Et si on se mariait?
Un témoignage sur le parcours vers le sacrement.
Ça y est, nous sommes fiancés! Mais par où commencer? En nous préparant au mariage, bien sûr. Une préparation qui devrait nous donner de bonnes bases pour notre future vie conjugale et nous permettre d’entrer en profondeur dans ce qu’est ce sacrement. Cet accompagnement n’est donc pas à prendre à la légère, car le mariage est bien plus qu’un but à atteindre. C’est un nouveau chapitre de notre histoire.
Au début, je recherche des propositions dans notre unité pastorale (UP). À mon grand étonnement, je découvre qu’il n’y a rien pour nous accompagner. Je ne perds pas espoir et je découvre sur le site du diocèse de Tournai un agenda des sessions de préparation au mariage. J’y apprends l’existence de soirées de préparation au mariage près du centre pastoral d’Antoing. Ce n’est pas très loin et je suis curieuse. Je décide donc de me renseigner à ce sujet.
Sauter dans le grand bain
Après discussion avec mon futur mari, nous nous y inscrivons, même si nous ne faisons pas partie de l’UP. L’accompagnement des futurs mariés dans cette UP exige la participation à deux soirées, avant de poursuivre le parcours avec une messe et une bénédiction des fiancés. Je trouve ça intéressant sans être trop exigeant.
Très vite, nous sommes accueillis à la soirée par des acteurs de la préparation au mariage, ainsi que par l’abbé Pierrot Yamba-Yamba, responsable de l’UP. Des photos sont éparpillées sur une table et on nous demande d’en choisir une qui représente notre couple, avant de rejoindre les autres couples assis un peu plus loin. Quand tout le monde est arrivé, chaque couple prend la parole pour montrer la photo choisie, ainsi que pour partager ce qui l’a touché dans cette image.
Un court exposé nous présente alors les différents piliers du mariage: la fidélité, l’indissolubilité, la liberté et la fécondité. Des photos et une touche d’humour rendent la présentation plus percutante. Les couples sont ensuite divisés en deux: les femmes d’un côté et les hommes de l’autre. Chaque groupe est réparti dans une salle différente.
Homme et femme, Il les créa
Cette répartition permet à chacun et chacune de pouvoir s’exprimer en son nom propre. Les échanges sont profonds, nourris par quelques questions. On parle d’enfants, de la façon de vivre la distance dans un couple ou encore du souhait de finir son parcours de chrétien en recevant le sacrement de confirmation. Ce qui me touche le plus, c’est que les paroles sont criantes de vérité, car elles sont ancrées dans l’expérience personnelle des personnes autour de la table.
Puis, les couples se reforment et on vit un temps de prière animé par l’équipe organisatrice. On pourrait penser que la soirée est finie, mais elle se prolonge par un moment informel et convivial. Les fiancés ont souvent beaucoup de questions sur ce qui les attend et on peut sentir qu’ils ont tous à cœur de faire de leur mieux pour que leur mariage soit réussi. Une fois dans la voiture, la curiosité s’installe dans le couple. Qu’a bien pu dire l’autre? Sur quoi les discussions se sont-elles portées pendant le temps où nous étions séparés?
Après ces deux soirées, une célébration vient conclure ce temps de préparation avec une bénédiction des fiancés. Une manière de rapprocher la communauté paroissiale et les futurs mariés. Pourtant, après ce moment festif, je me rends compte que je ne me sens pas entièrement prête à recevoir ce sacrement. Ces quelques heures m’ont donné envie d’en apprendre plus sur ce «oui» qui nous engage. Je décide alors de me renseigner sur les sessions du Centre spirituel du Hautmont, près de Lille, qui propose un week-end entier. J’y découvre l’association À deux pour la vie, qui porte ce projet, ainsi qu’un week-end pour les couples ayant de trois à dix ans de mariage.
À deux pour la vie?
Le programme de ce week-end est très chargé et exigeant pour seulement deux petits jours et demi. Il permet d’aller en profondeur sur des sujets qui sont souvent clivants dans le couple, autour de cinq thématiques: le couple et son environnement, le couple et la communication orale, la tendresse/la sexualité et la parentalité, le sacrement du mariage et le couple dans la durée. Un échange autour des attentes des fiancés le vendredi permet de mettre à plat toutes les questions des couples présents. Chaque question est ensuite rangée dans une des cinq thématiques et on se rend vite compte que ce qui semble inquiéter le plus, c’est le couple dans la durée.
Chacune de ces thématiques est rythmée en trois temps: d’abord un temps seul où l’on répond à des questions sur le sujet et sur la manière dont on s’y situe, suivi d’un temps en couple pour échanger sur la position de chacun en profondeur, afin de construire une vision commune du couple, sans gommer les différences de chacun. Le sujet se conclut par un temps d’échange en «carrefours» (des groupes de 4 à 5 couples de fiancés avec un couple accompagnateur déjà marié). Un diacre ou un prêtre renforce les couples accompagnateurs pour apporter l’éclairage de l’Église sur certaines thématiques bien choisies.
Dans cette formule, chacun peut trouver son compte et se sentir écouté. Chrétien ou non, on explore sa relation à Dieu, aux autres, à la belle-famille, aux amis, mais aussi aux écrans… Les thèmes s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Les outils varient entre des livres, des vidéos, des témoignages,… Les temps en groupe permettent aussi de déposer certaines craintes des futurs mariés, de trouver des conseils et des outils comme, par exemple, les 5 langages de l’amour de Gary Chapman. Les couples accompagnateurs guident ce moment en prenant soin de recadrer le groupe et de permettre à chaque partenaire de prendre la parole.
La cerise sur le gâteau, c’est qu’en plus des éléments concrets, on ressort avec des petits cadeaux pour le couple: un espace est proposé pour écrire une lettre à notre futur(e) femme ou mari, ainsi qu’un point en équipe, pour créer un document reprenant notre projet de vie à deux pour notre couple ou notre famille, sous forme de maison de nos rêves. Une messe d’action de grâce clôt ce week-end riche en apprentissages, avec la proposition de se revoir à l’Épiphanie de l’année qui suit. On repart heureux d’avoir passé un moment de qualité avec l’autre, mais aussi d’avoir pu trouver des réponses à nos questions.
Voir la vie en tandem
Le cheminement vers le mariage, ce n’est pas uniquement un week-end et quelques soirées, même si c’est déjà un modèle efficace. Ce qui nous a vraiment aidés dans notre parcours, c’est de faire partie d’une équipe Tandem. Avant que mon mari me demande en mariage, nous avons eu la chance d’intégrer ce «petit frère» des équipes Notre-Dame. Ce fut une véritable richesse pour notre couple: apprendre à trouver du temps pour nourrir notre vie à deux. Comme une plante a besoin d’engrais et d’eau quotidiennement pour grandir et s’épanouir, nous avons eu aussi besoin d’arroser notre relation de couple et de futurs époux pour qu’elle continue à porter du fruit.
Ce parcours nous a aidés à communiquer ensemble et à construire notre mariage sur des bases solides. Il s’étale sur deux ans, pendant lesquels nous explorons treize thèmes. Pour chaque thématique, il y a un temps seul pour favoriser l’intériorité, suivi d’un temps de partage en couple. Une fois par mois, on se retrouve ensuite en groupe de 4 à 5 couples, accompagné d’un couple marié depuis plusieurs années. De ces échanges, on reçoit des clés pour comprendre l’autre, on dédramatise certaines situations qui sont parfois banales, on aborde des sujets qui peuvent être sources de tensions ou de craintes et on redécouvre son partenaire sous un nouveau jour, grâce aux sujets abordés. On pense souvent que l’autre fonctionne comme nous, mais on observe ici que ce n’est pas vraiment le cas. Briser cette croyance pour entrer dans le fonctionnement de l’autre, c’est la meilleure manière d’avancer ensemble. Les thèmes pour changer notre vision du couple sont variés: le pardon, la souffrance, la parentalité, le travail,…
Le souper Toi&Moi nous a également séduits, mon futur mari et moi. Une manière de prendre du temps pour notre couple et de renforcer notre connexion. Tout au long du repas, entre l’entrée, le plat et le dessert, des animateurs nous donnent des pistes pour mieux communiquer entre nous et chérir le lien qui nous unit. Il m’arrive parfois de me replonger dans les documents reçus, que ce soit pour comprendre quelle émotion me traverse ou pour découvrir quel est le besoin sous-jacent. C’est un apprentissage qui ne se limite pas à la relation conjugale, mais qui peut être élargi à toute forme de relation. La communication permet d’éviter les conflits si elle est cultivée intelligemment. Le plus fou, c’est qu’il suffit de refaire l’exercice quelques mois plus tard pour découvrir de nouvelles réponses à cette animation.
Il existe énormément de propositions dans le diocèse de Tournai pour être accompagné vers le sacrement de mariage (et après!). Certains vont privilégier une formule plus courte et rapide, d’autres vont vouloir une formule plus longue et profonde. Je fais plutôt partie du second groupe. Cette préparation m’a permis de comprendre qu’au fond, le mariage, ce n’est pas le but ultime de l’existence mais plutôt un chemin vers une nouvelle aventure. Alors, au mieux on y est préparé, au mieux on pourra surmonter les surprises que la vie nous réserve car, croyez-moi, elle nous en réserve!
Anaïs Marescaux
















