vers ces jeunes est l’authenticité, pour créer des liens de confiance et des relations vraies. Et pour cela, il faut aussi rester attentif à les laisser en liberté. «Nous ne pouvons pas être au centre dans la relation avec eux. On doit être capables de les écouter mais ils doivent se sentir libres.»

Difficultés et mercis

Une fois les estomacs rassasiés, les braises du barbecue ont été ravivées pour que tous les participants puissent se réunir autour du feu. Ce feu qui fascine, synonyme de purification et de lumière, d’espoir. Sur un bout de bois, chacun et chacune a pu écrire un mot pour traduite les difficultés et les souffrances de l’année écoulée: tristesse, impuissance, divisions, impatience, manque de communication, addictions, départ…

En jetant ce bout de bois dans les flammes, comme pour se débarrasser de tous ces poids et tourner la page, certains sont restés silencieux. Parce que tout ne peut pas toujours être partagé, peines indicibles… Un geste symbolique qui a ensuite laissé la place aux mercis, écrits sur une colombe de papier, à emporter avec soi comme un témoin d’espérance pour l’année pastorale à venir: merci pour les confirmations, pour l’évolution de certains jeunes, leur confiance et leur engagement, pour leur cheminement dans la foi et pour l’émerveillement qu’ils suscitent. De quoi booster tous les animateurs présents pour poursuivre leur mission avec enthousiasme dès la fin de l’été!

A. Michel

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