« Moi je ne t’oublierai pas »
À l’occasion de la 6e journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées, le Pape nous invite au travers d’un verset d’Isaïe (« Moi je ne t’oublierai pas ») à trouver en Dieu une réponse à deux des grands maux de notre temps qui malheureusement frappe plus encore la vieillesse : la solitude et l’oubli.
À l’heure des réseaux sociaux il nous propose d’aller à contre-courant des liens de surface et de rencontrer en plein cœur les personnes âgées qui nous entourent. Les retrouver en tant qu’un être de liens et non comme on nous le propose trop souvent comme une quelqu’un d’ inutile et non-efficace pour notre société de surconsommation.

Cette Journée est un arrêt proposé en juillet à l’occasion de la fête de Sainte Anne et Saint Joachim qui rappelle que me tourner vers la fragilité est indispensable en tout temps.
La vieillesse est faite de beaux recommencements dans la Bible. Zacharie, Elisabeth, Abraham, Sarah tous sont les témoins d’émerveillements. Leur grand âge devient une chance de rencontre avec Dieu lui-même. Puissions-nous être des relais afin d’ouvrir la porte vers ces relations spirituelles parfois enfouies loin et submergées par les souffrances, la tristesse et les angoisses de la vieillesse.
Le sujet semble tabou dans notre monde et pourtant chacun se prépare à cette étape importante où l’on risque sans doute de dépendre des autres, les mêmes auxquels on aura appris un jour à se tenir debout vont devenir notre bâton pour la marche. Ils seront notre soutien. Cette douloureuse période où les choses s’inversent. Ou celui que j’aidais devient mon aidant. Ce moment où il ne me restera qu’ à lâcher prise alors qu’on ne nous l’a quasi jamais appris. Il en faut de l’humilité pour accepter cette inversion.
Seulement voilà nous ne serons pas seuls. Chaque personne âgée où qu’elle soit, a une mission à accomplir. Il s’agit de se laisser ouvrir le cœur afin de permettre au Christ d’y entrer. Puisque la disponibilité semble parfois obligatoire, il faut en profiter pour laisser l’âme se remplir de Dieu. Il n’est plus question de se laisser envahir et tyranniser par les lois du travail, les règles. Le temps prend enfin lui aussi le temps. Il reste à montrer à quel point devenir fragile est utile, au-delà des demandes de productivité où l’Essentiel ne se trouve jamais. Ma fragilité, c’est un doux rappel à l’ordre à nos contemporains que nous ne sommes pas là pour toujours, que la vie s’épuise, qu’elle s’amenuise. Mais c’est surtout un rappel que chaque moment du temps qui nous est donné peut être offert à Dieu. Que lui proposer des mains usées , un esprit qui parfois s’envole, une démarche incertaine afin qu’il puisse encore transformer l’essai c’est s’abandonner dans la confiance. C’est redire « Me voici ».
Alix Tumba
















