De nouveaux visages dans une maison bien connue
Entre traditions et nouveautés, le Séminaire de Tournai a fait sa rentrée académique ce mercredi 16 septembre. Autour des nouveaux diplômés de l’Institut de Théologie (ISTDT), familles, professeurs et membres du diocèse se sont retrouvés le temps d’une soirée.
Niché entre le palais de justice et la place Reine Astrid, le Séminaire de Tournai a une nouvelle fois ouvert ses portes pour célébrer les 26 nouveaux qualifiés (11 diplômés du CDER (*), 13 de la formation complémentaire primaire et 2 pour la formation complémentaire maternelle).
Alors qu’à l’extérieur, l’automne s’invitait petit à petit, une fois les portes de la chapelle passées, une ambiance chaleureuse et conviviale réunissait l’assemblée. Mgr Rossignol est d’ailleurs venu saluer par une poignée de mains chacune et chacun avant le début de la célébration.

Une première pour eux
Si, à quelques détails près, les rentrées se ressemblent d’année en année, celle-ci avait pourtant un goût nouveau.
En effet, Monseigneur participait à sa première rentrée académique. L’évêque n’était pas seul à découvrir ce rendez-vous : Chloé Lamarque, nouvelle secrétaire des lieux depuis décembre 2025, y assistait également pour la première fois.
Aux côtés du chanoine Patrick Willocq et du vicaire général Olivier Fröhlich, deux nouveaux visages du Séminaire se distinguaient également dans le chœur : Simon Naveau, qui a récemment pris ses fonctions de directeur économe, et Christophe Cossement, désormais président du Séminaire.
Lors de cette célébration, Monseigneur a placé la foi au cœur de son propos. Une foi qui ne se vit pas uniquement de manière individuelle, mais se construit aussi à travers l’expérience de tout un peuple qui nous a précédés et qui, avant nous, a cherché à découvrir qui était Dieu.
Un message qui prenait tout son sens pour les futurs professeurs de religion. Ce qu’ils transmettront demain à leurs élèves pourra en effet les accompagner bien au-delà des bancs de l’école et prendre tout son sens dans leur vie future.
Car transmettre, c’est aussi grandir soi-même. En partageant leur savoir et leur foi, les futurs enseignants sont amenés à se questionner, à approfondir leurs convictions et à poursuivre leur propre cheminement. La foi apparaît ainsi comme une formation continue, où chacun est invité à rester à l’écoute de son cœur, à prendre le temps de se retrouver et à avancer à son propre rythme. Lors de son traditionnel discours, Patrick Willocq a ajouté : « Les miracles discrets se produisent : un élève qui comprend enfin, un autre qui ose parler, un autre encore qui découvre qu’il a de la valeur ». 
Des passeurs de sens et d’espérance
Après la bénédiction finale, tous étaient invités à rejoindre le grand auditoire, situé au premier étage. Pour celles et ceux qui découvraient les lieux, les couloirs pouvaient ressembler à un vrai labyrinthe. Une chose était certaine : il valait mieux suivre le mouvement ou tout simplement Monseigneur Rossignol, un habitué des murs.
Comme à chaque rentrée, avant de procéder à la remise des diplômes, Patrick Willocq, directeur de l’ISTDT, a tenu à adresser quelques mots aux étudiants réunis sur les bancs. Un moment toujours particulier, qui vient couronner plusieurs années de formation et de travail. La remise de ce certificat marque l’aboutissement d’un parcours au cours duquel les étudiants ont dû relever de nombreux défis, qu’ils soient intellectuels, pédagogiques ou simplement organisationnels. Pour certains, ces années de formation ont également demandé de composer avec une vie familiale et professionnelle déjà bien remplie, tout en parcourant de nombreux kilomètres pour rejoindre les différents lieux de cours. Autant d’efforts et d’engagements qui ont donné à cette remise de diplôme une saveur toute particulière, à l’heure d’ouvrir une nouvelle page de leur parcours. « Aujourd’hui, en ce moment où l’autorité académique vous certifie de façon solennelle, elle ne vous remet pas simplement un document administratif vous donnant l’autorisation d’enseigner. Elle vient vous rappeler que cette formation que vous avez reçue a fait de vous des passeurs de sens, des veilleurs de conscience, des artisans de paix intérieure et sociale et des témoins du projet de bonheur que notre Dieu veut pour notre monde et que le Christ Jésus est venu révéler à tous et réaliser pour tous. »

Dans un contexte où l’enseignement se retrouve au cœur de nombreux débats et où l’avenir peut parfois sembler incertain, le chanoine a choisi de leur adresser un message empreint de confiance et de sérénité : « Nous devons apprendre à traverser ces moments avec paix. La paix, ce n’est pas l’indifférence, ce n’est pas la résignation, c’est la capacité à rester ancré dans ce qui ne change pas, notre mission éducative. » Une mission à laquelle l’ISTDT entend pleinement préparer ses futurs enseignants, en leur donnant les clés pour comprendre les enjeux de leur métier sans se laisser emporter par les tensions qui peuvent l’entourer. « Vous, les jeunes enseignants, vous êtes appelés à être des témoins d’espérance, à montrer que l’enseignement reste un lieu de vie, de rencontre et de transformations », a poursuivi Patrick Willocq. Enfin, le directeur de l’Institut de Théologie a rappelé que le métier d’enseignant s’inscrit dans le temps et demande patience et persévérance : « Être enseignant, c’est accepter de semer sans toujours voir immédiatement les fruits. »
À l’issue de la cérémonie, tous étaient invités à partager le traditionnel verre de l’amitié. Un moment convivial qui a permis aux nouveaux diplômés de prolonger les échanges avec leurs professeurs, les religieuses de l’Assomption ainsi que leurs familles venues les entourer et les accompagner pour cette étape importante. Une dernière parenthèse de partage avant de se tourner vers la suite.
Mathilde Duquesne
(*) Certificat d’université en didactique de l’enseignement religieux













































