Pélerinage diocésain à Lourdes 2026 – Catéchèse sur l’Onction des Malades

Pélerinage diocésain à Lourdes 2026 – Catéchèse sur l’Onction des Malades

La maladie dans la vie humaine

La maladie et la souffrance ont toujours été parmi les problèmes les plus graves qui éprouvent la vie humaine. Dans la maladie, l’homme fait l’expérience de son impuissance, de ses limites et de sa finitude. Toute maladie peut nous faire entrevoir la mort.

La maladie peut conduire à l’angoisse, au repliement sur soi, parfois même au désespoir et à la révolte contre Dieu. Elle peut aussi rendre la personne plus mûre, l’aider à discerner dans sa vie ce qui n’est pas essentiel pour se tourner vers ce qui l’est. Très souvent, la maladie provoque une recherche de Dieu, un retour à Lui.

Le malade devant Dieu

L’homme de l’Ancien Testament vit la maladie en face de Dieu. C’est devant Dieu qu’il déverse sa plainte sur sa maladie (cf. Ps 38) et c’est de Lui, le Maître de la vie et de la mort, qu’il implore la guérison (cf. Ps 6, 3 ; Is 38). La maladie devient chemin de conversion (cf. Ps 38, 5 ; 39, 9. 12) et le pardon de Dieu inaugure la guérison (cf. Ps 32, 5 ; 107, 20 ; Mc 2, 5-12). Israël fait l’expérience que la maladie est, d’une façon mystérieuse, liée au péché et au mal, et que la fidélité à Dieu, selon sa Loi, rend la vie :  » car c’est moi, le Seigneur, qui suis ton médecin  » (Ex 15, 26). Le prophète entrevoit que la souffrance peut aussi avoir un sens rédempteur pour les péchés des autres (cf. Is 53, 11). Enfin, Isaïe annonce que Dieu amènera un temps pour Sion où il pardonnera toute faute et guérira toute maladie (cf. Is 33, 24).

Le Christ – médecin

La compassion du Christ envers les malades et ses nombreuses guérisons d’infirmes de toute sorte (cf. Mt 4, 24) sont un signe éclatant de ce  » que Dieu a visité son peuple  » (Lc 7, 16) et que le Royaume de Dieu est tout proche. Jésus n’a pas seulement pouvoir de guérir, mais aussi de pardonner les péchés (cf. Mc 2, 5-12) : il est venu guérir l’homme tout entier, âme et corps ; il est le médecin dont les malades ont besoin (cf. Mc 2, 17). Sa compassion envers tous ceux qui souffrent va si loin qu’il s’identifie avec eux :  » J’ai été malade et vous m’avez visité  » (Mt 25, 36). Son amour de prédilection pour les infirmes n’a cessé, tout au long des siècles, d’éveiller l’attention toute particulière des chrétiens envers tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur âme. Elle est à l’origine des efforts inlassables pour les soulager.

Souvent Jésus demande aux malades de croire (cf. Mc 5, 34. 36 ; 9, 23). Il se sert de signes pour guérir : salive et imposition des mains (cf. Mc 7, 32-36 ; 8, 22-25), boue et ablution (cf. Jn 9, 6 s). Les malades cherchent à le toucher (cf. Mc 1, 41 ; 3, 10 ; 6, 56)  » car une force sortait de lui qui les guérissait tous  » (Lc 6, 19). Ainsi, dans les sacrements, le Christ continue à nous  » toucher  » pour nous guérir.

Emu par tant de souffrances, le Christ non seulement se laisse toucher par les malades, mais il fait siennes leurs misères :  » Il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies  » (Mt 8, 17 ; cf. Is 53, 4). Il n’a pas guéri tous les malades. Ses guérisons étaient des signes de la venue du Royaume de Dieu. Ils annonçaient une guérison plus radicale : la victoire sur le péché et la mort par sa Pâque. Sur la Croix, le Christ a pris sur lui tout le poids du mal (cf. Is 53, 4-6) et a enlevé le  » péché du monde  » (Jn 1, 29), dont la maladie n’est qu’une conséquence. Par sa passion et sa mort sur la Croix, le Christ a donné un sens nouveau à la souffrance : elle peut désormais nous configurer à lui et nous unir à sa passion rédemptrice.

 » Guérissez les malades… « 

Le Christ invite ses disciples à le suivre et les fait participer à son ministère de compassion et de guérison :  » Ils s’en allèrent prêcher qu’on se repentît ; et ils chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades et les guérissaient  » (Mc 6, 12-13).

L’Église apostolique connaît cependant un rite propre en faveur des malades, attesté par S. Jacques :  » Quelqu’un parmi vous est malade ? Qu’il appelle les presbytres de l’Église et qu’ils prient sur lui, après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient, et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis  » (Jc 5, 14-15). La Tradition a reconnu dans ce rite un des sept sacrements de l’Église (cf. DS 216 ; 1324-1325 ; 1695-1696 ; 1716-1717).

Un sacrement des malades

L’Église croit et confesse qu’il existe, parmi les sept sacrements, un sacrement spécialement destiné à réconforter ceux qui sont éprouvés par la maladie : l’Onction des malades :

Le sacrement de l’Onction des malades est conféré aux personnes dangereusement malades, en les oignant sur le front et sur les mains avec de l’huile dûment bénite – huile d’olive ou autre huile extraite de plantes – en disant une seule fois : « Par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint. Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu’Il vous sauve et vous relève. » – cf. CIC, can. 847, § 1.

Qui reçoit et qui administre ce sacrement ?

L’Onction des malades  » n’est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité. Aussi, le temps opportun pour la recevoir est-il certainement déjà arrivé lorsque le fidèle commence à être en danger de mort à cause de la maladie par suite d’affaiblissement physique ou de vieillesse  » (SC 73 ; cf. CIC, can. 1004, § 1; 1005; 1007; CCEO, can. 738).

Si un malade qui a reçu l’Onction recouvre la santé, il peut, en cas de nouvelle maladie grave, recevoir de nouveau ce sacrement. Au cours de la même maladie, ce sacrement peut être réitéré si la maladie s’aggrave. Il est approprié de recevoir l’Onction des malades au seuil d’une opération importante. Il en va de même pour les personnes âgées dont la fragilité s’accentue.

Comment est célébré ce sacrement ?

Comme tous les sacrements, l’Onction des malades est une célébration liturgique et communautaire (cf. SC 27), qu’elle ait lieu en famille, à l’hôpital ou à l’Église, pour un seul malade ou pour tout un groupe d’infirmes. Il est très convenable qu’elle soit célébrée au sein de l’Eucharistie, mémorial de la Pâque du Seigneur. Si les circonstances y invitent, la célébration du sacrement peut être précédée du sacrement de Pénitence et suivie du sacrement de l’Eucharistie. En tant que sacrement de la Pâque du Christ, l’Eucharistie devrait toujours être le dernier sacrement de la pérégrination terrestre, le  » viatique  » pour le  » passage  » vers la vie éternelle.

Parole et sacrement forment un tout inséparable. La Liturgie de la Parole, précédée d’un acte de pénitence, ouvre la célébration. Les paroles du Christ, le témoignage des Apôtres éveillent la foi du malade et de la communauté pour demander au Seigneur la force de son Esprit.

La célébration du sacrement comprend principalement les éléments suivants :  » les prêtres de l’Église  » (Jc 5, 14) imposent – en silence – les mains aux malades ; ils prient sur les malades dans la foi de l’Église (cf. Jc 5, 15) ; c’est l’épiclèse propre de ce sacrement ; ils donnent alors l’onction avec l’huile bénite, si possible, par l’évêque.

Les effets de la célébration de ce sacrement

Un don particulier de l’Esprit Saint. La grâce première de ce sacrement est une grâce de réconfort, de paix et de courage pour vaincre les difficultés propres à l’état de maladie grave ou à la fragilité de la vieillesse. Cette grâce est un don du Saint-Esprit qui renouvelle la confiance et la foi en Dieu et fortifie contre les tentations du malin, tentation de découragement et d’angoisse de la mort (cf. He 2, 15). Cette assistance du Seigneur par la force de son Esprit veut conduire le malade à la guérison de l’âme, mais aussi à celle du corps, si telle est la volonté de Dieu (cf. Cc. Florence : DS 1325). En outre,  » s’il a commis des péchés, ils lui seront remis  » (Jc 5, 15 ; cf. Cc. Trente : DS 1717).

L’union à la Passion du Christ. Par la grâce de ce sacrement, le malade reçoit la force et le don de s’unir plus intimement à la Passion du Christ : il est d’une certaine façon consacré pour porter du fruit par la configuration à la Passion rédemptrice du Sauveur. La souffrance, séquelle du péché originel, reçoit un sens nouveau : elle devient participation à l’œuvre salvifique de Jésus.

Une grâce ecclésiale. Les malades qui reçoivent ce sacrement,  » en s’associant librement à la Passion et à la mort du Christ « , apportent  » leur part pour le bien du peuple de Dieu  » (LG 11). En célébrant ce sacrement, l’Église, dans la communion des saints, intercède pour le bien du malade. Et le malade, à son tour, par la grâce de ce sacrement, contribue à la sanctification de l’Église et au bien de tous les hommes pour lesquels l’Église souffre et s’offre, par le Christ, à Dieu le Père.

Une préparation au dernier passage. Si le sacrement de l’Onction des malades est accordé à tous ceux qui souffrent de maladies et d’infirmités graves, il l’est à plus forte raison à ceux qui sont sur le point de sortir de cette vie (In exitu vitæ constituti : Cc. Trente : DS 1698), de sorte qu’on l’a aussi appelé sacramentum exeuntium (ibid.). L’Onction des malades achève de nous conformer à la mort et à la résurrection du Christ, comme le Baptême avait commencé de le faire. Elle parachève les onctions saintes qui jalonnent toute la vie chrétienne ; celle du Baptême avait scellé en nous la vie nouvelle ; celle de la Confirmation nous avait fortifiés pour le combat de cette vie. Cette dernière onction munit la fin de notre vie terrestre comme d’un solide rempart en vue des dernières luttes avant l’entrée dans la Maison du Père (ibid. : DS 1694).

Le Viatique, dernier sacrement du chrétien

Reçue à ce moment de passage vers le Père, la Communion au Corps et au Sang du Christ a une signification et une importance particulières. Elle est semence de vie éternelle et puissance de résurrection, selon les paroles du Seigneur :  » Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et moi, je le ressusciterai au dernier jour  » (Jn 6, 54). Sacrement du Christ mort et ressuscité, l’Eucharistie est ici sacrement du passage de la mort à la vie, de ce monde vers le Père (cf. Jn 13, 1).

Ainsi, comme les sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l’Eucharistie constituent une unité appelée  » les sacrements de l’initiation chrétienne « , on peut dire que la Pénitence, la Sainte Onction et l’Eucharistie, en tant que viatique, constituent, quand la vie chrétienne touche à son terme,  » les sacrements qui préparent à la Patrie « 

Pour recevoir les fruits de ce sacrement, le sujet doit être préalablement réconcilié avec Dieu et l’Église, au moins avec le désir inséparablement uni au repentir de ses péchés et à l’intention de les confesser, quand cela est possible, dans le sacrement de la Pénitence. Pour cette raison, l’Église prévoit qu’avant l’Onction, le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation soit administré au malade (cf. Sacrosanctum Concilium 74).

Le sujet doit avoir l’intention, au moins habituelle et implicite, de recevoir ce sacrement[21]. En d’autres termes : le malade doit avoir la volonté sans réserve de mourir comme les chrétiens, et avec les aides surnaturelles qui lui sont destinées.

Bien que l’Onction des malades puisse être administrée à ceux qui ont déjà perdu leurs sens, il faut veiller à ce qu’elle soit reçue alors qu’ils n’ont pas perdu connaissance afin que le malade soit mieux disposé à recevoir la grâce du sacrement. Elle ne doit pas être administrée à ceux qui restent obstinément impénitents dans un péché mortel manifeste (cf. CIC, can. 1007)[22].

Les fidèles doivent être conscients qu’à notre époque, il existe une tendance à « isoler » la maladie et la mort. Dans les cliniques et les hôpitaux, les personnes gravement malades meurent parfois dans la solitude, même si elles sont entourées d’autres personnes et très bien soignées dans une « unité de soins intensifs ». Tous – et en particulier les chrétiens qui travaillent dans le milieu hospitalier – doivent s’efforcer de faire en sorte que les malades hospitalisés ne manquent pas des moyens qui apportent réconfort et soulagement au corps et à l’âme souffrants, et parmi ces moyens – en plus du sacrement de la Pénitence et du Viatique – figure le sacrement de l’Onction des malades.

En tant que sacrement véritable et propre de la Loi Nouvelle, l’Onction des malades offre au fidèle chrétien la grâce sanctifiante ; en outre, la grâce sacramentelle spécifique de l’Onction des malades a les effets suivants :

– L’union plus intime avec le Christ dans sa Passion rédemptrice, pour son bien et celui de toute l’Église (cf. Catéchisme, 1521-1522 ; 1532) ;

– Le réconfort, la paix et l’encouragement à surmonter les difficultés et les souffrances de la maladie grave ou de la fragilité de la vieillesse (cf. Catéchisme, 1520 ; 1532) ;

– La guérison des reliques du péché et le pardon des péchés véniels, ainsi que des péchés mortels dans le cas où le malade était repentant mais n’avait pas pu recevoir le sacrement de la Pénitence (cf. Catéchisme, 1520) ;

– Le rétablissement de la santé corporelle, si telle est la volonté de Dieu (cf. Concile de Florence : DS 1325 ; Catéchisme, 1520) ;

– La préparation au passage à la vie éternelle. En ce sens, le Catéchisme de l’Église Catholique affirme : « Cette grâce [propre à l’Onction des malades] est un don du Saint-Esprit qui renouvelle la confiance et la foi en Dieu et fortifie contre les tentations du malin, tentation de découragement et d’angoisse de la mort (cf. He 2, 15 » (Catéchisme, 1520).

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