Banque alimentaire de Tournai: là où fleurit la solidarité
Dans le zoning d’Orcq, à quelques kilomètres de la Cité des Cinq Clochers, des centaines de mètres carrés abritent des denrées destinées à un public précarisé. De très nombreux bénévoles trient, encodent, stockent et préparent chaque jour des livraisons vers plus de 50 associations. Ils ont accueilli l’évêque de Tournai pour lui faire découvrir leur travail.
De l’extérieur, c’est un entrepôt comme les autres, au cœur du zoning industriel d’Orcq. Sur la façade, une simple mention «Banque alimentaire»… et un logo montrant deux oiseaux qui picorent dans un bol. Mais à l’intérieur, c’est une vraie ruche et une organisation précise et efficace qui se dévoilent. Céréales, boîtes de conserve, produits d’hygiène rangés sur des palettes empilées jusqu’au plafond. Produits frais dans un énorme frigo. Juste à côté, denrées surgelées dans un congélateur à -18° tout aussi imposant. Des chariots élévateurs, des diables XXL,… Et surtout des bénévoles qui, soutenus par des collaborateurs «article 60» mis à disposition par les CPAS, gèrent avec professionnalisme des tonnes de marchandises qui seront distribuées à plus de 12.000 bénéficiaires dans le Hainaut occidental et la région de Mons-Borinage chaque année.
Jour après jour, depuis 1988, la Banque alimentaire de Tournai (BAT) fait le tour des enseignes partenaires pour récupérer les invendus. Il y a aussi les denrées fournies par le Fonds social européen. Et puis celles qu’il faut acheter, parce que les quantités récoltées ne suffisent plus à répondre aux besoins croissants des associations et des personnes plongées dans la précarité. C’est tout cela que l’équipe de la Banque alimentaire a voulu faire découvrir à Mgr Frédéric Rossignol, toujours soucieux d’aller à la rencontre des réalités du terrain, notamment en matière de pauvreté et de solidarité.
Lutter contre la faim et le gaspillage
Après une visite des lieux, aux côtés de Christine Couillard, animatrice pastorale pour les Solidarités des trois UP tournaisiennes, Mgr Rossignol a pu suivre une présentation plus détaillée de l’asbl. Pierre Vanassche et Luc Janssens, respectivement président et vice-président du conseil d’administration, se sont réjouis de recevoir dans l’entrepôt le nouvel évêque, déjà présent en mai dernier lors de la «course aux canards» géante organisée dans l’Escaut au profit de la BAT.
«La pauvreté est parfois invisible mais elle est bien réelle, et elle est en augmentation», insiste Luc Janssens. Il y a en Belgique 9 banques alimentaires, dont 2 en Hainaut, à Tournai et à Charleroi. De plus petits dépôts (à Jemappes et Mouscron pour la BAT) servent ensuite de relais locaux pour la distribution. Ce sont ainsi 57 associations et 10 maisons d’accueil agréées qui reçoivent de l’aide pour pouvoir offrir des colis ou cuisiner des repas.
Si les banques alimentaires s’attaquent en priorité à la faim qui sévit chez nous, la lutte contre le gaspillage fait aussi partie de leurs objectifs: «3,6 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année, dans l’agriculture, la grande distribution et les ménages», déplore le vice-président de la BAT. «La Belgique est en la matière un mauvais élève en Europe…»
Une aide gratuite
Afin d’offrir une alimentation saine, la BAT vérifie scrupuleusement la qualité et les dates de validité des produits récoltés dans les grandes surfaces de la région. Une gestion informatisée des stocks a été mise en place. Et un surgélateur capable de congeler des aliments en 4 heures grâce à un refroidissement à -40° fait également partie de la chaîne pour préserver ce qui serait trop vite périmé.
À la différence d’une épicerie sociale, les denrées sont proposées gratuitement par les banques alimentaires. Bien entendu, les bénéficiaires doivent être inscrits et reconnus comme nécessitant cette aide, par exemple s’ils dépendent du CPAS. «Au total en Belgique, plus de 200.000 personnes sont soutenues par les banques alimentaires. Beaucoup de parents seuls et de plus en plus de pensionnés.» Un chiffre sans doute sous-estimé, pense Luc Janssens, car il y a ceux qui n’osent pas pousser la porte des associations et ceux qui se «débrouillent» autrement.
Mais alors que les besoins ne cessent de croître, entre autres suite à la limitation dans le temps des allocations de chômage, les subsides de l’État et du Fonds social européen, eux, tendent à diminuer. Plus que jamais la BAT compte sur les dons, des particuliers bien sûr mais aussi des grosses entreprises ayant à cœur de développer une dimension sociale dans leurs activités. Parce que la solidarité est l’affaire de tous.
Agnès MICHEL
Pour mieux connaître et aider la Banque alimentaire de Tournai, rendez-vous sur banquealimentairebat.org
Vous y trouverez toutes les informations utiles sur l’asbl mais aussi comment faire un don… ou devenir bénévole!





























