Homosexualité et questions de genre

Homosexualité et questions de genre

Quand les questions LGBT+ nous touchent à travers nos proches ou notre propre situation, divers sentiments face à ce qui se vit et à la foi catholique peuvent surgir (bouleversement, douleur, peur, solitude, manque de repères, etc.). Le service pastoral des Couples et Familles est y sensible et tente de réunir des informations et des services qui peuvent soutenir ou accompagner toute personne.

Dans le diocèse de Tournai, l’association « Devenir Un en Christ » est active pour les chrétiens homosexuels et leurs proches. Leur site internet, https://www.devenirunenchrist.net/, recueille de la documentation, informe des activités proposées et permet de prendre contact avec eux pour un accompagnement personnalisé.

Du côté de Namur, à Wépion, le centre spirituel La Pairelle organise des week-end de retraite « Homosexualité et foi ». Plus d’infos sur https://csilapairelle.be/activites/foi-et-homosexualite/

A Lille, l’association « Oser Vivre en Vérité » propose aux personnes concernées par l’homosexualité un accueil fraternel sans à priori ou un accompagnement spirituel. Elle organise également un événement annuel. Le prochain a lieu le 10 décembre 2022 sur le thème « Avec nos frères et nos sœurs LGBT+, devenir des communautés selon le cœur du Christ ». Plus d’infos ici.

Enfin, notre diocèse a vu naître en mars 2021, un groupe de travail sur les questions de l’homosexualité et du genre. Ce groupe de travail est nommé communément « LGTB+ en Eglise ».  Les initiatives de ce groupe de travail s’ancrent dans la volonté de :

  • témoigner d’un Dieu qui aime l’Homme et veut son bonheur ;
  • souligner l’accueil inconditionnel de l’Eglise envers toutes et tous ;
  • permettre à nos communautés chrétiennes de progresser dans la compréhension de ces problématiques.

Nous vous invitons à lire attentivement le texte suivant, fruit des 6 premiers mois d’existence du groupe de travail LGBT+ en Eglise.

Des baptisés en chemin

Les personnes homosexuelles et transgenres, quand elles se déclarent chrétiennes, vivent souvent un conflit subtil vis-à-vis de l’enseignement du Magistère qui se révèle à deux niveaux et ce, indépendamment de leur manière de vivre leur orientation sexuelle. Le tiraillement se noue par rapport à ce qu’elles sont au plus profond d’elles-mêmes et par rapport à leur appartenance à la communauté de foi. Le conflit ainsi positionné se décline de bien des manières et sous bien des angles. Quand ces mêmes personnes témoignent, elles mettent souvent en évidence l’incapacité de recevoir dans leur situation de vie concrète le discours entendu et officiel sur ce qu’elles sont, sur ce qu’elles doivent faire et ce sur quoi elles doivent s’abstenir. Les monitions d’accueil et de bienveillance ne suffisent généralement pas à guider, fortifier, réconcilier, avancer en vérité. La situation est dommageable en ce sens que la personne expérimente alors le fait de ne pas trouver dans le discours de l’Eglise de quoi baliser sa vie « ainsi faite », de quoi mobiliser des ressources lui permettant de réconcilier en profondeur ce qu’elle est, ce qu’elle vit, avec ce que la communauté à laquelle elle est attachée croit. Ce conflit peut être vécu de manière dramatique lorsque la personne estime que ce qu’elle reçoit ne lui offre pas les moyens de construire un avenir possible en Eglise. Force est de constater que la rupture n’est pas forcément consommée. Certains itinéraires de vie manifestent au contraire que le conflit, toujours latent, n’est plus un obstacle insurmontable à la réconciliation des identités personnelle et communautaire.  La majorité des témoignages qui vont en ce sens comportent des allusions claires à la « condition d’enfant de Dieu », à la certitude que « Dieu ne reprend pas l’amour qu’il a donné », ou encore à la conviction d’être « un chrétien à part entière », autant d’expressions qui font référence dans la conscience chrétienne contemporaine à l’identité reçue le jour du baptême. Le baptême comme socle de la réelle identité des enfants de Dieu signifie le lieu où tous peuvent se retrouver, se situer, se regarder, s’exprimer. Un mouvement de confiance résolue dans l’initiative divine peut être alors amorcé, un mouvement qui fait discerner tous les êtres et tous les événements dans la perspective d’une marche vers le Père.

En intelligence avec le temps, il nous semble que nous ne sommes pas appelés à chercher d’abord des solutions disciplinaires (ce qui serait permis et ce qui serait défendu), mais à prendre en considération les personnes, avec leurs situations concrètes. « Cheminement » est un terme qui a beaucoup d’implications. Il indique qu’un chemin est ouvert, et non pas fermé, et que sur ce chemin, il s’agit d’avancer, en pratiquant non pas des contrôles douaniers, mais le respect et la confiance à l’égard des personnes, en acceptant d’être évangélisés par ces rencontres, parce que nous participons à notre humanité commune. Nous avons besoin de nous écouter, d’aller au-delà des préjugés ou des rumeurs, pour participer ensemble à l’engagement du Christ quand il vient tout assumer de notre condition humaine. Cela signifie qu’il faut élargir nos horizons. Les épreuves de l’amour humain ne valent pas seulement pour les personnes homosexuelles ou transgenres. C’est l’amour lui-même qui est éprouvant. La vie chrétienne constitue un ensemble vivant et complexe. Mais rien de cet ensemble vivant ne peut échapper à l’Alliance du Dieu vivant avec nous. Le lieu primordial où Dieu travaille, ce sont nos consciences, nos cœurs, nos corps, nos relations, nos amours et nos amitiés et, dans ces domaines si sensibles, « rien ne pourra nous séparer de l’Amour de Dieu manifesté en Jésus Christ. » (Rm 8,38)

Personne de contact du groupe de travail LGTB+ en Eglise : Marie Gralzinski – 0489 98 77 70 ou marie.gralzinski@evechetournai.be

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