Pastorale scolaire: des élèves passeurs de paix

Pastorale scolaire: aider les élèves à devenir des passeurs de paix

Un peu partout en Hainaut, des enseignants passionnés et investis dans la pastorale scolaire développent des trésors de créativité et de bienveillance pour préparer leurs élèves à devenir des adultes responsables. Des expériences qui portent du fruit et méritent qu’on en parle!

«Le bien ne fait pas de bruit»… Et pourtant, ce ne sont pas les projets qui manquent dans les écoles du diocèse de Tournai. Même s’ils n’ont pas toujours un grand retentissement en-dehors des murs des établissements, ils n’en sont pas moins porteurs de sens, tant pour les élèves que pour les enseignants. Des enseignants qui peuvent malgré tout avoir parfois l’impression d’être un peu seuls avec leurs idées et leurs rêves. Alors pendant une demi-journée, jeudi 1er octobre 2026, l’équipe diocésaine de pastorale scolaire a donné l’occasion à une soixantaine de profs du secondaire de se retrouver et de partager leurs expériences, dans le magnifique cadre du Collège Saint-Vincent, à Soignies.

«Il ne s’agit pas d’établir un classement ou de se comparer entre écoles», a souligné d’emblée Bernard Ghislain, responsable de l’équipe pour le secondaire. Mais d’échanger autour de ces projets qui font sens pour les élèves et les collègues, s’enrichir de ce qui se fait ailleurs, et «repartir avec une boîte à outils plus remplie pour essayer des choses près de chez soi».

Au cours de cette année scolaire et de la prochaine, le thème retenu par la pastorale scolaire du réseau libre catholique en Fédération Wallonie-Bruxelles est la paix. Avec deux leitmotivs à la clé: «Recherche la paix et poursuis-la» (Ps 33,15) et «La paix aura ton visage». Dans un monde qui tourne à l’envers et bouscule chaque jour nos aspirations légitimes au bien vivre-ensemble, cette thématique ne pouvait pas être plus d’actualité…


Des outils où puiser

Les participants à cette journée de formation ont commencé par un exercice, qu’ils étaient d’ailleurs invités à reproduire dans leurs classes: en petits groupe, ils ont ainsi observé l’affiche proposée par la CIPS (Commission Interdiocésaine de Pastorale Scolaire) et échangé sur leurs ressentis.  Sur cette affiche, on aperçoit des personnages avec des cœurs lumineux. Parce que «l’appel de la paix commence par un appel intérieur profond». Une rivière s’écoule, de l’obscurité à la lumière. «La paix est progressive, c’est une lumière partagée.» Au-dessus du cours d’eau, un pont, visiblement construit de divers matériaux. «On construit la paix avec ce qu’on a, comme on peut.»

Bernard Ghislain présente ensuite aux enseignants présents le padlet de la CIPS, un espace de travail collaboratif où des «post-it» sont épinglés sur un mur virtuel. On y trouve l’affiche, bien sûr, mais aussi des propositions d’animation autour de la paix (par le biais de l’art, d’ateliers d’écriture, de célébrations,…). Ou encore de nombreuses ressources comme des vidéos, des chants, des visuels.

Une carte interactive (bientôt) remplie de projets

Pour donner de la visibilité à toutes les initiatives et actions de paix qui seront entreprises dans les écoles dans les prochains mois, celles-ci pourront être ajoutées par les enseignants eux-mêmes sur une carte interactive. Non seulement avec un petit drapeau qui permettra de situer géographiquement l’école concernée, mais aussi avec des photos, une vidéo ou un petit résumé de l’initiative, pour se faire connaître et donner des idées aux équipes pédagogiques d’autres établissements. «Notre espoir, c’est qu’au bout de deux ans nous ayons une carte pleine d’initiatives pour toute la Fédération Wallonie-Bruxelles», lance Bernard Ghislain.

Ce fut ensuite au tour des profs d’animer la journée. En venant raconter leurs projets, leurs enthousiasmes, leurs réalisations. Il y a eu «Esprit prof», de Mouscron, un groupe de professeurs de religion de plusieurs écoles qui en début d’année a invité le nouvel évêque de Tournai à rencontrer des élèves des filières générale, spécialisée et technique, réunis pour l’occasion et amenés ainsi à découvrir le parcours de Mgr Rossignol mais aussi à mieux se connaître entre eux. À Mons, le groupe de la pastorale des Ursulines s’appelle «Osons». Avec un très fort sentiment d’appartenance à l’établissement, les diverses implantations travaillent main dans la main: fête du printemps, 175 ans de la présence des sœurs Ursulines à Mons, récolte de vivres, marche parrainée, chemin de croix à l’école, formation pour les nouveaux collaborateurs autour de la figure de sainte Angèle Merici (enseignante des 15e et 16e siècles, fondatrice des Ursulines), les projets ne se comptent plus. À Soignies, une prof de religion du Collège a donné idées et conseils pour organiser une matinée de Noël et une célébration chaleureuse pour les élèves.

Témoignages

Le service RiseUp, lui, propose aux écoles «La semaine des lueurs», menée depuis 8 ans par la pastorale des jeunes du Brabant wallon et à laquelle le diocèse de Tournai a souhaité s’associer. Du 15 au 19 février 2027, des hommes et des femmes au parcours de vie singulier viennent témoigner et échanger avec les élèves. Des témoignages vrais qui toucheront les jeunes en profondeur.

Au collège Saint-Vincent de Soignies, ce sont 56 élèves de 5e année qui, portés par leur prof d’histoire, sont partis trois jours à Auschwitz pour un «Devoir de mémoire». Plusieurs jeunes sont d’ailleurs venus raconter en quelques mots ce voyage marquant: «On se sent obligés de témoigner de ce qu’on a vu, pour que cela ne se répète pas», «Le fait d’aller sur place nous a permis de mesurer l’ampleur de ce qui s’est passé et aujourd’hui de comprendre le monde dans lequel on vit.» Au retour, les participants ont pu exprimer ce qu’ils avaient envie de partager dans une exposition d’affiches, de photos, de récits lors de la journée portes ouvertes. «Visiter Auschwitz, il y a un avant et un après», affirme le professeur d’histoire à l’initiative du projet. «C’est une transformation intérieure qui donne envie aux élèves d’effectuer ce travail de transformation envers d’autres.»

Depuis des mois, le monde enseignant traverse de nombreuses turbulences. Entre économies, statut remis en cause, conditions de travail sans cesse plus ardues, le «plus beau métier du monde» n’attire plus vraiment. Et pourtant, il suffit de quelques heures d’échanges pour voir combien, au-delà de tous ces obstacles, celles et ceux qui restent aiment leurs élèves, se démènent pour eux et pour leur avenir. Merci les profs!

Agnès Michel     
 

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