Le Carême, c’est vivre sa foi ensemble
Ce mercredi 18 février 2026 a débuté le Temps du Carême. Cette période qui durera 40 jours (sans compter les dimanches) pour se terminer le Jeudi saint nous emmènera vers Pâques et la Résurrection du Seigneur.
De par son nom latin quadragesima (« quarantième »), le Carême rappelle aux chrétiens la période de 40 jours passés par Jésus dans le désert. Ce nombre est cependant souvent repris dans la Bible : 40 jours de déluge, 40 années d’errance du peuple juif dans le désert après sa fuite d’Égypte, 40 jours et 40 nuits passés par Moïse sur le mont Sinaï…
Durant cette période, les chrétiens sont appelés à vivre un temps de conversion. En apposant les cendres sur le front des fidèles en ce mercredi des Cendres, l’officiant prononce d’ordinaire les paroles « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1,15).
Dans la Cathédrale de Tournai ce matin, la célébration d’entrée en Carême a rassemblé de nombreux fidèles. Mgr Rossignol les a accueillis en rappelant que cette période « stresse un peu, car le Carême est aussi un temps de conversion, de sacrifice. Mais l’important, c’est la confiance en Dieu ». Il a également souligné que cette période était le moment pour « sortir de sa zone de confort ».
Vivre la foi ensemble
En commentant l’Évangile du jour dans son homélie, notre évêque a remis le texte dans son contexte. En effet, la parole du Seigneur doit se lire dans le contexte de la tradition juive, où les personnes ont l’habitude de faire l’aumône, de prier et de jeûner aussi ensemble.
La société d’aujourd’hui est bien différente, car l’aumône, la prière et le jeûne ne sont plus dans les habitudes de tous ni considérées comme une obligation. « Ce que je voudrais souligner aujourd’hui, c’est le fait que notre époque de Carême doit aussi avoir une visibilité, parce que nous devons vivre notre foi ensemble. C’est quand nous vivons notre foi ensemble que d’une part nous nous encourageons les uns les autres, et que d’autre part notre époque de Carême est orientée vers les autres. »

Les trois prescriptions du Carême
Mgr Rossignol a profité de son homélie pour rappeler les trois grandes prescriptions du Carême (jeûne, aumône et prière), en soulignant de les vivre non pour soi mais pour les autres.
Ainsi, le jeûne, c’est faire l’expérience de ce que vivent les autres. Il a pris ainsi en exemple le froid qui régnait dans la cathédrale : « Quand nous avons froid, comme dans cette cathédrale, nous avons la chance de pouvoir faire un tout petit peu l’expérience de tous les gens qui ont froid dans notre société. Et donc tous les efforts que je fais de sacrifice personnel m’aident à prendre conscience du monde en souffrance autour de moi. Si j’ai faim, comme normalement le jour du Mercredi des Cendres, la question n’est pas de savoir s’il faut manger du poisson ou de la viande. Ce qui est important, c’est de faire l’expérience dans mon corps. Quand je ne mange pas, je me sens faible. Ce n’est pas pour se sentir faible personnellement mais pour rejoindre tous ceux qui font cette expérience. C’est ça le jeûne, fondamentalement. De nouveau, on doit tendre à un équilibre dans notre vie. »
L’aumône est le symbole de la solidarité et n’est pas uniquement financière. Il est possible aussi de faire l’aumône de son temps : « Souvent nous sommes tellement pris par notre agenda que nous n’avons plus d’espace pour nos frères et sœurs. Donc le Carême nous dit : prends ce temps d’aller à la rencontre de tes frères et sœurs, n’aie pas peur de leurs besoins à eux et essaye de faire ce que tu peux pour soulager leurs souffrances. »
Quant à la prière, elle n’est pas seulement qu’un temps pour soi, pour essayer d’obtenir la paix : « le temps de la prière, c’est de nouveau un temps où je suis tourné vers l’autre. Je suis tourné vers le Christ, je découvre la soif du Christ de vouloir communiquer son amour pour toute l’humanité », a-t-il rappelé.

Pour les futurs baptisés
Les catéchumènes étaient bien évidemment dans les pensées de chacun. Ceux-ci vivront en effet ce week-end l’Appel Décisif, étape importante de leur parcours vers le baptême. Chacun sera appelé par son nom, qui sera inscrit dans des registres. Ceux-ci seront ensuite confiés à une communauté religieuse qui priera pour eux. Lors de la célébration, ils recevront l’écharpe mauve qui sera remplacée par une écharpe blanche après leur baptême.
En raison du nombre de catéchumènes dans notre diocèse, deux célébrations seront vécues cette année : le samedi 20 février à 15h à Frameries pour les ados et le dimanche 21 février à 15h à Mons pour les adultes.
Voir aussi :
Marie Lebailly
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