Messe d’ouverture du Pélerinage diocésain à Lourdes – Lundi 13 juillet 2026

Messe d’ouverture du Pélerinage diocésain – Lundi 13 juillet 2026

Lectures

Lecture du premier livre de Samuel (3, 3b-10.19)

En ces jours-là, le jeune Samuel était couché dans le temple du Seigneur à Silo, où se trouvait l’arche de Dieu. Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! » Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé. Retourne te coucher. » L’enfant alla se coucher. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. » Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. » Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et il ne laissa aucune de ses paroles sans effet.

Lc 1, 26-38 

26 En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, 27 à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph. Et le nom de la jeune fille était Marie. 28 L’ange entra chez elle et dit: « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. », 29 À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. 30 L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. 31 Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. 32 Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; 33 il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » 34Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » 35L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. 36 Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. 37 Car rien n’est impossible à Dieu. » 38 Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Introduction à la messe

Chers frères et sœurs, nous répondons à l’appel de la Vierge Marie, un appel qui nous est lancé par l’intermédiaire de Bernadette : « Qu’on vienne ici en pèlerinage ». Quelle grâce, quelle joie d’être là. Nous pensons et prions pour toutes sortes de gens, ceux qui étaient là les années passées et qui sont déjà entrés dans la joie éternelle en Dieu avec la Vierge Marie, Sainte Bernadette et tous les saints, ceux qui pour des raisons de santé, des raisons financières ou autres, n’ont pas pu faire le pèlerinage cette année, ceux enfin que nous portons dans nos cœurs avec leurs joies et leurs souffrances. Nous venons au Seigneur avec ce que nous sommes mais nous venons encore plus au nom de tant de gens que nous portons par notre amitié et notre prière. Le thème de l’année pour le Sanctuaire est celui de l’Annonciation, de cette initiative extraordinaire d’un Dieu qui jamais ne se lasse de venir à notre rencontre. C’est la joie des anges et des bergers, Dieu a visité son peuple ! Quelle surprise, quel mystère, nous valons la peine d’être visité, Dieu nous fait cet honneur ! Et si nous sommes heureux d’aller à la rencontre de Dieu ici à Lourdes, sur cette terre sanctifiée par le passage de tant et de tant de chrétiens, c’est Dieu lui-même qui se réjouit encore plus que nous de notre présence. Il nous dit à chacun et à chacune : « Je suis heureux que tu sois là, tu as du prix à mes yeux ». Puissions-nous être reconnaissant envers Dieu et nous ouvrir à sa présence tout au long de notre pèlerinage et aider nos frères et sœurs à faire eux aussi l’expérience de l’amour de Dieu pour chacun d’entre eux et d’entre elles.

Homélie

Deux types d’appel dans nos vies mais qui viennent tous deux de Dieu :

Celui qui résonne en nous comme venant de nos frères et sœurs, à l’image de Samuel qui se croit appelé par Isaïe et celui de Marie qui se sait interpellée par Dieu lui-même au travers de l’ange. Le premier appel se fait à tâtons, sans comprendre d’emblée que la demande est faite au travers du Seigneur. Beaucoup d’entre nous sommes venus et sans doute est-ce encore le cas aujourd’hui, à l’invitation d’autres personnes, parfois même juste pour faire plaisir, pour rendre service, pour prendre soin de quelqu’un, sans vraiment d’attente spirituelle. Mais votre présence est déjà vécue avec reconnaissance par Dieu. Prendre soin de l’autre, c’est rencontrer le Christ. Samuel en répondant à l’appel de celui qui joue le rôle de grand-père adoptif, le prophète Elie, montre cette disponibilité de cœur. Il aime son grand-père Elie, il se fait peut-être du souci d’ailleurs pour lui. Ou peut-être est-ce lui qui se sent un peu seul et qui guette le moindre appel d’Elie, heureux de le retrouver en pleine nuit et de trouver un peu de sécurité en sa présence. Peu importe les motivations de Samuel à répondre à l’appel d’Elie, ce qui est certain, c’est qu’il se rend disponible et obéissant : « Tu m’as appelé, me voici ». Il n’y a pas d’appel possible dans nos vies si nous ne sommes pas en tenue de service, si nous ne sommes pas disponibles. Parfois nous rêvons d’un Dieu qui nous forcerait la main dans le bon sens, mais si nous sommes trop occupés par nous-mêmes, si nous avons veillé trop tard la nuit, pour des choses futiles et qui ne remplissent pas le cœur, comment Dieu peut-il nous trouver dans notre sommeil pour nous interpeler ? Samuel répond à l’appel mais ne connait pas encore le Seigneur nous dit le texte. « Je ne te connais pas encore », voilà une prière que nous pouvons dire tous en arrivant à Lourdes. Comment pourrions-nous parler autrement ? Dieu est toujours au-delà de tout ce que nous pourrions connaitre de Lui et surtout, nous-mêmes sommes encore bien loin de la connaissance de Dieu parce que nous sommes encore loin de vivre de la charité qui est le cœur même de la vie de foi.

Quand Samuel vient trouver le prophète Elie, par deux fois, celui-ci lui répond : « Je ne t’ai pas appelé, va te recoucher ». Elie, tout prophète qu’il soit, n’a pas encore compris que c’est Dieu même qui a interpelé l’enfant. Lorsque Bernadette va trouver son curé parce que la Dame a demandé une chapelle et qu’on vienne ici en pèlerinage, le bon curé, tout saint qu’il soit, la reçoit avec rudesse et même une certaine colère. Il pense qu’elle raconte des sornettes, que la Vierge ne s’adresse pas à une petite bergère sans instruction. Avec sa grande théologie, il a oublié que Marie était une femme d’un petit village, tout comme Bernadette, que les gens simples lui étaient bien plus familiers et agréables que les gens importants. L’attitude d’Elie peut nous faire réfléchir sur notre propre incapacité à recevoir nos frères et sœurs comme les dépositaires d’une parole qui vient de Dieu. Avant même de les accueillir et de les écouter, nous jaugeons et nous jugeons nos frères et sœurs.  Mais grâce à Dieu, la troisième fois, Elie comprend que c’est Dieu lui-même qui s’adresse à l’enfant et il lui dit : « Retourne te coucher et si le Seigneur t’appelle à nouveau, répond : ‘Parle, Seigneur, ton serviteur écoute’ ». Elie, cette fois, a bien parlé. Il renvoie Samuel à sa relation personnelle avec Dieu, Il l’invite à l’écoute et au dialogue avec Dieu. Durant ce pèlerinage, nous pouvons être comme Elie avant et après son discernement. Nous pouvons étouffer l’appel de nos frères et sœurs, en nous réfugiant dans une certaine mondanité, plus préoccupés d’aller manger une glace, de boire une bière ou de la qualité du matelas dans l’hôtel où nous logeons, nous pouvons profiter de ce pèlerinage pour bavarder à tort et à travers sur toutes sortes de choses futiles, ou bien nous pouvons nous encourager les uns les autres à rentrer en nous-mêmes et à écouter la voix du Seigneur qui a besoin de notre silence et de notre disponibilité à l’écouter, pour pouvoir nous parler. Evidemment, notre pèlerinage ne doit pas se résumer à un temps de désert, nous sommes là aussi pour nous mettre au service de nos frères et sœurs, pour passer du temps avec eux, mais toujours en gardant au cœur le désir que tous, nous puissions faire l’expérience de la présence de Dieu dans nos vies. Alors, façonnés par l’écoute et par l’esprit de service qui habitait Marie, nous serons prêts pour de belles surprises, pour de belles missions que le Seigneur nous donnera à la fois durant notre pèlerinage à Lourdes mais plus encore à notre retour au quotidien où Dieu nous attend et où la Vierge ne cesse de nous accompagner. Amen.

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