Une semaine pour prendre soin de la Création et tisser des liens de fraternité

Une semaine pour prendre soin de la Création et tisser des liens de fraternité

Du 20 au 25 juillet 2026, l’Abbaye de Soleilmont et sa communauté ont à nouveau ouvert leurs portes à la Semaine Verte, co-organisée par le Service diocésain Solidarités & Écologie intégrale.

Le fil rouge de cette semaine méditative : devenir des « tisserands de fraternité ». Une invitation à conjuguer foi, écologie intégrale et échanges fraternels dans le cadre propice à la sobriété heureuse et la rencontre avec Dieu qu’est cette abbaye.

Avec pour thème les tisserands de fraternité, cette édition a été placée sous le signe de la solidarité. Dans notre société où les liens entre les êtres humains semblent parfois s’effilocher à l’instar des liens de ceux-ci avec le vivant, la fraternité ne se décrète pas ; elle se construit patiemment, comme un tissu dont chaque fil a un rôle à jouer. Mais si tisser la fraternité, est un chemin de foi où nous apprenons continuellement à reconnaître dans l’Autre un frère ou une sœur aimé-e de Dieu, c’est aussi grâce à cette fraternité cultivée que nous pouvons accueillir la Création comme une maison commune confiée à notre responsabilité. C’est dans cette optique qu’une œuvre collaborative a été proposée aux participants en début de semaine. Sur une planche de bois où avait été tissé un arbre, chacun d’entre eux a été invité à venir tresser au fil des jours les racines de cet arbre, s’étendant parfois sur plusieurs mètres. Ces tresses symbolisant les liens que les participants avaient pu créer se sont ajoutées sur cet arbre, au même titre que de petits mots de remerciement au Seigneur pour des moments privilégiés passés en compagnies des autres. Que ce soit pendant les repas partagés dans la bonne humeur ou les soirées plus calmes où chacun a pu déposer ses préoccupations et être accueilli comme il était, ces instants précieux ont été couchés sur papier et accrochés à cet arbre symbolisant une fois de plus que « tout est lié dans le monde » (Laudato Si 16).

Prière, travail et activités des journées bien chargées !

Ainsi, pendant six jours, des participants cherchant à marcher dans les traces de Saint François d’Assise, mort il y a 800 ans en prenant soin de notre Terre et en se laissant imprégner par la Parole de Dieu, ont été invités à ralentir, à prier, à travailler et à discuter d’écologie intégrale et de solidarité au rythme de la communauté des sœurs de Notre-Dame de Soleilmont et des activités proposées durant les après-midis.
Ainsi, en dehors de l’Eucharistie et des différents offices, – haltes précieuses pour confier au Seigneur les préoccupations du monde mais aussi les découvertes de chaque jour, les journées étaient divisées en deux parties. Chaque matin, les participants étaient invités à lire, dans le cahier qui leur avait été distribué, les méditations du jour ainsi que le portrait de la personnalité choisie pour guider spirituellement cette journée. Les matinées étaient ensuite consacrées au service au sein de la propriété (entretien des espaces verts et du cimetière, récolte des légumes et cuisine). Ces matinées furent pour certains l’occasion de se ressourcer en participant humblement à l’œuvre du Créateur dans le silence, et pour d’autres, l’opportunité de partager un peu de leur vie et d’être écoutés activement par les autres.

« Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde. » (Gn 2,15)

Les après-midis, après les offices de Sexte ponctués toute la semaine d’intentions de prière rédigées par les participants, ont vu se mettre en place des ateliers tels que la confection d’hôtels à insectes (Abid Bahri) et de bombes de graines, mais également la réalisation d’un pesto d’orties (Emily Janimak) pour renouer dès le lundi avec le vivant par des gestes simples comme la cuisine sauvage ou le toucher de la terre.

Mardi, l’artiste Fabienne Wérion, faisant appel à notre enfant intérieur, est venue nous conter l’histoire de « La couturière de l’invisible », un récit visant à faire comprendre aux participants l’importance des liens qui nous unissent, même si nous ne les voyons pas toujours. Ainsi, par le biais d’une balade en extérieur, les participants ont été amenés à recoudre un morceau de jute avec du fil et des éléments de la nature, symbolisant une relation conflictuelle désormais réparée et embellie.
Mercredi, ce sont deux ateliers qui se sont déroulés dans la forêt du domaine de l’abbaye. Alors que les plus curieux ont eu la possibilité, grâce à Etienne Nihoul, – agronome spécialisé dans la gestion des forêts et des espaces naturels -, de découvrir les différentes essences peuplant la propriété et les enjeux liés à leur préservation, les plus créatifs ont, quant à eux, pu s’émerveiller en réalisant avec la guide nature Delphine Lesceux un land art, une œuvre éphémère créée dans la nature, qu’ils ont pensé comme une offrande à Dieu, à la Création mais aussi aux visiteurs venant s’adonner à la contemplation… Le soir, ce sont des jeux de société (éco-conçus) sur les merveilles de la nature ou la préservation de l’environnement qui ont été proposés pour une ambiance toujours plus conviviale.
Jeudi, les participants ont pu recevoir les enseignements de Zahra Kathri (engagée dans la réflexion sur l’écologie, la spiritualité et le dialogue interreligieux) venue donner une conférence sur « L’altérité, chemin à cultiver ». De la polysémie à la déconstruction des idées reçues en passant par la Puissance créatrice, cette conférence aura suscité de riches interactions au sein du groupe de participants à la Semaine Verte, mettant ces derniers en chemin pour l’intervention du lendemain.

« Si tu penses comme moi, tu es mon frère. Si tu ne penses pas comme moi, tu es deux fois mon frère, car tu m’ouvres un autre monde. » – écrivain ethnologue malien Amadou Hampâté Bâ (20e S.)

Vendredi, c’est Marie-Christine Lothier (Entraide et Fraternité) qui est intervenue pour nous parler du projet inclusif « Le Chant des Signes » auquel elle a contribué, un spectacle engagé alliant chansigne (chant en langue des signes), chant choral, et danse inclusive qui transcende les différences. De la chorale « Les Motivés » à leur rencontre avec le groupe de chansigne d’Horizon 2000 « Les mains En’Chantées », les participants de la Semaine Verte ont pu entendre toute l’histoire et même quelques extraits de ce projet solidaire dont les spectacles affichent sold out ! Après ce témoignage inspirant qui donne envie de s’engager, les participants ont pu terminer l’après-midi dans le patio de l’abbaye où le soleil était en rendez-vous et y réaliser, pour ceux qui le souhaitaient, des impressions solaires au curcuma ou des peintures sur verre en lien avec leur foi.
Après avoir été portés toute la semaine par les psaumes chantés de la communauté et avoir tant parlé de musique comme médium d’engagement la veille, les participants ont vu la musique devenir samedi l’expression d’un amour profane puis divin avec un concert donné par la chanteuse Naziha Meftah et Abid Bahri au luth sur la Passion profane et mystique (cœur de la foi dans le soufisme). Ponctué par de la poésie déclamée par Zahra Khatri, ce moment hors du temps, au sein de l’église abbatiale de la communauté où trônait l’œuvre collaborative de la semaine, a ainsi clôturé en beauté ce qui s’était vécu durant cette Semaine Verte 2026. Nourris des célèbres biscuits de Soleilmont et de thé à la menthe du jardin fait pour l’occasion, mais aussi de l’ouverture et de la fidélité des sœurs à la prière, et surtout de tant de paroles redonnant de l’espoir pour notre Planète et pour les hommes, les participants sont devenus de réels « tisserands de fraternité » durant cette Semaine Verte, une mission qui, une fois accueillie, ne peut que porter du fruit passé les portes de l’abbaye…

« Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. » (Mt 13,23)

Intéressés par la Semaine Verte ? À vos agendas alors ! La prochaine Semaine Verte se tiendra du 19 au 24 juillet 2027.

Emily Janimak

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